Les touchantes confessions de Gonzalo Higuain sur son choix de carrière

Au cours d'une longue interview accordée en Argentine, Gonzalo Higuain a ouvert son cœur comme rarement. L'attaquant argentin raconte son bonheur d'évoluer à l'Inter Miami en Major League Soccer loin de la pression des précédents clubs dans lesquels il a évolué (River Plate, Real Madrid, Naples, Chelsea, Juventus, AC Milan). Morceaux choisis.

Gonzalo Higuain, sous les couleurs de l'Inter Miami
Gonzalo Higuain, sous les couleurs de l'Inter Miami ©Maxppp
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Il y a quelques semaines, Kylian Mbappé (22 ans) évoquait son rapport à la pression qui pèse sur ses épaules en France. Un autre témoignage assez fort nous vient d'Argentine ce mercredi. Dans un long entretien accordé à La Nacion, Gonzalo Higuain (33 ans) s'est également confié sur sa manière de vivre avec la pression. «Le prix à payer pour appartenir à l’élite est très élevé. Les gens se disent : "Higuain, avec tout l’argent qu’il a, de quoi se plaint-il ? Il est en bonne santé, il a sa fille et il vit où il veut…" Oui, mais depuis l’âge de 9 ans, Higuain se casse le cul pour que tout se passe bien. L’argent que j’ai n’est pas tombé du ciel, je l’ai gagné au quotidien, avec ma sueur. L’argent aide, oui, mais il ne fait pas le bonheur. Tu peux avoir tout l’argent du monde, mais si tu es un mauvais gars, avec qui le partages-tu ? Tu es seul. C’est cher payé… », a-t-il raconté avant de poursuivre.

«J’ai joué au Real Madrid, à Naples, à la Juventus, à Milan, à Chelsea, à nouveau à la Juventus et tu partages tes anniversaires et tes fêtes de Noël avec des partenaires différents. Tes vrais amis, tu ne les vois jamais ou presque, pareil pour tes parents… Tu dois te manger les critiques de la presse – pas toute la presse, j’ai appris à faire la différence – et les critiques des supporters… Tout le monde te juge, et plus seulement footballistiquement, parce que ça a changé depuis quelques années. On te juge sur son apparence, si tu es gros, maigre, chauve… Je me suis rasé la tête et laissé pousser la barbe et ça a été une nouvelle reprise dans le monde entier, mais personne ne se demande si je joue toujours bien. Tu te rases la tête et tu fais l’actualité… Ça parle aussi de l’importance que tu as. Mais oui, le prix à payer est élevé, mais tu fais avec et j’ai toujours su que ça arriverait. Je ne peux pas dire que j’ai été surpris», a lancé Pipita.

Aujourd'hui, aux côtés de Blaise Matuidi à l'Inter Miami, franchise de Major League Soccer de David Beckham, l'international albiceleste (75 sélections, 32 buts) est loin de tout ça. Et ce n'est pas franchement pour lui déplaire. «L’autre jour, je pensais à tout ce qui était derrière moi, les années d’exigence, de responsabilités, de déménagements, de changements de pays, qui, que tu le veuilles ou non, te déstabilisent. La vérité, c’est que maintenant, je me sens très très content parce que j’ai eu ce que je voulais, je suis sorti de cette bulle de pressions, d’exigences, de la presse qui parle tout le temps de toi, de la pression des supporters. Ici, c’est autre chose, le football n’est pas prioritaire, il y a d’autres sports qui subissent cette pression. La ligue grandit et continuera à grandir. Mais ici, les gens dans la rue ne te jugent pas parce que tu as fait une erreur ou marqué un but, parce qu’on t’a remplacé ou non. Pareil avec la presse», a-t-il expliqué avant d'ajouter.

La cicatrice argentine

«Alors, je suis tranquille. C’est ce que je cherchais. Quelque chose de nouveau pour moi. Maintenant, je fais la queue comme tout le monde, je suis redevenu une personne normale ici. Par moments, tu es surpris. Mais je suis très content parce que je suis heureux, heureux de la décision que j’ai prise. Certaines personnes te regardent, regardent ta fiche sur leur téléphone pour être sûres, peut-être un latino fan du Real Madrid, mais s’ils te croisent, c’est toujours avec un respect incroyable et m’offrent toujours des mots de gratitude et des félicitations. Personne ne te crie dessus, ils respectent ton moment. Si tu es avec ta fille, personne ne t’aborde. Ils te saluent de la main, point», a-t-il poursuivi.

Un brin amer envers un monde du football qu'il ne souhaite pas retrouver une fois les crampons raccrochés (il veut se spécialiser dans la gastronomie et l'œnologie), le buteur espère tout de même avoir laissé une petite trace dans la riche histoire du football de son pays, malgré les critiques parfois acerbes. «Jusqu'en 2014, j'ai été le meilleur n° 9 du monde, et après la défaite contre l'Allemagne en finale du Mondial, tout s'est terminé. Pour y arriver, j'avais mis neuf buts en éliminatoires, ce dont personne ne se souvient, parce qu'il ne faut pas oublier qu'il faut mettre ces buts là pour jouer un Mondial», a-t-il glissé, encore blessé...

«Mais tout sera valorisé avec le temps, je pense qu'on va avoir du mal à jouer à nouveau une finale de Coupe du Monde. Ce n'est pas facile d'aller au Mondial, de le jouer et d'aller en finale. Avec le temps, on donnera plus de valeur à ce que j'ai fait, je n'en ai aucun doute, mais alors aucun. Mais il est encore tôt, il faut laisser passer du temps et on s'en rendra compte. En trois Mondiaux, j'ai marqué des buts qui comptent, en phase finale, contre le Mexique en Afrique du Sud en 2010 et face à la Belgique au Brésil en 2014», a-t-il lancé avant de conclure. «Maintenant, je ne fais plus attention aux critiques, aux reproches, on peut dire ce qu’on veut sur moi. Avant, ça me faisait mal, je ne vais pas mentir, je ne serai pas sincère, j’en ai souffert et j’ai eu beaucoup de mal. (…) Mais je suis à un point où je me fiche du "qu’en dira-t-on ?". Je n’écoute plus».

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