Les tifosi bianconeri ont été surpris au moment de découvrir le onze de départ de Massimiliano Allegri pour la réception du Real. Alors qu’en l’absence de Paul Pogba, du grand classique était prévu dans l’entrejeu, le technicien a fait le choix de se passer de son habituel numéro 10 Roberto Pereyra au profit de Stefano Sturaro. Le muscle plutôt que la technique. Choix osé, choix payant. Le jeune milieu de 22 ans, qui s’est positionné plus bas au milieu pour laisser le poste de trequartista à Vidal, a livré une partie aboutie, entre de nombreuses récupérations et une abnégation de tous les instants, caractérisée par un sauvetage du bout du pied sur une tête de James Rodriguez à bout portant.

« J’ai choisi Sturaro parce qu’il était bien, parce que j’avais besoin de jambes au milieu de terrain et aussi parce que Pereyra est de ceux qui peuvent faire la différence en sortant du banc », a sobrement commenté Allegri en fin de match, ne cachant pas sa satisfaction. Difficile de faire autrement : si les médias n’ont d’yeux que pour Tévez ou Morata, Sturaro est bien le symbole de la victoire tactique de l’entraîneur et de la Juventus. « Je ressentais un peu de pression, mais quand je suis allé sur le terrain je n’y ai plus pensé. Désormais, j’ai l’habitude de jouer contre des grands joueurs », s’est pour sa part réjouit le jeune international transalpin.

À croire qu’il ne lui faut pas grand-chose pour s’adapter. Avant son heure de jeu face au Real, Sturaro n’avait en effet joué que 3 petites minutes de Ligue des Champions en carrière. Quant à son expérience dans un club de gros calibre, le milieu de terrain n’en est qu’à ses premiers coups d’éclat : acheté par la Vieille Dame à l’été 2014 contre un chèque de 5,5 M€, le natif de Sanremo ne porte le maillot bianconero que depuis cet hiver, lui qui a été rapatrié plus tôt que prévu de son prêt au Genoa. Un choix d’Allegri, encore. Au regard des prestations livrées depuis par le joueur, on peut de nouveau parler de choix payant.