Pays-Bas - République Tchèque : les notes du match

Ils auront fait plus que douter les Pays-Bas ces Tchèques. Solides jusqu'à l'expulsion de Matthijs de Ligt, les coéquipiers de Tomas Soucek ont déroulé avec des buts de Tomas Holes (68e) et Patrik Schick (80e). Une victoire 2-0 qui qualifie la République Tchèque pour un quart de finale face au Danemark.

Tomáš Holeš (République Tchèque) buteur contre les Pays-Bas
Tomáš Holeš (République Tchèque) buteur contre les Pays-Bas ©Maxppp

Duel prometteur à la Puskás Aréna (Budapest) où les Pays-Bas affrontait, ce dimanche, la République Tchèque pour la troisième affiche des huitièmes de finale de l’Euro. Seule équipe à avoir remporté tous ses matchs du premier tour avec l’Italie et la Belgique, les Bataves, premier du groupe C, espéraient bien poursuivre leur route dans la compétition. Une ambition légitime pour les partenaires de Memphis Depay, meilleure attaque lors des phases de poules (8 buts), qui devaient tout de même se méfier de leur adversaire du soir. En conférence de presse, l’expérimenté Daley Blind (31 ans) soulignait d’ailleurs les dangers d’un excès de confiance, rappelant l’élimination des siens lors des qualifications à l’Euro 2016 face à ces mêmes tchèques. Qualifiée du groupe D (grâce à la règle des meilleurs troisièmes) derrière l’Angleterre et la Croatie, la Reprezentace avait bien l’ambition de déjouer la puissance offensive hollandaise pour se hisser en quarts (comme en 2012) . Pour cette opposition de style, Franck de Boer et les siens se présentaient donc dans un 3-5-2, très controversé au pays des tulipes, avec De Vrij, De Ligt et Blind associés en charnière centrale et un duo d’attaque Depay-Malen soutenu par un Wijnaldum étincelant en poules.

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Côté tchèque, Jaroslav Silhavy alignait son traditionnel 4-2-3-1 mais avec trois changements importants : le capitaine Darida (blessé) laissait sa place à Barak, Kaderabek prenait lieu et place de Boril (suspendu) dans le couloir gauche. Sevcik étant lui préféré à Jankto pour accompagner le prolifique Schick (3 buts) en attaque. Dans une ferveur incroyable où les chants néerlandais répondaient au soutien inconditionnel du peuple tchèque, les deux formations abordaient ce huitième de finale de manière libérée. Après une entame intéressante, les coéquipiers de Soucek subissaient rapidement la pression des Bataves, décidés à imposer leur jeu offensif. Bien servi par De Vrij, De Ligt se montrait alors le premier dangereux mais manquait sa reprise de la tête (8e). Profitant des espaces laissés, van Aanholt voyait quant à lui son centre repoussé en catastrophe par la défense tchèque (18e) confirmant la domination des siens. Les hommes de Silhavy réagissaient par l’intermédiaire de Soucek qui voyait sa tête fuir le cadre de Stekelenburg (22e). Avant que Schick, à l’entrée de la surface, allume une première mèche peu inquiétante (28e).

Les Oranges voient rouge …

Dans un rythme très irrégulier, Malen pensait libérer les siens mais sa frappe était contrée au dernier moment en corner (31e). C’était au tour des Tchèques de se signaler. Pour son premier Euro, Barak, bien décalé par Masopust, était tout proche d’ouvrir le score mais sa frappe, contrée au dernier moment par De Ligt, passait au-dessus du cadre (38e). Plus tranchants dans leurs offensives, les Orange réagissaient par deux fois. Depay voyait d’abord Vaclik intercepter une belle ouverture signée Dumfries (40e) avant que Van Aanholt, bien servi dans la surface par un Depay actif, ne manque sa frappe (45+2e). Une première période poussive où les deux formations ne se montraient pas réellement dangereuses (1 seul tir cadré à la pause). Les Tchèques, vaillants et bien en place, faisant finalement déjouer les Bataves au fil des minutes.

Malgré ce manque d’allant offensif, symbole du premier acte, aucun changement n’était à signaler au retour des vestiaires. Mais les choses allaient rapidement s’accélérer. Lancé en profondeur, Malen se présentait seul au but mais butait sur Vaclik, bien sorti à sa rencontre (52e). Et les coéquipiers de Depay allait s’en mordre un peu plus les doigts sur l’action suivante. Au duel avec Schick, De Ligt déviait, volontairement, le ballon de la main (52e). Après consultation de la VAR, l’arbitre Sergey Karasev, décidait d’exclure le défenseur de la Juve (55e). A dix, Franck de Boer décidait d’apporter du sang frais et le maladroit Malen cédait sa place à Promes (57e). Solide et fidèle à ses préceptes de jeu, la République Tchèque profitait logiquement de cette supériorité numérique et monopolisait désormais le ballon.

