De l'OL à Vire en passant par le MHSC et un rendez-vous manqué avec la Real Sociedad, la belle histoire d'Arthur Dallois

Passé par l'Olympique Lyonnais et Montpellier, Arthur Dallois est aujourd'hui l'un des meilleurs attaquants du National 3, du côté de Vire. Pour Foot Mercato, le buteur en série a raconté son parcours peu ordinaire et le coup de fil qui a changé sa carrière.

Arthur Dallois, ici sous le maillot de 'AF Virois, se livre pour FM
Arthur Dallois, ici sous le maillot de 'AF Virois, se livre pour FM ©Maxppp

Monsieur 50%. Depuis le début de la saison, avec 13 buts en 14 matches, Arthur Dallois (24 ans) pèse la moitié des buts de l'AF Virois, actuel 8e de la poule J de National 3. Si on ajoute aussi ses 5 réalisations en 6 tours de Coupe de France, l'attaquant, un des plus performants de la division, fait le bonheur de l'écurie normande. Rien ne prédestinait pourtant le Rhodanien à évoluer dans ce modeste club. Mais un simple coup de fil, en septembre 2015, a lancé l'histoire d'amour. «Le président de l'AF Virois (Christophe Lécuyer), qui a vu mon profil sur Foot National, m'appelle. Il me dit: "je connais déjà ta réponse mais j'ai un truc à te proposer et qui ne tente rien n'a rien. Tu fais quoi actuellement ?" Je lui réponds : "rien". Et là, il me dit : "moi je suis en Normandie, à Vire. Je viens de monter en DH, je te propose de venir chez nous"», nous a raconté l'intéressé avant de poursuivre.

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«Je n'avais jamais entendu parler de lui ni de la ville de Vire. Je suis même allé sur Wikipédia pour voir où c'était, je me suis dit : "ah ouais !". Mais il y a eu un vrai feeling avec ce mec donc j'ai pris ma voiture, j'ai fait 750 km, je suis monté avec mes indemnités chômage. Le club m'a aidé à trouver un boulot pour encadrer du sport collectif dans les écoles à la fin de la journée. Je termine la saison déjà bien entamée en DH, avec 18 buts en 18 matches», nous explique-t-il, séduit par «ce club vraiment amateur mais vraiment génial humainement». À l'issue de cette saison, à l'été 2016, il tente sa chance plus haut, en National 3, à Anglet. Une bonne expérience dans le sud-ouest, qui aurait même pu déboucher sur un départ à la Real Sociedad. «On jouait la montée avec un derby contre Bayonne lors de la dernière journée, en fin de semaine. Le coach me dit que la Real, qui a un partenariat avec le club, veut me faire passer un essai d'une semaine», nous a-t-il lancé avant de poursuivre.

Le coup de fil de Vire, Anglet, la Real Sociedad, sa plus grosse erreur...

«Seulement, vu l'enjeu, l'entraîneur ne me donne qu'une journée. Ils m'ont fait passer des tests physiques, qui se passent très bien pour moi. Je me dis que c'est une bonne chose. Je dois y retourner la semaine suivante. Malheureusement, lors du derby, après 20 minutes, le gardien me fauche. Verdict : fracture de la cheville. J'essaie de me remettre pour passer la semaine en Espagne, mais c'est impossible. La Real me rappelle et me dit qu'elle continuera à me suivre et qu'elle jouera deux amicaux plus tard contre Anglet. Les matches arrivent. Le premier, contre la B, on perd 4 ou 5-1, compliqué, mais c'est moi qui marque notre but. Le second, une semaine après, contre la C, on gagne 3-0, je mets un triplé. Je me dis que je vais avoir des nouvelles. Et pourtant, rien... », regrette-t-il.

