À quelques jours de la réception de Liverpool en Ligue des Champions, l’OM a surclassé Angers (2-5). Amine Gouiri a une nouvelle fois régalé en attaque, tandis qu’Emerson a réalisé une belle prestation, en étant impliqué sur deux buts olympiens et rassurant défensivement.
Il y a deux semaines, l’OM s’était raté pour sa première en Ligue 1 en 2026. Dans une ambiance électrique à Marseille, les Olympiens ont été réduits à neuf et se sont inclinés face à un Nantes plus incisif (2-0). Ce samedi, les hommes de Roberto De Zerbi ne devaient pas commettre la même erreur à Angers. Forts d’un succès large contre Bayeux en Coupe de France, les Marseillais affrontaient des Scoïstes éliminés le week-end dernier face à Toulouse. Avec une attaque Gouiri-Greenwood-Traoré, les Phocéens ont commencé pied au plancher et se sont procurés une double occasion d’entrée avec Weah et Gouiri qui se sont heurtés à Hervé Koffi (4e).
Après avoir poussé encore et encore, Marseille a finalement trouvé la faille rapidement dans cette rencontre. Après une belle action, Amine Gouiri a profité d’un centre venu de la droite pour crucifier Koffi (0-1, 18e). Dès lors, le robinet était ouvert. Largement supérieurs techniquement, les Olympiens ont fait feu de tout bois et ont su piocher dans les bons tiroirs pour rapidement corser l’addition. Se rendant disponible dans l’entrejeu, Mason Greenwood a déboulé sans crier gare plein axe et, après un une-deux délicieux avec Emerson, a envoyé une mine imparable pour le gardien burkinabé (0-2, 24e). Dès lors, Angers a bu le calice jusqu’à la lie. Emerson, dans un grand soir, s’est joué de plusieurs défenseurs avant de servir Traoré dans la profondeur. En attaquant racé, l’Ivoirien a réalisé une feinte de corps pour entrer dans la surface et fusiller à bout portant Koffi (0-3, 34e).
L’OM, meilleure attaque de Ligue 1
Les supporters angevins étaient loin d’avoir tout vu. Sur une action collective remarquable, Marseille a inscrit un quatrième but avec une tête parfaite de Timothy Weah dans la surface (0-4, 40e). Une démonstration que la réduction de l’écart d’Amine Sbaï juste avant la pause ne venait même pas entacher (1-4, 45+2e). Au retour des vestiaires, le rapport de force était toujours autant déséquilibré. Proche de corser l’addition à nouveau sur une frappe de Gouiri (53e), l’OM a continué d’attaquer à toutes berzingue. Après l’heure de jeu, le rythme est retombé avec des Marseillais qui se sont contentés de faire circuler le ballon et de jouer à la passe à dix face à des Angevins sans solution.
Finalement, sans raison vraiment logique, le match s’est encore emballé sur les dix dernières minutes de jeu. Après un but refusé à Aubameyang (85e), c’est l’ailier de poche Igor Paixao, entré en jeu, qui a déchiré les filets de Koffi (1-5, 88e). Jim Allevinah a adouci l’amère défaite angevine dans le temps additionnel (2-5, 90+2e) mais l’essentiel était assuré pour Marseille. Avec une attaque enflammée ce samedi soir, l’OM s’offre son premier succès en Ligue 1 de l’année et fait le plein de confiance avant la réception de Liverpool en Ligue des Champions. Au classement, Marseille reprend trois points d’avance sur Lille et reste troisième. Mauvaise opération pour le SCO qui reste onzième au classement.
L’Homme du match : Gouiri (8,5) : décidément, son retour fait un bien fou à cette attaque olympienne. Dans un autre profil qu’Aubameyang, il décroche énormément pour participer au jeu, part de loin pour initier les attaques avant de trouver ses partenaires - comme Weah (4e) - ou de tenter sa chance (6e). En clair, il a toujours été dans le sens du collectif. Auteur de l’ouverture du score en étant à la réception d’un centre fort à ras-de-terre de Murillo (19e), il a retrouvé le chemin des filets pour la première fois depuis le 4 octobre dernier, à Metz, et enchaîne après son doublé contre Bayeux en Coupe de France, mardi. En seconde période, il a cherché le doublé sans y parvenir. Il a également fait preuve d’altruisme en laissant passer le ballon pour Hamed Traoré, qui aurait pu faire mieux. Remplacé par Pierre-Emerick Aubameyang (61e), qui pensait inscrire le 5e but olympien avant de voir sa réalisation être annulée pour une position de hors-jeu (85e).