… Puis virent au vert

Une domination proche de se concrétiser quand Kadebarek, esseulé dans la surface, voyait sa frappe superbement détournée par Dumfries (65e). Le doute s’installait alors dans les rangs hollandais qui multipliaient les imprécisions techniques. Et la sanction ultime ne tardait pas à intervenir. Sur un coup-franc aux abords de la surface néerlandaise, suite à une nouvelle faute, Kalas s’imposait physiquement dans les airs et trouvait Holes qui envoyait le ballon au fond des filets d’un Stekelenburg impuissant (0-1, 68e). Sonnés, les coéquipiers du néo-Parisien Wijnaldum subissaient désormais la maitrise collective des Tchèques. Après une première alerte sur une frappe précise de Masopust (78e), l’inévitable Schick venait couper, au premier poteau, le centre son compère d’attaque Holes et laissait le portier néerlandais figé sur sa ligne (2-0, 80e). Son 4ème but en 4 matches dans cette compétition. Solidaires et toujours aussi solide collectivement, les hommes de Silhavy tenaient leur exploit et géraient parfaitement les dernières minutes de cette rencontre.

Une victoire étincelante (2-0) qui permet à la République Tchèque de créer la première sensation dans cette phase finale de l’Euro 2020. Valeureux et bien regroupés dans un premier temps, les coéquipiers de Holes ont ensuite profiter de leur supériorité numérique pour faire la différence et filer en quarts de finale où ils affronteront le Danemark. Un choc inattendu mais plein de promesses. Si tous les voyants étaient, jusqu’alors, au vert pour les Orange, ce premier faux pas leur est donc fatal et les coéquipiers de De Jong quittent cet Euro au stade des huitièmes de finale (comme en 2008).

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Homme du match :

  • Holes (8) : auteur d'une frappe lointaine dans les premières secondes, le milieu du Slavia se distinguait rapidement (2e). Intéressant dans son placement, il a gratté de nombreux ballons et a aidé sa défense en décrochant par séquences. Il s'est parfois projeté comme sur une action avec Patrik Schick avant la pause (45e). En seconde période, il ouvrait le score pour la République Tchèque avec un grand coup de casque qui se logeait au fond des filets (68e). Auteur d'une belle percée sur la gauche de la surface, il remise en retrait pour Patrik Schick sur le deuxième but (80e). Une prestation accomplie pour la sentinelle qui a laissé sa place à Alex Kral (85e).

Pays-Bas

  • Stekelenburg (3,5) : peu sollicité en première période, le gardien de l’Ajax a dû s’employer une seule fois dans les 45 premières minutes sur une timide frappe de Schick (27e). Sa sortie sur le but de Holes (68e) est hasardeuse et il laisse le but vide au joueur du Slavia Prague qui n’a plus qu’à pousser le ballon dans le but vide. Il a, à plusieurs reprises, manqué de sérénité sur ses prises de balles. Finalement il est battu une seconde fois, par Schick cette fois-ci et est pris à contre pied par le buteur du Bayer Leverkusen.

  • De Ligt (3) : match très contrasté pour le défenseur de la Juventus. L’ancien Golden Boy a été solide en première période (un dégagement, un tir bloqué, une interception, deux tacles), remportant également 4 de ses 6 duels disputés. Problème, il est expulsé au début de la seconde période (54e) après un faute de main volontaire à l’entrée de la surface de Stekelenburg au moment où il était dernier seul défenseur. Après son carton rouge, ses coéquipiers s’effondrent et il n’y est pas inconnu.

  • De Vrij (4) : à l’image de son compère de la charnière, il a été très bon sur la première partie du match, avant de s’effondrer au retour des vestiaires. Il a souvent pu compter sur l’aide de Dumfries qui revenait de son côté dans l’axe pour l’épauler. Suite à l’expulsion de De Ligt (54e) il s’effondre et le changement de dispositif ne l’a pas aidé. 6 duels remportés sur 13, une faute notable et une seconde période à jeter.

  • Blind (4) : le taulier de la défense des Pays-Bas a globalement tenu son rang malgré les deux buts encaissés. Repositionné dans l’axe après le carton rouge de De Ligt (54e), il ne perd pas pied et ressort de la rencontre avec 4 tacles, une intersection, 5 duels remportés sur 7. Offensivement il a même été plus présent que certains avec une occasion crée, une de plus que Wijnaldum par exemple. Remplacé par Timber (81e).

