OM-OL : la guerre des mercatos

L'Olympique de Marseille et l'Olympique Lyonnais se retrouvent ce dimanche. Sur le terrain, c'est souvent tendu. Mais, ces dernières années, cela l'a aussi été dans les transferts...

Benoît Pedretti, Franck Ribéry, Rudi Garcia, Mathieu Valbuena et Hatem Ben Arfa (de gauche à droite)
Benoît Pedretti, Franck Ribéry, Rudi Garcia, Mathieu Valbuena et Hatem Ben Arfa (de gauche à droite) ©Maxppp
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Ce dimanche, l'Olympique de Marseille et l'Olympique Lyonnais s'affrontent dans le cadre de la Ligue 1. La rivalité entre les deux équipes, née au milieu des années 2000, n'est pas seulement sportive. En effet, sur le marché des transferts aussi les deux formations ont bataillé. Un Olympique a été chiper les talents de l'autre, les formations ont négocié pour les mêmes joueurs qui ont finalement décidé de rejoindre une équipe ou une autre. Retour sur les épisodes les plus marquants.

En mai 2004, un premier joueur se retrouve entre les deux clubs. Il s'agit du milieu de terrain du FC Sochaux, Benoît Pedretti. À cette époque, il est probablement le joueur le plus convoité de l'Hexagone. Les deux Olympiques sont donc à la bataille. Un lundi du mois de mai, le natif d'Audincourt se rend, avec ses agents, chez le champion de France en titre. Finalement, il donne sa préférence à l'OM et s'engage donc avec les Phocéens. Mais l'histoire d'amour est courte. Un an plus tard, il rejoint finalement le club rhodanien, en y restant à nouveau un an.

L'incroyable année 2006

Un peu moins de deux ans plus tard, nouvelle histoire rocambolesque. En début d'année 2005, François Clerc, alors aux portes de l'équipe de France (il y sera appelé en mars par Raymond Domenech) arrive à six mois de la fin de son contrat avec l'OL. Il se met d'accord avec l'Olympique de Marseille, mais revient sur sa décision avant de prolonger pour quatre années son bail avec son club formateur. Il ne portera jamais le maillot marseillais et sera condamné à payer 130 000 € de dommages et intérêts à l'OM.

Toujours en 2006, la Coupe du Monde approche. Franck Ribéry explose sous la tunique phocéenne et participe à l'aventure de Zinedine Zidane, Lilian Thuram et Claude Makélélé des Bleus en Allemagne pour le tournoi mondial. Il se montre encore plus aux yeux du monde. Dragué par Jean-Michel Aulas, l'ailier succombe aux sirènes lyonnaises. En août 2006, il rend publique sa décision de rejoindre l'Olympique Lyonnais en direct sur TF1. Pape Diouf, le président de l'OM, ne l'entend pas de cette oreille et lui refuse un départ, le menaçant de jouer toute la saison en CFA. Ribéry restera et rejoindra un an plus tard le Bayern Munich.

L'affaire Ben Arfa

En 2008, Hatem Ben Arfa, pépite du football français, rejoint l'Olympique de Marseille. Mais ce transfert est très loin d'avoir été simple, Pape Diouf et Jean-Michel Aulas, les deux présidents des clubs s'amusant à s'envoyer des pics et de longues tirades par presse interposée depuis un petit moment. Quasiment hors de question donc que la formation rhodanienne lâche sa pépite à l'OM. Pourtant, le 25 juin, l'OM annonce un accord pour son transfert. Mais, trois jours plus tard, l'OL publie un communiqué : « faute d’un accord entre le joueur et l’Olympique Lyonnais, et de cette certitude d’un enregistrement avant le 30 juin, l’Olympique Lyonnais sera conduit à renoncer au transfert. En conséquence, l’Olympique Lyonnais n’a pas accepté que le joueur se rende pour l’instant à Marseille pour passer une visite médicale ».

