Ce n’est pas un hasard, les deux meilleures équipes de France à l’heure actuelle se retrouvaient samedi soir à Montréal en lever du rideau du championnat à l’occasion du Trophée des Champions 2015. Sacré sur tous les tableaux nationaux la saison passée, le PSG endossait naturellement le costume du favori, tandis que l’OL, bien que renforcé à l’intersaison par Beauvue et Morel, demeurait comme la saison dernière grand outsider. Du côté des compositions, c’est Rabiot qui était préféré à Stambouli dans l’entrejeu tandis que l’OL tentait un 4-3-3 surmonté d’un trident Benzia-Beauvue-Lacazette pour tenter d’effacer les absences de Grenier (blessé) et Fakir (suspendu).

Le round d’observation n’en était pas vraiment un puisque Beauvue (3e) puis Bedimo (4e) allumaient les deux premières mèches, sans pour autant faire trembler Kevin Trapp. Mais Paris n’était pas en reste puisque sur son premier ballon vers l’avant, Cavani se heurtait à Koné dans un duel musclé à l’entrée de la surface (7e). Et ce sont finalement les Franciliens qui trouvaient la faille les premiers, Aurier reprenant de la tête un centre fort de David Luiz au cordeau (1-0, 11e). L’OL perdait complètement pied, et sur une ouverture d’Aurier, Ibrahimovic butait sur Lopes dont le ballon repoussé dans les pieds de Cavani finissait sous la barre (2-0, 17e). Les Gones réagissaient mollement, et la frappe de Jallet de filer largement en tribunes (24e).

Dépassé par la vitesse du côté droit parisien, Aurier en tête, Bedimo séchait son vis-à-vis tout près de la surface de réparation mais ne se faisait pas rattraper par la patrouille (26e). C’est encore du côté droit que venait ce bon centre de Lucas qu’Ibrahimovic reprenait d’une jolie Madjer repoussée par Lopes (44e). En seconde période, le PSG continuait de pilonner les bases lyonnaises à l’image des tentatives de Rabiot (67e) et Augustin (87e) ; mais trop imprécises, elles ne donnaient rien. C’est sans forcer que Paris s’offre son premier trophée de la saison, et l’OL des doutes qu’il faudra vite effacer sous peine de revivre le même début de saison que l’an passé.

L’homme du match : Serge Aurier (7,5) : incontestablement l’homme du match. Auteur de l’ouverture du score sur une bonne remise de David Luiz (10e), l’Ivoirien a été très occupé par son duel avec Bedimo. A l’origine du deuxième but il a beaucoup apporté offensivement. Fauché à la 24e, il aurait pu glaner un excellent coup franc ou encore s’offrir un doublé au retour des vestiaires (46e).

PSG :

- Trapp (5,5) : pour son premier match officiel avec le PSG, le gardien allemand n’a pas été énormément inquiété. Il a donc réussi à garder sa cage inviolée. Il capte parfaitement une frappe de Umtiti en toute fin de match (89e).

- Aurier (7,5) : voir ci-dessus.

- David Luiz (7) : passeur décisif sur le but d’Aurier. Il a connu quelques frayeurs dans le 1er quart d’heure en laissant beaucoup d’espace aux Lyonnais pour tirer. Pas vraiment beaucoup d’inquiétude à part ça, il a été très solide défensivement et a apporté offensivement. A bien tenu Lacazette, meilleur buteur de Ligue 1 la saison dernière.

- Thiago Silva (6) : le Brésilien n’a pas été non plus beaucoup inquiété, mais a quand même fait une grosse intervention sur Lacazette (38e). L’ancien joueur de Milan AC prouve qu’il est bien de retour au plus haut niveau en faisant les interventions qu’il fallait.

- Maxwell (5,5) : s’il a été moins mis en contribution que son coéquipier Serge Aurier, il a fait son travail de latéral gauche. Assez discret, il a tenté d’apporter offensivement sans grande réussite.

- Rabiot (7) : très actif au milieu de terrain, bon dans la récupération. Le jeune espoir parisien a réalisé une performance de grande classe. Il a tenté sa chance à deux reprises mais ses frappes étaient hors cadre (34e, 66e).

- Matuidi (6) : discret dans ce match, il a quand même apporté sa puissance. Il rate tout même l’occasion de mettre un 3ème but sur un ballon repoussé sur son pied gauche suite à une tête d’Ibrahimovic. (43e)

- Verratti (6,5) : récupérations importantes et des multiples passes, comme à son habitude l’Italien a été un régal à voir jouer et un poison pour le milieu de terrain adverse, à qui il oblige à faire des fautes bêtes. Offre un bijou de passe à Cavani qui manque malheureusement son contrôle (62e). Remplacé par Stambouli (70e).

- Cavani (6,5) : C’est lui qui inscrit le deuxième et dernier but du match (16e). Il aurait pu s’offrir un doublé à plusieurs reprises (35e, 62e). Il a fourni un gros effort de pressing comme à son habitude. Remplacé par Augustin (63e).