  • Dumfries (5) : l’une des révélations de cet Euro a été plutôt bon malgré le résultat négatif de son équipe et l’élimination. À l’aise offensivement sur son côté droit, il a souvent régalé très haut sur le terrain sans parvenir à trouver un partenaire à la réception des ses centres. Défensivement ça a été mi-figue mi-raisin : très bon au sol, il a eu du mal dans les duels aériens. Offensivement, souvent collé le long de la ligne, il a été à l'initiative de plusieurs occasions mais il a été trop seul dans ce registre.

  • De Roon (3,5) : lui aussi est passé à côté de son match, comme de nombreux coéquipiers. Un positionnement parfois hasardeux et une détresse dans l’entrejeu et à la récupération notable. Il n’a clairement pas été à la hauteur de l’événement. Offensivement comme défensivement, ça n'a pas été suffisant mais comment le blâmer au regard de la prestation globale de cette équipe ? Remplacé par Weghorst (73e).

  • Wijnaldum (2) : fantomatique dans le premier acte où il ne touche que 13 fois le cuir pour 4 passes réussies (50%) et 5 ballons perdus, ça ne s’améliore pas après la mi-temps. 9 ballons touchés de plus mais toujours rien. Aucun tir, pas d’occasion crée et aucune influence dans le jeu offensif alors qu’il était censé faire le lien entre le milieu de terrain et l’attaque. 10 passes réussies en 90 minutes disputées pour un total de 61,5% de précision. Un match à oublier, à l’image de ses coéquipiers.

  • De Jong (3,5) : bien qu’il n’ait pas été en réussite, il a au moins le mérite de ne pas avoir lâché dans ce match et d’avoir fourni de nombreux efforts dans l’entrejeu. Bon défensivement (7 duels remportés sur 9 disputés), ça a péché dans le jeu offensif, comme toute l’équipe des Pays-Bas. Aucune tentative de décalage et aucun apport devant le but. Ses 3 dribbles réussis et son 100% de passes en profondeur réussies le sauve de justesse dans le jeu offensif où il a peiné. Sa détermination est à retenir.

  • Van Aanholt (3) : l’expérimenté latéral, positionné en tant que piston depuis le début de la compétition, a été en grande difficulté défensivement. Plus bas sur le terrain que son coéquipier Dumfries, il n’a remporté qu’un seul de ses 7 duels disputés et a perdu 16 ballons. Offensivement c’était clairement insuffisant et trop imprécis pour lui alors qu’il n’a réussi aucun de ses 5 centres tentés. Ça s’ajoute à cela deux frappes non cadrées. Un match raté. Remplacé par Berghuis (81e).

  • Malen (2,5) : 19 pauvres ballons touchés dans le premier acte et aucune occasion à se mettre sous la dent pour l’attaquant du PSV Eindhoven. En début de seconde période il loupe un face à face avec Vaclik et loupe l’occasion d’ouvrir le score. Il est remplacé en seconde période après l’expulsion de De Ligt (54e). Remplacé par Promes (57e).

  • Depay (4) : si les Oranjes ont été quasiment inexistants offensivement, le futur attaquant du FC Barcelone a été l’un des rares dynamiteurs et l’un des seuls dangers de cette équipe des Pays-Bas. Discret en première période, il distille une superbe passe pour Malen mais le buteur du PSV a loupé son un-contre-un face à Stekelenburg. Au delà de ça, pas grand chose à ressortir si ce n’est ces 23 ballons perdus sur les 54 qu’il a touché.

République Tchèque

  • Vaclik (6) : coupable d'une sortie loupée face à Denzel Dumfries, il aurait pu se faire punir rapidement (13e). Peu alerté par la suite en première période, il n'a pas vraiment eu besoin de s'employer jusqu'à la belle percée de Denzel Dumfries (39e). En seconde période, il a réalisé une très belle intervention alors que Donyell Malen partait seul au but (52e). Cela a laissé son équipe dans le match et il a vécu une seconde période assez calme captant une tête timide de Wout Weghorst (84e).

  • Coufal (6) : très actif dans son couloir où il a bien défendu sa zone, le latéral droit de West Ham a multiplié les montées et a délivré des centres dangereux comme celui en fin de première période repoussé par Matthijs de Ligt (34e). Combinant souvent avec Lukáš Masopust, il est à l'origine de la belle occasion de son homologue côté gauche Pavel Kadeřábek (65e). Une prestation très solide pour le latéral.