Un rendez-vous manqué. Sa route, il la poursuit, en janvier 2018, au Stade Bordelais, en National 2. «L'erreur de ma vie pour l'instant. Je ne touche pas le salaire annoncé à la signature. On joue le maintien et c'est compliqué. Pour un attaquant, passer sa saison dans tes 30 mètres, c'est dur... On se sépare en fin de saison, après le maintien, d'un commun accord», glisse-t-il. Vire, de son côté, ne l'a pas oublié. «J'étais toujours en contact avec le président de Vire. Ils jouaient la montée de R1 à N3. Moi, j'étais en N2. Je lui ai dit : "si tu montes, je viens". Ils ne montent pas. Mais comme j'avais besoin d'un endroit où je me sentais bien, je me suis dit : "j'y retourne". Il a fait beaucoup d'efforts. Il m'a offert un contrat fédéral. Pour ma première saison, en 2018/19, je termine meilleur buteur avec 18 buts et on monte en N3. J'ai raté les six derniers matches sur une déchirure au mollet, je récupère pendant l'été. J'avais des touches en N2, mais je me suis dit que ça valait le coup de rester à Vire pour vivre l'aventure en N3».

Sa saison lui donne raison. Cet hiver, d'ailleurs, le téléphone sonne. «Cet hiver, on m'a proposé un contrat en Ligue 1 au Luxembourg. J'ai bégayé. C'était trois jours avant la fin du mercato. Le timing n'était pas bon, par respect pour le club, je ne pouvais pas lâcher les gars comme ça. Je me suis dit qu'il valait mieux finir ma saison tranquillement et qu'on verrait bien cet été ce qui se présenterait. Voir le projet de Vire aussi, parce que le club veut grandir», nous a expliqué celui qui a côtoyé Anthony Martial et Farès Bahlouli lors de ses jeunes années à l'Olympique Lyonnais, son premier club. Vire toujours en tête. Juste récompense pour le club qui l'a remis en selle à un moment où il comptait tout arrêter après avoir être passé tout près d'un premier contrat professionnel à Montpellier. «J'avais signé trois ans aspirant. Ma première année, je découvre l'équipe de France U16, je fais 3 sélections. La deuxième saison, je suis avec les U17 Nationaux. La 3e année, en U19 Nationaux, je ne joue pas, le coach ne me faisait pas trop jouer», se souvient-il avant de continuer.

L'OL, Montpellier, le Luxembourg et la suite

«Un jour, je monte faire le nombre avec la réserve pour une séance. Et le coach me dit au bout de la séance d'intégrer le groupe de la réserve. Je passe de ne pas jouer en U19 à jouer avec la CFA 2. Un truc de ouf, je jouais avec des Stambouli, Aït Fana, Skhiri, Dabo, Cornette. Des souvenirs de fou. Comme je monte avec la réserve, je signe deux ans stagiaire pro. Mais l'entraîneur qui ne comptait pas sur moi en U19 prend en main la réserve. Résultat, quatre matches en CFA 2. L'année suivante, en CFA après la montée, je joue une quinzaine de matches. Un mois avant la fin de la saison, en veille de match, Rolland Courbis et ses adjoints viennent assister à l'entraînement. À la fin de la séance, il me chope et me dit : "viens me voir dans mon bureau". Je me dis : "putain j'ai fait une connerie". Là, je lui explique que ça va mais que je n'ai pas beaucoup de temps de jeu, avec les pros qui redescendent le week-end. Il me répond qu'il m'a vu m'entraîner, qu'il a beaucoup entendu parler de moi, qu'il aime bien mon profil. Un mois avant la fin de mon contrat, je me dis que c'est bon signe», a-t-il conté.

Oui mais voilà... «Mais Courbis ne reste pas en fin de saison et on me dit gentiment de trouver un autre club». Une décision difficile à avaler. «Je rentre sur Lyon, dépité, mais vraiment dépité. Avoir donné tout ça pour repartir de zéro... J'avais vraiment envie d'arrêter le foot. Mes premières pensées, c'était ça... Je refuse des offres de CFA, de CFA 2... Mais en septembre, tous mes potes avaient un club et moi je n'avais rien». Une période compliquée. Mais Vire est passé par là et l'ambition est de retour. «J'ai forcément envie d'aller voir plus haut. Mais je n'ai plus la même réflexion qu'avant. Ce n'est plus une obsession. L'envie d'y arriver est la même, mais je suis moins buté. J'y pense beaucoup, c'est vrai, mais il n'y a plus que ça», a-t-il conclu. Les chemins de la réussite sont parfois semés d'embûches mais, comme le prouve l'exemple d'Arthur Dallois, il ne faut jamais baisser les bras.

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