Jamais. Jamais un club n’avait été éliminé d’une coupe d’Europe après s’être imposé 4-0 au match aller. Hier, Paris est donc tristement entré dans l’Histoire de la coupe aux grandes oreilles. Et si les patrons qataris du club de la capitale pouvaient logiquement rêver d’un exploit face aux Blaugranas, ils ne s’attendaient bien évidemment pas à “celui” réalisé par leurs joueurs sur la pelouse du Camp Nou. Un naufrage tragique qui annonce des lendemains difficiles pour les Rouge-et-Bleu, d’autant que la plus grosse déflagration de l’histoire du football français se sera forcément propagé au-delà de nos frontières pour être ressentie du côté de Doha...

Comment le club au plus gros budget de l’histoire du championnat de France (500 M€) va-t-il se relever ? Avant d’évoquer l’avenir à moyen terme du projet parisien, la question de l’avenir d’Unai Emery a immédiatement été posée par les médias au président Al-Khelaïfi, un brin agacé par cette remarque. « Ce n’est pas la question pour le moment. Cette question, vraiment... Ce n’est pas la question après le match ». Recruté pour faire franchir un cap au club en Ligue des Champions après le couac face à Manchester City, l’Espagnol a échoué, tout comme Laurent Blanc, même si l’incroyable 4-0 du Parc à l’aller donne une résonance encore plus forte au nouvel échec francilien en LdC. Pourtant, faut-il vraiment faire d’Emery le coupable idéal ?

Al-Khelaïfi plus que jamais menacé ?

Certes, l’entraîneur est et sera toujours le premier fusible à sauter en cas de contre-performance. Cependant, à l’heure où le PSG s’apprête à vivre des semaines cruciales pour espérer encore « rêver plus grand », le cas Al-Khelaïfi ne peut être passé sous silence. Président du club aux multiples casquettes, le Qatari s’est souvent vu reprocher ses (trop) nombreuses fonctions (il est également président de la fédération qatarie de tennis) l’empêchant de se concentrer exclusivement sur le club de la capitale. Des reproches qui n’ont toutefois jamais fait trop de vagues jusqu’à présent. Mais aujourd’hui, son avenir est loin d’être assuré. Car à Doha, le tout puissant patron de QSI, le Cheikh Tamim ben Hamad Al Thani, risque de s’agacer fortement du nouveau couac de son protégé.

L’été dernier, l’échec en quart de finale de LdC contre Manchester City avait déjà mis Al-Khelaïfi dans une situation inconfortable. Chahuté, ce dernier avait alors sauvé sa peau en sacrifiant un Laurent Blanc prolongé quelques mois auparavant et auteur d’un deuxième quadruplé consécutif (championnat, coupe de France, coupe de la Ligue, trophée des Champions) pour recruter le double vainqueur de l’Europa League Unai Emery. Cette fois, les recours seront moins nombreux. Face à ce désastre, Al-Khelaïfi se retrouve donc plus que jamais face à ses responsabilités. D’autant que les défis seront nombreux.

Un mercato estival de tous les dangers

Outre les interrogations sur la capacité du PSG à conserver son titre de champion, c’est bien le prochain mercato estival dont il est principalement question. En devenant la risée du football européen hier soir, Paris, qui n’avait déjà pas su attirer de stars mondiales l’été dernier, sera-t-il toujours une destination de choix pour les pointures du milieu ? L’été dernier, Neymar, Griezmann avaient préféré repousser les avances parisiennes. Si les ressources financières qataries restent un atout de choix à l’heure de promettre de juteux contrats, l’incapacité parisienne à franchir un cap en Ligue des Champions pourrait faire réfléchir plus d’une star souhaitant étoffer son palmarès. Enfin, Paris pourra-t-il retenir ses meilleurs éléments censés représenter le futur du club ?

Le premier nom auquel on pense est bien évidemment celui de Marco Verratti. Arrivé dans la capitale en 2012, l’Italien est souvent comparé à de belles références du football comme Iniesta ou Xavi. Ces derniers jours, le milieu de terrain clamait pourtant son attachement au PSG, mais son agent, toujours présent lorsqu’il s’agit de parler mercato, avait déjà souligné que les couacs répétés du PSG en LdC pourraient avoir une incidence sur l’avenir de son poulain. « Marco Verratti est très lié à Paris, mais sa carrière ne pourra se limiter au championnat de France. Nous aimerions triompher avec le Paris Saint-Germain, mais si ce n’est pas possible, il faudra trouver une solution. Je vous assure que non, il ne restera pas au PSG à vie. » D’autant qu’il serait difficile de reprocher à Verratti de céder aux sirènes étrangères, surtout si une formation... comme le Barça vient frapper à sa porte.

Idem pour Marquinhos. Oui, le Brésilien a été l’un des Parisiens les moins en vue hier soir, mais le champion olympique reste l’une des valeurs montantes du football mondial. Fortement courtisé par les Blaugranas depuis plusieurs saisons, l’international auriverde a toujours été retenu par sa direction, et ce, en dépit d’offres avoisinant les 60 M€. Toujours pas prolongé, Marquinhos aura-t-il l’envie de signer un nouveau bail ? « Marquinhos n’a toujours pas prolongé, cela fait cinq mois que nous ne négocions pas avec le PSG », a récemment déclaré son agent. Une prolongation qui traîne tout comme celle du seul véritable buteur du club, Edinson Cavani. Bref, autant de dossiers chauds qui annoncent un été chargé pour Paris. Et plus que jamais décisif pour l’avenir du projet QSI.