  • Celustka (6,5) : aux côtés de Tomáš Kalas en défense, il s'est montré solide dans les duels et a fait preuve d'une belle fermeté dans ses interventions. Dur sur l'homme, il a su se faire respecter dans les airs et dans sa surface. Il a notamment coupé un joli centre de Marten De Roon qui aurait pu faire très mal à la République Tchèque (44e). Moins inquiété en seconde période, il n'a pas eu de temps faible contrairement à son compère de l'axe. Une prestation vraiment solide.

  • Kalas (5) : rapidement rentré dans sa rencontre, l'ancien joueur de Chelsea a multiplié les bonnes interventions dont une face à Denzel Dumfries qui aurait pu coûter cher (13e) ou une nouvelle face à Donyell Malen (32e). Il aurait toutefois pu se faire surprendre par Memphis Depay en fin de première période (45e +2). Il se faisait aspirer son âme au retour des vestiaires par Donyell Malen en se prenant un grand pont, mais l'attaquant tombait sur le gardien (52e). Sombrant petit à petit, il se rattrapait en offrant le but de Tomas Holeš sur un plateau (68e).

  • Kaderabek (5) : souvent dans le mauvais ton, le joueur d'Hoffenheim qui joue à droit en club a souvent été dépassé dans son couloir. Les montées de Denzel Dumfries lui ont fait du mal comme sur une belle action en fin de première période (39e). Au retour des vestiaires, il aurait pu marquer puisqu'il était seul sur la gauche de la surface. Son plat du pied était bien contré par Denzel Dumfries (65e). Mieux en seconde période, il a pu davantage se projeter.

  • Holeš (8) : voir ci-dessus

  • Souček (6,5) : actif dans l'entrejeu, le milieu de West Ham a eu une belle occasion en première période suite à un centre de Petr Ševčík. Sa tête se dérobait sur la gauche (22e). En bon capitaine, il a glané de nombreux ballons et a dicté le tempo de sa formation. Montant en régime en seconde période, il a permis à la République Tchèque d'évoluer de plus en plus haut. Il s'offre une belle occasion dans la fin de match (78e).

  • Masopust (6) : en première période, il a réalisé un petit pont sur Matthijs de Ligt (21e) et a bien combiné sur la droite avec Vladimir Coufal. Il glisse aussi un bon ballon à Antonin Barák en fin de premier acte, mais le tir de ce dernier a été contré (38e). Alternant les montées, il a mis en difficulté Daley Blind et Patrick van Aanholt par sa vitesse et ses coups de reins. Il laisse sa place à Jakub Jankto pour la fin de rencontre (79e).

  • Barak (6,5) : remplacé attitré de Vladimir Darida, Antonin Barák n'a pas eu la même activité que celle du joueur du Hertha Berlin. N'arrivant pas à faire le liant dans le jeu tchèque, il a été trop peu trouvé au début avant de monter en régime. Quand c'est arrivé, il a eu une bonne occasion, mais celle-ci a été détournée par Matthijs de Ligt juste au-dessus de son but (38e). Il délivrait un bon corner que Patrik Schick coupait sans trouver le cadre (61e). Il enchaînait avec un centre qui était mal relâché par Maarten Stekelenburg (67e). C'est lui qui botte le corner sur le but de Tomáš Holeš (68e). Une seconde période solide qui élève sa performance. Michal Sadilek l'a remplacé à la fin (90e +2).

  • Ševčík (5,5) : dans le couloir droit, il délivrait un bon centre pour Tomáš Souček qui déviait de la tête sur la gauche des buts de Maarten Stekelenburg (22e). Mis a part ce moment où il avait changé d'aile, il a eu très peu de moyens de s'exprimer étant donné que le jeu tchèque penchait à droite. En seconde période, il a un peu plus combiné avec ses coéquipiers, mais a été le plus timide devant. Adam Hlozek est entré à sa place en fin de match (85e).

  • Schick (7) : assez esseulé en début de rencontre, le joueur du Bayer Leverkusen a longtemps couru dans le vide sans recevoir le ballon. Trouvé peu avant la demi-heure de jeu, il a décoché un tir aux abords de la surface, mais Maarten Stekelenburg s'interposait (29e). Peu avare dans les efforts, il s'est démené sur le terrain. En début de seconde période, c'est lui qui provoque l'exclusion de Matthijs de Ligt (55e). Coupant un corner d'Antonin Barak, il ne trouvait pas le cadre (61e). Il punissait les Pays-Bas en fin de match en inscrivant le deuxième but des siens (80e). Michael Krmenčík (90e +2) l'a remplacé sur la fin et a eu une belle opportunité (90e +3)

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