Angers :
- Koffi (3) : le portier burkinabé a répondu présent d’entrée face à l’attaque olympienne. Sur une frappe sèche de Weah, puis de Gouiri sur son poteau droit, il s’est parfaitement interposé (4e). Or, après le quart d’heure de jeu, sa défense n’est pas intervenue sur un centre dans la surface, ce qui a provoqué le premier but de la rencontre inscrit par Gouiri (19e). Même chose sur la frappe en une touche de balle de Greenwood seulement dix minutes plus tard. L’Anglais a fusillé le portier, subissant les tentatives tranchantes de ses adversaires l’une après l’autre (24e). Cela a continué à l’heure de jeu avec la frappe à bout portant de Traoré. Il a toujours été en difficulté à cause du manque de soutien de ses arrières (34e). Comme si ce n’était pas assez, il a montré une fragilité dans les airs, et a laissé la tête de Weah finir au fond des filets avant la pause. Il a ensuite pu souffler jusqu’à la fin du match, ou presque. En seconde mi-temps, le but de Paixao le laisse sans voix (88e).
- Arcus (4) : la première mi-temps du joueur a été plus que délicate. Face à Emerson de temps en temps, mais surtout en duel permanent avec Traoré dans son couloir, il a couru sans ballons durant chaque séquence. Impossible de prendre l’aile, d’envisager des dédoublements, encore moins d’apporter du danger pour le sprinteur. Après le but de Sbai, sonnant peut-être l’heure du réveil, il a tout de même pu exploiter un ballon avec un centre bien maîtrisé. Il a aussi couvert des ballons à de multiples reprises, effectuant le travail de sa charnière encore endormi. Remplacé par Marcus Louer (86e)
- Camara (3) : freiner Gouiri n’a pas été simple pour le défenseur central, encore moins lorsque l’Algérien tournait autour de ses adversaires. Manque de concentration, réaction trop lente suite aux secousses infernales des offensifs marseillais, il s’est montré absent. Pourtant capable d’intervenir en force grâce à ses capacités physiques, il a choisi d’autres options, mais visiblement pas les bonnes. Sur le troisième but de l’OM, il a laissé Traoré contrôler son ballon, se l’amener vers l’avant et tirer sereinement. Un marquage désastreux qui a permis aux hommes de De Zerbi de prendre le large.
- Lefort (3) : en première période, il a semblé ailleurs durant chaque action dangereuse de l’OM, tout comme son partenaire, Camara. Est-ce un manque de repères ou un étourdissement lié aux nombreuses attaques adversaires ? Certainement un mélange de tout cela. Ses postures n’ont pas paru rassurantes, à l’image d’un défenseur central en galère totale. Malgré quelques réactions intelligentes de sa part en seconde période, il a gardé le moral dans les chaussettes, attendant surtout le coup de sifflet final.
- Ekomie (4) : confronté à Weah et Murillo dans son couloir, le latéral n’a pu qu’apprendre durant les quarante-cinq premières minutes. Étourdi par les vagues incessantes des Phocéens, il a voulu aider ses coéquipiers, mais sans trop demander les ballons. Il n’a pas été en capacité d’arriver dans le camp adverse. Un manque de possession cruel, mais aussi de possibilité.
- Belkebla (3) : avec son numéro 93 dans le dos, il est resté trop peu en mouvement, sans jamais trouver d’intervalles. Dans le flou complet au cœur du jeu, probablement absorbé par Højbjerg et Nadir, il n’a pas pu effectuer ne serait-ce que des circuits de passes rapides à la relance. Avec des défenseurs à la ramasse, nul doute que sa première période a été un véritable cauchemar, notamment après le troisième but. Le milieu de terrain s’est montré désorganisé et a continué à travailler dans l’ombre.
