Entretien avec... Morgan Sanson : « Rolland Courbis m'apporte de la confiance »

Découvrant la Ligue 1 cette saison, Morgan Sanson (19 ans) s'est déjà imposé comme l'un des talents à suivre dans l'Hexagone. Le milieu de terrain, arrivé l'été dernier à Montpellier, se confie pour FM. L'occasion pour l'international Espoirs français d'évoquer son parcours, la situation de son club, et de son partenaire de jeu Rémy Cabella.

Morgan Sanson se livre pour FM
Morgan Sanson se livre pour FM ©Maxppp

**Foot Mercato : Morgan, tout d’abord, pourriez-vous nous retracer votre parcours ?

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Morgan Sanson :** J'ai commencé le football à six ans, au Gazélec de Bourges. Ensuite, en benjamins deuxième année, je suis allé au FC Bourges, le club phare de la ville, tout en suivant en parallèle une pré-formation à l'IFR (Institut du Football Régional) de Châteauroux, de 13 à 15 ans. Et après, de 15 à 18 ans, j'ai été au Mans, avant de rejoindre Montpellier cette saison.

**FM : Quels sont vos modèles, les joueurs qui vous inspirent le plus ?

MS :** J'aime bien Iniesta, depuis tout petit. Je trouve qu'il joue bien les coups, c'est un très bon joueur. Et j'aime bien aussi Rooney.

**FM : Vous découvrez en cette saison la Ligue 1. Quel bilan faîtes-vous de votre exercice jusque–là ?

MS :** Collectivement, c'est mitigé. On a fait une première moitié assez moyenne, mais depuis début janvier on a su avoir les résultats qu'il fallait. Ça a redynamisé le groupe, et chacun a été plus performant. Individuellement, je suis satisfait. Je ne suis pas venu pour être titulaire, ce qui a finalement été le cas. À moi de travailler pour que ça continue jusqu'à la fin de la saison.

**FM : Vous avez effectivement disputé 21 matches, dont 20 comme titulaire. Êtes-vous surpris par cette ascension express, même si le week-end dernier à Lyon vous avez été sur le banc ?

MS :** Je suis un compétiteur et, dans un petit coin de ma tête, j'espérais à mon arrivée que ça le fasse et que je jouerais. Pour ce qui est du dernier match, je suis professionnel, si ça permet à l'équipe titulaire d'être plus compétente, je l'accepte avec plaisir.

**FM : Cet apprentissage de la L1 peut aussi vous permettre de mieux jauger votre marge de progression. Dans quels domaines pensez-vous pouvoir encore vous bonifier ?

MS :** Je pense que je peux progresser dans tous les domaines. Mais là où je peux vraiment progresser, c'est dans les gestes décisifs, mettre des buts (0 pour le moment) et faire plus de passes décisives (2 en L1).

*FM : Selon Rolland Courbis, vous n’êtes « ni véritable 6, ni véritable 10 »*. Mais pour vous, quel poste vous convient le mieux ? Où vous sentez-vous le plus à l’aise ?

MS :** Dans ces postes-là, entre 6 et 10. Je dirais en 8, un joueur qui aime se projeter vers l'avant, mais aussi récupérer le ballon pour relancer proprement, dans le cœur du jeu.

**FM : Le poste de numéro 10 est pour l’instant celui de Cabella, dont le départ cet été est plus que probable. Vous imposez en 10 au MHSC la saison prochaine, est-ce une ambition ?

MS :** Non, du tout. Je ne suis pas un numéro 10, donc je joue où le coach me dit de jouer. Mais il est vrai que, plus je suis dans le cœur du jeu, plus je suis à l'aise, car ça correspond à mes qualités.

**FM : Cabella vous aide-t-il dans votre progression ?

MS :** Bien sûr. On s'aide mutuellement, chacun doit être à l'écoute de l'autre dans le groupe. C'est important pour la cohésion.

**FM : Louis Nicollin disait récemment qu'il verrait bien Cabella à Monaco. Vous, où le verriez-vous ?

MS :** Je pense que, pour Rémy, il faudrait un grand club. Il a assez prouvé en Ligue 1. Même si on peut toujours progresser, il a fait tout ce qu'il avait à faire en Ligue 1. Il peut aller voir dans un grand club maintenant.

**FM : En parlant d’avenir, avez-vous un plan de carrière défini, ou vivez-vous plutôt au jour le jour, prenant les choses étape par étape ?

MS :** Je vis au jour le jour. Je travaille chaque jour pour progresser, après on ne sait pas de quoi l'avenir est fait. Je suis très bien à Montpellier, dans cette ville que j'apprécie. C'est mieux d'être bien dans le foot mais aussi à l'extérieur, c'est ce qui me permet d'être bon sur le terrain. Je suis bien à Montpellier, j'y resterai, j'ai un contrat jusqu'en 2017.

**FM : Le coach Courbis est souvent loué pour ses qualités de meneur d’hommes. Tactiquement parlant, qu’a-t-il apporté également ?

MS :** Personnellement, il m'apporte sa vision des choses, sa vue sur le football, du calme, de la tranquillité, de la confiance. C'est ce qu'un joueur recherche aussi auprès d'un entraîneur. Tactiquement, il m'apporte dans le placement, et je sais aussi ce que je dois faire avec le ballon car il l'explique à l'entraînement. Plus généralement, il a apporté de la sérénité au groupe. Il aborde les matches d'une manière payante, j'espère que ça va continuer.

**FM : C’est malgré tout Jean Fernandez qui vous a lancé dans le grand bain. Quelle image gardez-vous de lui ?

MS :** Une bonne image. C'est lui qui m'a lancé en Ligue 1, je ne l'oublierai jamais. Je l'en remercie encore, et je le remercierai toute ma carrière. Il a senti que c'était le bon moment pour moi, que j'étais prêt, tant mieux pour moi.

**FM : Avec 33 points, Montpellier avait 11 points d’avance sur les premiers relégables, et 10 points de retard sur le cinquième, l’OM, au coup d'envoi de cette 28ème journée. Au final, regardez-vous plutôt derrière ou devant ?

MS :** Pour l'instant, tant que le maintien n'est pas acquis, on ne peut que regarder derrière. Après, c'est vrai qu'on est bien parti pour se maintenir, mais on ne sait jamais.

**FM : Enfin, qui dit Montpellier dit aussi Louis Nicollin, et ses sorties médiatiques toujours appréciées. Vous qui le côtoyez désormais au quotidien, comment le trouvez-vous ?

MS :** Il est dans la vie comme dans les médias. Il dit ce qu'il a à dire parce qu'il aime ses joueurs, qu'il veut les voir progresser le plus rapidement possible. Il est exigeant avec ses joueurs parce qu'il les aime.

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