Le joueur réagit mal et annonce qu'il se rendra à Marseille coûte que coûte et qu'il ne compte pas du tout retourner à Lyon. Finalement, une réunion se tient sous l'égide de la Ligue de football professionnel (LFP) le 1er juillet en présence de Diouf, Aulas et Ben Arfa. À l'issue de celle-ci, les derniers éléments du transfert sont réglés et l'instance nationale homologue le transfert. L'un des transferts les plus rocambolesques entre les deux formations.

La douleur des Marseillais

S'il est bien un transfert qui a fait beaucoup de mal aux supporters marseillais, c'est probablement celui de Mathieu Valbuena. En 2014, après huit années de bons et loyaux services, Petit Vélo annonce son départ les larmes aux yeux en conférence de presse. Il quitte l'OM pour découvrir un nouveau challenge : la Russie et le Dinamo Moscou. Mais après une année, ce mariage tourne court et le milieu offensif décide de revenir en France, à Lyon.

Cet enchaînement est loin d'avoir été apprécié. En septembre 2015, Mathieu Valbuena retrouve l'Orange Vélodrome, mais cette fois sous les couleurs de l'OL. Personne ne lui fait de cadeaux. Dans les tribunes, dans une ambiance survoltée, on retrouvera une sorte de poupée, lui faisant référence, pendue à une potence. Sur le terrain, ce n'est pas mieux. Il est envoyé dans le décor sur un coup d'épaule viril de Karim Rekik et est taclé par derrière par Romain Alessandrini, qui écopera d'un carton rouge. Cette année 2015 est aussi l'arrivée libre de tout contrat de Jérémy Morel, qui passe de l'OM à l'OL...

2016, le chassé-croisé

Un an plus tard, c'est le grand chassé-croisé, un peu comme les croisements sur les autoroutes de France entre Juilletistes et Aoûtiens. En fin de contrat à l'Olympique Lyonnais, Henri Bedimo débarque sur la Canebière en juin 2016. Alors qu'il avait décidé de ne pas prolonger à l'OL, il a été mis à l'écart. Mais il y a eu un transfert dans l'autre sens cet été-là et non des moindres : le défenseur central Nicolas Nkoulou.

Arrivé en 2011 alors que Didier Deschamps officiait encore chez les pensionnaires de l'Orange Vélodrome, le défenseur camerounais, qui évoluait à Monaco, n'a pas mis beaucoup de temps à se faire une place de choix dans l'effectif olympien. Arrivé à échéance cinq ans plus tard, celui que l'on imaginait dans un grand club européen s'engage finalement avec l'OL. Mais, une fois encore, l'histoire ne durera pas vraiment. Il s'en ira, d'abord en prêt puis en transfert définitif, vers l'Italie, au Torino.

Rudi Garcia

Rudi Garcia est un homme qui a divisé. Beaucoup. Pour sa première saison complète sur le banc de l'Olympique de Marseille, il finit en finale de Ligue Europa et termine quatrième au terme d'une saison rondement menée et au cours de laquelle ceux qui l'ont devancé ont pris énormément de points. Mais l'histoire d'amour tourne mal. Un an plus tard, après une crise de résultat, alors qu'il a été prolongé en début de saison, il quitte le club.

Il ne lui faudra pas beaucoup de temps pour rebondir puisque moins de cinq mois plus tard, il prend place sur le banc de l'Olympique Lyonnais, en remplacement de Sylvinho. Le 10 novembre suivant, moins d'un mois après sa prise de fonction, il retrouve l'Orange Véldrome et s'incline deux buts à un avec un doublé de Dimitri Payet. Le meneur de jeu marseillais n'avait d'ailleurs pas été tendre avec son ex-coach en conférence de presse d'avant-match : « déjà, ça fait bizarre de le voir dans le camp d'en face. Il y a quelques mois (le 12 mai), on recevait Lyon, et vu sa causerie sur les joueurs lyonnais, les supporters lyonnais, le président lyonnais... Je n'irai pas dans le détail, parce que ce n'est pas le but non plus, mais je n'aimerais pas qu'il parle de nous comme ça. Cela fait bizarre qu'il postule trois mois après pour ce club-là. Mais il a bien fait, vu qu'il y est ». Quand on vous dit que c'est bien plus qu'un match...

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