- Courcoul (4) : le milieu de 19 ans avait une tâche importante ce soir : remplacer Abdelli (laissé au repos et dans le viseur de l’OM). Face à un adversaire de taille, il a été évidemment difficile pour lui d’amener de la profondeur et du rythme comme l’Algérien fait habituellement. Il s’est uniquement contenté de courir après le ballon, de mettre les bras en opposition et de cacher sa colère. Son coach a même préféré mettre du sang neuf après l’heure de jeu, en le faisant quitter la pelouse. Remplacé par Harouna Djibirin (62e) qui a pu offrir un centre, synonyme de passe décisive, à Jim Allevinah en fin de partie.
- Belkhdim (3) : encerclé par un milieu marseillais très bien installé et muselé par Emerson, il a eu beaucoup de mal à se montrer entre les lignes. Ses coéquipiers n’ont pas pu le servir non plus dans un couloir purement bleu et blanc. Compliqué donc d’apporter de la fraîcheur et du danger dans des zones où Marseille a été irréprochable. Au retour des vestiaires, le Marocain a continué ses courses, toujours sans ballons. Malgré des intentions concrètes lorsque les actions se sont présentées à lui, aucune efficacité a été signalée.
- Mouton (4) : très bas sur le rectangle vert, le milieu offensif n’a pas réussi à créer. Les coordinations avec ses partenaires ont eu beaucoup de mal à se mettre en place. Aussi bien avec la défense qu’avec l’attaque, il n’a pas su s’imposer dans des circuits de passes. Positionné en tant que numéro 10, son manque de magie n’a pas ébloui dans les derniers mètres et a laissé son équipe sans saveurs offensives. Après un corner gagné par le SCO, il a tout de même tenté un lob sur le portier marseillais, mais celui-ci n’a pas trouvé le cadre (54e). Après cette petite frayeur, il n’a eu aucune chance d’entreprendre. Remplacé par Pierrick Capelle (76e).
- Sbai (6) : buteur la semaine passée face à Toulouse en Coupe de France, le Franco-Marocain a su dynamiser le jeu angevin dès les premières minutes de la rencontre. Ses prises de balles ont régulièrement été intéressantes pour apporter du danger malgré quelques déchets techniques dans les derniers mètres. Avec un sens du dribble pointu, il a cependant su faire parler sa vitesse sur des contre-attaques explosives, en première période notamment, empruntant l’axe et non le couloir. Il n’a fait que provoquer, allant jusqu’à être le poison principal durant les transitions angevines. C’est d’ailleurs lui qui a remis de l’espoir et du sourire dans le groupe du SCO avant la pause. Son but rempli de malice face à Rulli a permis aux siens d’alléger l’écart à la pause (45+2). Il a été la valeur sûre du groupe, répétant les efforts, jusqu’à donner des consignes à ses coéquipiers devant lui. Remplacé par Jim Allevinah (76e) qui a su conclure une belle action angevine avec un but rageur et honorable (90+2).
- Peter (4) : préféré à Cherif pour cette rencontre, le buteur de 18 ans s’est permis un pressing à forte intensité. Prêt à bondir dans les pieds de la charnière olympienne, il est resté concentré et attentif. Sur un long ballon envoyé par sa défense, celui-ci a réussi à effacer Medina pour ensuite obtenir un corner (8e). Les ballons qui sont venus à lui par la suite ont pu être exploitables, notamment grâce à Sbai, mais, en manque d’inspiration, il n’a pas frappé au but. Balerdi a décidé de sortir les griffes tardivement, et l’attaquant n’a plus été dangereux face au portier argentin en seconde période. Remplacé par Sidiki Cherif (63e) qui n’a pas plus convaincu en pointe, pour ce qui pourrait être l’une des ultimes apparitions avec le maillot du SCO.
OM :
- Rulli (5) : le gardien argentin s’est surtout distingué par son positionnement haut lorsque son équipe avait le ballon. Vigilant sur le centre de Sbaï (20e), puis sur sa reprise (45e), il est battu par ce dernier en fin de première période après un mauvais dégagement de Médina et une hésitation de sa part aussi (45e+3).
- Murillo (6) : tantôt troisième défenseur, tantôt sur le côté droit sur les projections, l’international panaméen a eu une activité remarquable sur le rectangle vert du stade Raymond-Kopa avec notamment un centre décisif sur Amine Gouiri pour l’ouverture du score (19e).
