Les Titis du PSG, l’autre marque de fabrique de Luis Enrique
Fidèle à ses principes, adepte du jeu de possession et surtout déterminé à l’idée de faire du Paris Saint-Germain le plus grand club d’Europe sur la durée, Luis Enrique se distingue également par sa confiance accordée aux jeunes du centre de formation…
Pressing haut, circulation rapide, polyvalence… Depuis son arrivée sur le banc du Paris Saint-Germain, Luis Enrique impose sa patte à tous les étages et le technicien espagnol a clairement redonné une identité de jeu au club de la capitale. Au-delà des principes tactiques, une autre tendance forte s’est, par ailleurs, dégagée au fil des mois : la valorisation des Titis parisiens, désormais au cœur du projet sportif. De Warren Zaïre-Emery, régulièrement installé dans le onze parisien, à Ibrahim Mbaye en passant par Senny Mayulu, Quentin Ndjantou ou encore le jeune David Boly, l’ancien sélectionneur de la Roja n’a jamais hésité à donner du temps de jeu aux jeunes, même dans des rencontres à fort enjeu. Longtemps critiqué pour son incapacité à intégrer les talents issus de son centre de formation - qui s’apprête à fêter son 50e anniversaire - le PSG, sous l’impulsion de son nouvel architecte, a finalement changé de paradigme.
Une jeunesse prometteuse
Samedi soir, lors de la victoire (3-0) du PSG face au HAC, les Titis parisiens étaient d’ailleurs une nouvelle fois mis à l’honneur avec la titularisation de trois d’entre eux et la très belle entrée en jeu de Quentin Ndjantou. « D’année en année, il y a de plus en plus de jeunes qui jouent. On essaie de donner le maximum sur le terrain. J’ai une très bonne relation avec le coach et j’essaie de lui rendre la confiance qu’il me donne avec ces minutes jouées », confiait d’ailleurs ce dernier au coup de sifflet final. Aperçu en zone mixte quelques minutes plus tard, Senny Mayulu commentait, lui aussi, avec joie ce virage pris. « Ce n’est pas rien de fêter les 50 ans, il ne faut pas minimiser ça. C’est un bon centre de formation, un très bon même. De voir des titis monter, c’est un plaisir et une fierté ».
Considéré parmi les plus performants d’Europe, le centre de formation des nouveaux champions d’Europe en titre n’avait pourtant jusqu’alors rarement servi de tremplin vers l’équipe première. Une époque révolue depuis l’arrivée de Luis Enrique, bien décidé à imprimer la même dynamique que celle appliquée lors de son passage à Barcelone. « Ici, le mérite prime sur l’âge », se plaît ainsi à répéter l’Espagnol de 55 ans. Après la nouvelle victoire des siens face au Havre - un succès permettant au PSG de reprendre la première place de la Ligue 1 - le technicien parisien a d’ailleurs pris le temps de rappeler l’importance qu’il accordait à la jeune génération.
Une rupture avec les pratiques du passé
« Ce qui est important pour ces joueurs, c’est qu’ils aient des minutes de jeu importantes qui ont de la valeur. S’ils entrent en jeu quand tu gagnes 4-0, ça n’apporte rien. Je suis très motivé à l’idée de donner des minutes aux titis qui ont le niveau. Je ne fais pas de cadeaux. Ndjantou a mérité de jouer, Mbaye est dans un moment difficile, il manque un peu de confiance, mais je reste calme et confiant. C’est important pour moi et pour le club de donner de la confiance aux joueurs du centre de formation. Les joueurs que l’on considère qui ont le niveau, ils vont avoir de la confiance et c’est pour ça qu’on ne signe pas de joueurs extérieurs. C’est plus facile pour un titi, français, de jouer au PSG, que de dépenser beaucoup d’argent sur un joueur qui vient d’un autre club ».
Au-delà de l’intérêt sportif - qui plus est à l’heure où les Rouge et Bleu doivent gérer de nombreux pépins physiques - cette stratégie s’inscrit donc dans un projet club où l’émergence des Titis possède finalement une dimension identitaire importante, permettant de contrebalancer la place écrasante donnée aux stars internationales. Plus que des mots, cette volonté affichée par le PSG se retrouve également dans le travail quotidien du coach parisien où les Titis sont finalement davantage intégrés aux séances tactiques, aux réunions vidéo et profitent d’un suivi individualisé que plusieurs d’entre eux saluent en interne. En plaçant ses Titis au cœur du projet et en marquant une véritable rupture avec la gestion plus compartimentée des années précédentes, Luis Enrique apporte donc finalement plus qu’un style de jeu : il imprime une vision. Une vision où le PSG ne se contente plus d’attirer les talents du monde entier, mais choisit aussi de faire grandir les siens.
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