Comment optimiser son alimentation pour le football

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Comment optimiser son alimentation pour le football
Comment optimiser son alimentation pour le football ©Maxppp

Élément essentiel du fameux travail invisible du footballeur, l’alimentation sera particulièrement cruciale pour optimiser la récupération, prévenir les blessures mais aussi apporter les réserves d'énergie nécessaires avant un match. Voici son mode d’emploi.

Chaque effort sur le terrain requiert une production énergétique importante. En réalité, il existe trois filières énergétiques distinctes: l’anaérobie alactique (pour les efforts très courts et intenses de 3/4 secondes maximum comme un sprint par exemple), l’anaérobie lactique (pour les efforts intenses allant de 4 secondes à 2/3 minutes) et l’aérobie (pour les efforts de longue durée comme tenir un match de 90 minutes).

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Chaque filière énergétique utilise « des matières premières » pour renouveler l’énergie et ces matières premières sont justement apportées, en grande partie, par l’alimentation. En plus de l'oxygène, la filière aérobie utilise le glycogène (les glucides), les graisses et les protéines pour produire constamment de l’énergie.

Avant même de débuter votre entraînement ou votre match, votre alimentation va donc être un élément déterminant qui va conditionner vos performances. Outre les recommandations traditionnelles, les joueurs et joueuses de football auront besoin d’un apport particulier pour répondre à leurs besoins.

Les glucides

L’alimentation répond plus précisément à deux besoins : 1) apporter une quantité d'énergie suffisante pour atténuer les pertes de performance et éviter les blessures, 2) apporter les substances essentielles au maintien, renouvellement et développement des structures cellulaires.

Il faut déjà savoir que pendant un match de foot, on vide quasiment complètement ses réserves en glycogène (glucides) à la fin du match, et quasiment déjà 2/3 à la mi-temps. Imaginez que ces réserves ne soient pas optimales (donc pas à 100%) au coup d’envoi d’une rencontre. Vous imaginez aisément la conséquence derrière sur le terrain avec une fatigue qui va se ressentir précocement. Pour pallier ce problème, une alimentation riche en glucides est préconisée.

Les glucides, ce sont grossièrement les sucres mais il ne s’agit pas forcément d’aliments au goût sucré. On a longtemps distingué les sucres selon leur vitesse d’absorption avec d’un côté les sucres lents, qui permettent à l’organisme de stocker des réserves qui seront utiles au fur et à mesure du match, et les sucres rapides, qui eux vont pouvoir être utilisés rapidement par l’organisme. Mais il est plus sage de distinguer les sucres selon leur index glycémique puisque certaines études comme celle de R. Spaethe et al., en 1972, de Crapo et al., en 1976 et de Jentkins, en 1981, ont indiqué que la différence de vitesse d’absorption entre les différents sucres n’était pas évidente voire même quasiment identique.

Pour faciliter votre compréhension, on recommande généralement des féculents (pâtes, riz, pommes de terre) avant et après un match et des fruits ou des barres énergétiques juste avant un match et à la mi-temps. L’idéal est de pouvoir consommer très rapidement des glucides après l'effort car c’est le moment où le restockage des réserves énergétiques est optimisé. C’est ce que l’on appelle la fenêtre métabolique. Il est important de ne pas consommer trop de glucides d’un coup pour éviter de surcharger l’intestin et provoquer des maux de ventre. Idéalement, on conseille un apport de 60 à 80g de glucides dans les 30 premières minutes après l'effort, avec plus précisément 30g de sucres à index glycémique élevé et 30g de sucres à index glycémique faible. Ces apports en glucides peuvent être apportés par une boisson pour le sport.

Les protéines

Un match de football provoque plusieurs dommages musculaires. Pour resynthétiser les muscles, l’organisme a besoin d’un apport important en protéines après l’effort. Il faut savoir que toutes les protéines ne se valent pas. Par exemple, les protéines d’origine animale ont une meilleure teneur en acides aminés essentiels, qui sont des protéines très importantes qui ne sont apportées que par l’alimentation.