- Balerdi © (6) : en l’absence de Sidiki Cherif dans le XI de départ, c’était à Prosper Peter de le mettre en difficulté. Mais malgré un petit accrochage entre les deux (31e), le défenseur argentin est ressorti vainqueur de ce duel. Guide de cette arrière-garde marseillaise, il est à la récupération du ballon sur le troisième but signé Traoré (34e). Petit point noir de cette rencontre : le deuxième but angevin encaissé en fin de partie.
- Médina (6) : s’il réalise un bon retour sur Peter (13e), c’est ce même homme qui le gêne lorsqu’il tente de dégager le ballon sur le but de Sbaï. Sa petite poussette sur l’avant-centre du SCO Pour le reste, il a réalisé une prestation assez propre avec cinq duels remportés sur cinq, quatre récupérations et peu de déchets balle au pied.
- Weah (7) : dans cet OM porté vers l’offensive, il s’épanouit. Il y a d’abord cette première occasion stoppée par Koffi (4e), avant de mettre le ballon au fond des filets du gardien du SCO grâce à une belle tête à la suite d’un service de Traoré (40e). Il a aussi fait le boulot défensivement, notamment à la perte du ballon sur son côté droit.
- Nadir (7,5) : dès le début de la rencontre, il s’est montré actif dans le pressing à la récupération (7 ballons récupérés), mais surtout sur le jeu direct en distillant des ballons appuyés à ses offensifs - notamment dans le dernier tiers - et en étant précis dans ses passes longues (3 réussies sur 4). À l’image du 4e but marseillais où il va chercher la largeur au tout départ de l’action. De retour de suspension, il a bien rendu l’appareil à Roberto De Zerbi. Remplacé sur blessure par Angel Gomes (82e).
- Højbjerg (6,5) : il a connu quelques minutes difficiles en première période face à Sbai, qui l’a facilement éliminé (13e). Mais sinon, le Danois a réalisé un match plein, touchant 90 ballons et ayant très peu de déchets dans ses transmissions (104 passes réussies sur 111, 12 passes dans le dernier tiers). Sa connexion avec Paixao a permis à l’OM d’inscrire un cinquième but (89e).
- Emerson (8) : il a représenté cet OM qui se voulait imprévisible, en se positionnant comme un numéro 10 sur le but du 0-2 où il remise parfaitement à Mason Greenwood (24e). Dix minutes plus tard, il trouve Traoré d’une passe appuyée dans l’axe pour le but du break (34e). Derrière, il n’a jamais été mis en difficulté face à un Belkhdim fantomatique. Remplacé sur blessure par Arthur Vermeeren (90e+1).
- Greenwood (7,5) : les week-ends passent, les heures défilent, les buts s’enfilent. Très libre dans son positionnement (parfois à droite, parfois en 10), l’Anglais a trouvé le chemin des filets pour la 12e fois de la saison en championnat, après un magnifique une-deux avec Murillo et une frappe limpide et imparable pour Koffi (24e). Avant ça, il avait décalé Murillo à droite sur le but de Gouiri (19e). En seconde période, il trouvait la barre après une frappe puissante du droit (53e). Après moins d’une heure de jeu et à quelques jours de la réception de Liverpool, De Zerbi a décidé de le reposer. Remplacé par Matt O’Riley (62e).
- Traoré (8) : pour sa première titularisation de la saison, l’Ivoirien a répondu présent. Maladroit dans le dernier geste avec deux centres ratés en début de rencontre (6e, 16e), il a toutefois été remuant sur son aile gauche pour mettre à mal la défense angevine. Naviguant énormément sur l’axe gauche, il est trouvé Emerson, auteur d’une belle récupération haute, avant de tromper Koffi et d’inscrire son premier but en Ligue 1 avec l’OM (34e). Quelques instants plus tard, il trouve Gouiri dont la tête est tout proche de finir au fond (35e), avant de servir Weah pour le but du KO (40e). Une première de rêve sous le maillot olympien. Remplacé par Igor Paixao (62e), auteur d’une belle combinaison avec Højbjerg, qui aurait mérité un meilleur sort. Il a finalement eu son petit but, après une nouvelle passe du Danois et une meilleure conclusion (88e).
- Gouiri (8,5) : voir ci-dessus