Foot Mercato : Tout d’abord, comment allez-vous ?

Chris Mavinga : Et bien écoutez, ça va super bien.

FM : Pour ceux qui ne vous connaissent pas encore parfaitement, pourriez-vous vous présenter ?

CM : Je suis un défenseur central et je peux aussi jouer arrière gauche. J’ai commencé le football à l’âge de 6 ans, à Combs-la-Ville. J’ai fait quelques clubs avant d’intégrer le centre de formation du PSG. Et depuis cet été, je suis à Liverpool.

FM : Quelles sont vos principales caractéristiques ?

CM : Je pense que j’ai une bonne vitesse et que je suis bon dans les duels au sol. On me dit souvent que je suis un très bon tacleur, j’aime bien tacler. Et j’aime bien aussi jouer au ballon, faire le jeu. En fait, je suis plus un défenseur relanceur.

FM : A quels joueurs vous compare-t-on ?

CM : D’un point de vue morphologique, je ressemble plus à Éric Abidal parce que je suis grand et fin. Et sinon, au niveau de mes qualités de relanceur, j’apprécie des joueurs comme Sergio Ramos ou John Terry. Et au passage, je tiens à passer une dédicace à Jordan Ekobo, d’Istres.

Liverpool , un grand club et des joueurs simples

FM : Comment se sont passées les négociations avec Liverpool ?

CM : En fait, j’étais suivi depuis les 16 ans par le recruteur de Liverpool en France. Mais on a vraiment pris contact qu’à partir du mois de juin 2009, par contacts téléphoniques tout d’abord. Il m’a appelé pour me dire qu’il était intéressé par mon profil et qu’il voulait me voir à Liverpool. Mais sans me proposer de contrat concret. C’était simplement pour prendre la température. J’ai attendu que le PSG me propose un contrat pro. Puis Liverpool m’a proposé un contrat. Et j’ai fini par accepter.

FM : Quelles sont les modalités de ce contrat ?

CM : Alors, j’ai signé pour trois ans avec deux années de bonus. Là, j’ai fini ma première année. Il me reste donc deux ans de contrat plus les deux ans de bonus.

FM : Comment avez-vous vécu cette première année en Angleterre ?

CM : Franchement, je pensais que ça allait être plus difficile que ça. En fait, je ne me suis pas pris la tête. Je savais que je n’allais pas me faire comprendre par le langage et par la parole. Je me suis donc dit qu’il fallait que je donne tout sur le terrain. Au niveau de mon intégration, ça s’est mieux passé que ce que j’avais prévu. Je me suis intégré rapidement. Je me suis imposé rapidement comme étant un titulaire indiscutable avec l’équipe réserve. Et après, j’ai pu faire des entraînements avec les pros. Mon objectif, c’était de faire au moins une apparition sur le banc de touche à Anfield. Ça ne s’est pas réalisé, c’est le seul regret que j’ai sur cette saison. Sinon, globalement, ça a été une saison superbe.

FM : Les entraînements avec les pros ont-ils été difficiles, que ce soit sur le plan physique ou émotionnel ?

CM : Les premiers entraînements avec l’équipe première ont été difficiles pour moi. Au niveau de l’intensité physique ou même techniquement, c’était dur. Déjà, au PSG, quand je m’entraînais avec la première, ce n’était pas évident. Mais là, j’étais carrément dans le rouge, j’étais carbonisé ! Quand tu t’entraînes avec des joueurs comme ceux de Liverpool, ce n’est pas facile. Mais au fur et à mesure, j’ai commencé à prendre le rythme. Je ne dis pas que j’ai le niveau pour jouer à Anfield mais j’ai pris le rythme des entraînements. Aujourd’hui, ça va beaucoup mieux.

FM : Vous avez donc pu côtoyer les deux grandes stars que sont Steven Gerrard et Fernando Torres. Comment se sont-ils comportés avec vous ? Sont-ils sympathiques, faciles à vivre ?