Il faut aussi savoir que certaines sources d’alimentation sont mieux dotées en protéines par rapport à d'autres, notamment le lait avec la fameuse whey protéine. Pour vous donner un ordre d’idées, 1L de lait contient 30g de protéines tandis que 100g de viandes contiennent 20 à 25g de protéines et que 100g de poissons contiennent 15 à 20g de protéines. À l'inverse, 100g de légumineuses contiennent seulement 8 à 10g de protéines. Ce qui demande des rations conséquentes pour les végétariens. En général, on recommande minimum 1,6g de protéines par kg/j, soit 112g de protéines par jour pour un joueur pesant 70kg.

Ce qui est généralement recommandé, c’est une prise de protéines équilibrée dans la journée plutôt qu’une surcharge lors du dîner ou du déjeuner combinée à une absence de petit-déjeuner. La stratégie la plus efficace, c'est d'avoir des apports toutes les 3/4 heures (soit 4x28g de protéines). À l’instar des glucides, il y a un fort intérêt à prendre une collation riche en protéines juste après un match.

Par contre, il n’y a pas d’intérêt à consommer des protéines juste avant un match, même à petite dose, car cela risque de provoquer une accumulation d'ammoniac dans le sang, ce qui est un toxique pour le Système Nerveux Central et qui va affecter les fonctions cognitives. Les protéines sont à consommer principalement pendant les phases de récupération.

Les lipides

On peut avoir tendance à penser que les graisses doivent être bannies de l’alimentation des footballeurs mais en réalité cette idée est fausse. Les joueurs et joueuses de football ont besoin de graisses mais plus particulièrement de graisses de qualité. Les lipides regroupent justement les acides gras essentiels, qui ne sont pas naturellement fabriqués par l’organisme, et d’autres acides gras non essentiels qu’il faut limiter à défaut de complètement les bannir.

Le bon équilibre entre les acides gras essentiels comme l’oméga 3, que l’on trouve dans l’huile de colza et dans le poisson, et l’oméga 6, que l’on trouve principalement dans les noix, les pépins et l’huile de tournesol ou de maïs, demeure primordial pour prévenir des blessures et favoriser la resynthèse musculaire et énergétique.

En général, la consommation d’oméga 6 est largement excédentaire par rapport à celle d’oméga 3 mais un déséquilibre entre eux peut être néfaste pour la santé. C’est pourquoi il faut veiller à équilibrer le ratio (au minimum 4/1) et limiter également sa consommation de mauvaises graisses contenues dans les viennoiseries ou les fast food. Il ne faut rien s’interdire mais rester raisonnable.

Les micronutriments et les recommandations du l’UEFA

Si les glucides, les protéines et les lipides constituent le trio prioritaire pour répondre aux besoins des joueurs et joueuses de football, il ne faut pas pour autant minimiser l’importance des micronutriments comme les vitamines, que l'on retrouve dans les fruits, ou les minéraux comme le magnésium ou le calcium. Outre ses bienfaits pour consolider les os, le calcium, que l’on retrouve notamment dans les produits laitiers, est très intéressant pour les muscles car il régule la contraction musculaire.

En octobre 2020, l'UEFA publiait les recommandations d'experts en nutrition concernant la pratique de football à haut niveau. Ces experts préconisaient plus précisément 3 à 8g/kg de glucides par jour; 1,6 à 2,2g/kg de protéines par jour; 20 à 35% de bonnes graisses par jour et au moins 700mg de calcium par jour.

Vu qu’il peut être très contraignant de mesurer ses apports nutritionnels au gramme près, nous vous conseillons juste de privilégier des repas équilibrés avec un apport en protéines, en féculents, en produits laitiers, en fruits et en légumes, sans oublier d’équilibrer les graisses. Évidemment, vous pouvez vous faire plaisir de temps en temps avec des fast food mais privilégiez les lendemains de match car cela aura moins de conséquences néfastes pour votre pratique.