- Lucas (5,5) : auteur du coup franc qui amène l’ouverture du score, le Brésilien a été assez discret. Il a quand même offert quelques gestes techniques aux supporters de Montréal. Remplacé par Bahebeck (82e).

- Ibrahimovic (6) : le géant suédois a offert un match intéressant où il a beaucoup décroché. Il rate son duel face à Lopes mais pouvait compter sur Cavani pour inscrire le 2ème but (16e). L’attaquant a beaucoup tenté (85e, 92e) mais est tombé à chaque fois sur un bon Anthony Lopes.

OL :

- Lopes (5) : indirectement impliqué sur les deux premiers buts parisiens, il est toutefois abandonné les deux fois par une défensive passive (11e, 17e). Mais il s’est plutôt rattrapé en s’illustrant à de multiples reprises pour éviter que la défaite ne tourne à la déroute, comme devant la Madjer d’Ibrahimovic (44e). On le retrouve après la pause bien concentré devant Aurier (46e) puis Matuidi (49e). Ses coéquipiers peuvent le remercier.

- Jallet (4) : son match pourrait se résumer à cette frappe complètement dévissée sur un second ballon en première période (24e). Généreux dans l’effort, il aura malgré tout pris l’eau avec le reste de ses camarades, incapable d’apporter offensivement mais rarement inquiété de son côté puisque le jeu à nettement penché sur l’autre l’aile.

- Koné (4,5) : titulaire "surprise" à la place d’un Lindsay Rose sur le départ, celui qui peut parfois être qualifié de maillon faible de la défense lyonnaise aura ce samedi déjoué les pronostics pour livrer une prestation correcte sinon bonne. Au delà de ses habituelles imprécisions, il a remporté des duels et tenu Ibrahimovic en respect. On pourra toutefois lui reprocher son alignement sur les nombreux ballons parisiens dans le dos de la défense rhodanienne.

- Umtiti (2,5) : beaucoup trop léger sur l’ouverture du score d’Aurier (11e), il est à nouveau douteux sur le deuxième but parisien (17e). Pas vraiment rassurant dans ses interventions, il s’est montré trop tendre dans les duels et loin de son statut de patron de l’arrière garde lyonnaise. On était en droit d’attendre bien mieux d’un élément venant tout juste de prolonger son contrat...

- Bedimo (3) : un tout début de match tout feu tout flamme lors duquel il débordait, provoquait (5e), frappait (4e, 6e) et centrait (24e) avec plus ou moins de réussite mais beaucoup d’envie. En revanche, face à la verve parisienne de son côté, il n’a clairement pas opposé une résistance digne de ce nom défensivement, pris par le tourbillon de l’infernal tandem Aurier-Lucas (17e, 44e).

- Gonalons (2,5) : s’il n’est jamais vraiment parvenu à relancer proprement et permettre à son équipe de tenir le ballon, il tentait au moins de faire des fautes "intelligentes" au milieu de terrain pour soulager sa défense lorsque celle-ci prenait l’eau. Revers de la médaille, il était expulsé pour une grosse semelle qui lui valait un deuxième carton jaune synonyme d’expulsion (65e). Et lorsque même le capitaine abandonne le navire...

- Tolisso (2) : on ne peut même pas qualifier son match de mauvais, il aurait pour cela fallu qu’il y ait match. Littéralement invisible au milieu de terrain de la première à la dernière minute, il n’a rien montré, ni dans la construction, ni dans la récupération, pas plus que dans la grinta. Impliqué sur l’ouverture du score d’Aurier, il ne fait pas non plus honneur à sa toute récente et juteuse prolongation.

- Ferri (3) : à peine plus en vue que son compère du centre de formation lyonnais, il a au moins relevé le défi physique de Matuidi et David Luiz, quitte à le perdre. Certes il s’est fait bouger, et copieusement chambrer par un sombrero d’Ibrahimovic, mais il aura toutefois eu le mérite de ne pas abdiquer même lorsque l’OL prenait l’eau. Remplacé par Malbranque (78e).

- Benzia (3,5) : meilleur élément offensif de Lyon, c’est dire, il était en tout cas le plus généreux et le méritant d’entre tous. Certes sa première tentative lointaine et excentrée filait devant le but de Trapp sans le moindre danger (10e), mais dans un rôle contre nature de joueur de couloir, il était difficile d’en attendre plus de lui, les matches amicaux de pré-saison ne lui ayant pas permis de prendre ses marques. Remplacé par Ghezzal (67e).

- Beauvue (3) : premier Lyonnais en évidence d’un coup-franc lointain qui n’arrivait même pas jusqu’au but (3e), il était en revanche à deux doigts d’offrir le but du 3-0 à Cavani sur une tête en retrait à destination de Lopes tout bonnement incompréhensible (35e). Pas d’impact offensivement, un repli inefficace, son premier match officiel avec l’OL ne lui aura pas réussi.

- Lacazette (2,5) : une première mi-temps cauchemardesque où il a eu bien du mal à se mettre en évidence, ni en allant chercher le cuir au coeur du jeu ni sur le front de l’attaque. N’a pas non plus pu émerger en seconde période, l’OL étant littéralement sevré de ballons. Rien de positif à retenir de sa prestation.