Ligue 2 : le monument Bastia est en grand danger après un début de saison catastrophique
Auteur d’un départ totalement raté dans son championnat de Ligue 2, le SC Bastia va devoir vite réagir. Le club corse qui est déjà à six points du premier non relégable après 10 matches se retrouve en grand danger.
Les derniers mois ont été plutôt difficiles pour le football corse. Rétrogradé dans un premier temps en National 1 par la DNCG pour des problèmes financiers, l’AC Ajaccio a été finalement exclu de toutes compétitions nationales. Ainsi, l’un des géants du football corse a dû repartir de la 7e division, soit le Régional 2. Un sacré coup de massue pour les Ours qui tentent désormais de se reconstruire. Rival régional de l’AC Ajaccio (Régional 2), du Gazélec Ajaccio (National 3) et du FC Borgo (National 2), le SC Bastia est donc le seul club de Corse à rester au niveau professionnel. Revenus en Ligue 2 en 2023, les Bastiais ont été treizièmes en 2024 et huitièmes la saison dernière. Alors qu’on pouvait imaginer le début d’une stabilité, l’exercice 2025/2026 pourrait être synonyme de chute pour les pensionnaires du Stade Armand Cesari.
Sanctionné par la DNCG également cet été, Bastia a été placé sous un strict encadrement financier avec une surveillance de sa masse salariale et de ses indemnités de mutations. Ainsi, Bastia a dû vendre des éléments prometteurs comme Christ Inao Oulaï pour 5,5 millions d’euros (hors bonus) à Trabzonspor et Lamine Cissé pour 2,5 millions d’euros à Stoke City pour se donner un peu d’air. Recrutant des joueurs libres ou en prêt, Bastia a ainsi fait venir Issiaka Karamoko (Paris 13 Atlético, National 1), Nicolas Parravicini (Sestri Levante, Serie D), Sacha Contena (AC Ajaccio B, National 3), Jérémy Sebas (Strasbourg, Ligue 1), Ayman Aiki (AS Saint-Étienne, Ligue 1), Alexandre Zaouai (JAC Angré, Côte d’Ivoire) et Lisandru Olmeta (Lille, Ligue 1). Avec des profils prometteurs de jeunes éléments bloqués en Ligue 1, d’autres un peu plus expérimentées, des divisions inférieures et quelques paris, le club coaché par Benoît Tavenot ne s’avançait pas avec une grande confiance au moment de lancer la saison 2025/2026 de Ligue 2.
Bastia en difficulté, mais uni
Et cela se ressent dans les résultats avec toujours 0 victoire pour 6 défaites et 4 nuls en 10 journées. Battu notamment par des promus comme Le Mans (1-0) et Boulogne (1-0), Bastia compte seulement 4 points et pointe à 6 points du barragiste Clermont et du premier non relégable Boulogne. D’ailleurs les prochaines journées seront importantes puisque ce vendredi Bastia reçoit Laval (17e) avant de se déplacer sur la pelouse du promu Nancy (11e) le mardi 28 octobre et de recevoir Clermont (16e) le vendredi 31 octobre. Une fin de mois chargé contre des clubs concernés par la course au maintien qui peut permettre à Bastia de se remettre en selle ou bien continuer à couler. Cependant, les mauvaises nouvelles s’enchaînent pour Bastia puisque son meilleur joueur Amine Boutrah (2 buts et 2 passes décisives) qui est le meilleur buteur et meilleur passeur du club s’est blessé lors du dernier match perdu 1-0 contre Troyes. Il pourrait manquer jusqu’à huit semaines de compétition après une fracture de l’orbite oculaire.
Si les résultats sont mauvais en ce début de saison et que le spectre d’une relégation en National 1 pourrait arriver, le club a l’avantage de présenter un front commun pour se sortir de la difficulté. Malgré la mauvaise dynamique, le coach Benoît Tavenot n’est pas spécialement inquiété et essaye de régler le manque d’efficacité de son équipe. Bastia est la pire attaque avec 4 buts inscrits, mais montre une certaine solidité défensive avec 12 buts concédés. C’est moins que Saint-Étienne qui est troisième et cela correspond à la 5e défense du championnat (à égalité avec Nancy, Annecy et Laval. Le coach Benoît Tavenot soulignait aussi une certaine fragilité mentale dans les moments compliqués de la part de son équipe après la défaite contre Troyes le week-end dernier : «on fait une très bonne première demi-heure, où l’on doit être devant, mais on ne l’est pas, comme beaucoup de matchs depuis 18 mois. On prend ce but contre le cours du jeu, et on manque de caractère. Je n’ai pas senti qu’il y avait encore moyen, alors que oui. Quand on n’y croit pas totalement, c’est compliqué sur le terrain. Sur la deuxième mi-temps, on manque de justesse technique, d’initiative. À la mi-temps, j’ai senti des joueurs complètement abattus, alors qu’il restait 45 minutes encore à jouer.»
Bastia en mode survie
«Un joueur arrivera cette semaine. Il est important d’apporter un souffle nouveau, car mentalement, c’est difficile pour tout le monde. Ce qui nous manque depuis un moment, c’est ce que faisait le petit Christ Inao Oulaï l’année dernière : il était capable de percuter, de trouver des passes qui existent moins. On n’a pas ce joueur-là. On se reprojette sur les quatre matchs à venir, qui sont très, très importants. Pour cela, il faut totalement y croire et reprendre le travail», insistait le coach bastiais dans un discours rassembleur en conférence de presse. Pas épargné par les blessures à l’image de la récente d’Amine Boutrah et de celle du défenseur central Gustave Akueson aux ligaments croisés, Bastia doit composer également avec un groupe réduit et fait face aux limites de ses moyens financiers. Au micro de France Bleu, le directeur sportif Frédéric Antonetti a fait le point sur cette situation compliquée de son équipe : «le match remis contre Boulogne nous fait mal, car on est obligé de jouer 5 matchs en 15 jours, dont 4 à l’extérieur, avec un effectif qui est décimé. Ça, ce sont les faits ! On a eu, sur cette période, et depuis la reprise, 5 à 6 joueurs majeurs blessés. Cela nous a fortement affaiblis. Avec une équipe au complet dès le début nous n’en serions pas là ! Je suis persuadé que si on retrouve notre équipe, les résultats vont arriver.»
L’ancien coach de Rennes, Lille ou encore du FC Metz a d’ailleurs mis en avant les limites financières de Bastia qui l’oblige à vendre et a faire le maximum en fonction de ses moyens : «j’entends beaucoup parler de notre politique sportive. Mais il ne faut pas oublier d’où l’on vient, quelle est la situation économique actuelle du football français et surtout de réaliser combien c’est un miracle permanent d’avoir un club corse dans le monde professionnel. Quand on prend tout cela en compte, on fait quoi ? On s’adapte pour exister au mieux. On va chercher ces jeunes joueurs à fort potentiel, on travaille avec eux, on les fait grandir comme l’a fait Benoît avec Cissé, l’an passé, et on essaye de tout faire pour exister sur le plan économique. Depuis mon arrivée, j’ai toujours dit qu’il fallait vendre des joueurs pour équilibrer les finances. Mais ne pensez pas que je vends pour le plaisir ! Surtout des joueurs qui n’étaient là que depuis un an. On a été forcés de vendre pour continuer à vivre.» Frappé de plein fouet par la crise des droits TV qui touche le football français, Bastia a survécu contrairement à son rival Ajaccio, mais doit désormais se battre pour sa survie au plus haut niveau. La saison s’annonce longue pour les Bastiais…