CM : Contrairement à quelques joueurs du PSG qui croient avoir une grosse carrière derrière eux et qui pensent avoir fait des choses magnifiques, eux ce sont des stars du fait de leur carrière, de leur nom, de leur palmarès. Les joueurs du PSG qui sont passés dans des grands clubs, comme Claude Makelele et Ludovic Giuly, sont des mecs simples. Et c’est pareil pour Torres et Gerrard. Ce sont des mecs vraiment simples, ils sont vraiment faciles à vivre. En tout cas à l’entraînement, après je ne suis pas avec eux 24 heures sur 24, je ne sais pas comment ils sont avec les autres. Mais quand on est au travail, ils travaillent comme tout le monde, ils ne se croient pas au-dessus des autres. Ils ne se la racontent pas du tout. Ici, on est tous dans le même sac.

FM : Comptez-vous rester à Liverpool la saison prochaine ?

CM : Pour l’instant, je n’ai aucune envie de départ. Je suis encore jeune, je n’ai que 19 ans. J’ai encore plein de choses à apprendre, je ne suis pas en retard. En équipe de France des moins de 19 ans, c’est vrai que je suis peut-être le seul à ne pas avoir joué en professionnel cette année. Mais je ne me sens pas en retard parce que je suis dans un grand club. Je sais qu’avec de la patience et du travail, je pourrai peut-être faire quelques matches la saison prochaine. Ça dépend de moi.

FM : Avez-vous eu des garanties en ce sens de la part de la direction ou du staff de la réserve ?

CM : Déjà, j’ai réussi à faire des entraînements avec les pros durant les six derniers mois. Après, j’aurais peut-être pu être aligné sur quelques matches en Cup mais Liverpool s’est fait éliminer rapidement. Donc ça n’a pas pu être le cas. J’ai atteint presque tous mes objectifs. S’ils me font confiance, c’est aussi parce que j’ai été performant sur le terrain. L’année prochaine, il y aura un nouveau coach. Je ne sais pas qui ce sera, je ne sais pas comment ça va se passer. Je préfère me concentrer sur le championnat d’Europe qui commence en juillet avant de penser à la saison prochaine.

Le PSG, un passage difficile pour un jeune

FM : Vous disiez tout à l’heure que certains joueurs du PSG ont un égo qui serait assez prononcé. Qu’en est-il exactement ?

CM : Quand tu es un jeune joueur issu du centre de formation et que tu montes avec les pros du PSG, ça ne te fait même pas plaisir. De toute manière ça se voit, les jeunes joueurs du PSG ont du mal à percer. Pourtant, il y a de bons résultats dans les équipes de jeunes. Mais s’ils ont du mal à passer en professionnel, c’est déjà parce que l’encadrement des anciens n’est pas bon. Quand j’arrivais à l’entraînement des professionnels, je sentais que j’étais là simplement pour compléter les entraînements. On n’avait pas d’aide, on n’avait pas de soutien. Je ne parle pas de ceux qui sont passés dans des grands clubs comme Makelele et Giuly qui eux étaient là. Après, entre nous les jeunes, on s’entraidait. Mais les autres anciens s’en foutaient. Alors que là à Liverpool, c’est tout l’inverse. J’ai eu droit aux encouragements de Torres et des autres. Je sais que ce n’est pas moi qui vais faire gagner le titre à Liverpool en fin de saison, mais les anciens me montrent leur confiance. Ils sont tous venus me parler pour me donner des conseils. Au PSG, je n’ai pas eu de conseils de la part des défenseurs, que ce soit Zoumana Camara ou Sylvain Armand. Quand tu viens aux entraînements, tu n’as pas de conseils. On te met là, tu t’entraînes et puis voilà.

FM : Et aviez-vous ressenti les mêmes problèmes entre les anciens ?

CM : Comme dans tous les groupes, il y a des clans. Après, ça n’empêche pas de bien vivre tous ensemble. C’est vrai que certains ne se parlaient pas. Mais c’est pareil dans tous les groupes. On le voit bien avec l’équipe de France. Tout ce qui s’est passé ne m’étonne pas plus que ça. L’essentiel, c’est de jouer ensemble sur le terrain. Et puis je n’ai pas vraiment vécu avec les pros du PSG pour savoir s’ils se parlaient vraiment tous entre eux ou pas.

FM : Aviez-vous tout de même des conseils de la part des entraîneurs en place à l’époque ?

CM : Oui, j’avais de bons rapports avec Paul Le Guen. Je parlais beaucoup avec lui, il n’y avait pas de problèmes.