Comment le Paris Saint-Germain couve ses Titis ?
À quelques heures d’affronter Helsinki dans le cadre de la Youth League, le Paris Saint-Germain s’impose, aujourd’hui, comme l’une des références en terme de formation. Symbole d’un nouveau virage pris par le club de la capitale.
Longtemps critiqué pour ne pas assez intégrer ses jeunes, le Paris Saint-Germain a finalement opéré un virage stratégique clair : structurer, former et propulser ses talents maison vers le très haut niveau. Dès lors, depuis son inauguration en 2023, le Campus PSG s’est imposé comme l’un des centres névralgiques les plus puissants du football européen. Installé à Poissy dans les Yvelines, ce centre d’entraînement ultra-moderne - entièrement financé par Qatar Sports Investments (QSI) à hauteur de 350 millions d’euros - réunit, aujourd’hui, les équipes masculines, féminines, la préformation, la formation mais également l’association. Un petit coin de paradis niché au milieu d’un vaste domaine verdoyant contrastant largement avec le temps des préfabriqués passés d’âge du Camp des Loges. Plus qu’un simple lieu d’entraînement, il est, aujourd’hui, devenu, une véritable référence. Dans le sillage de Warren Zaïre-Emery - formé au club, intégré progressivement, titulaire indiscutable au PSG et international français à 17 ans, 8 mois et 10 jours (plus jeune joueur de l’histoire moderne de l’équipe de France) - de nombreux jeunes courent désormais après une telle réussite.
À l’écoute, conseillé et protégé par ses aînés comme Presnel Kimpembe, WZE s’est ainsi imposé comme un cadre des champions d’Europe (55 matches disputés la saison dernière, 35 sur 35 possibles cette saison et joueur le plus utilisé de l’effectif). De quoi donner des idées aux nouvelles pépites des Rouge et Bleu, telles que Senny Mayulu, Quentin Ndjantou ou encore Ibrahim Mbaye. Aujourd’hui intégrés à l’effectif professionnel, ces derniers - qui figurent dans les 20 % les plus utilisés en termes de minutes jouées parmi les 800 joueurs de moins de 20 ans étudiés en compétitions nationales et en compétitions européennes - symbolisent finalement la réussite d’un projet donnant la part belle aux jeunes et s’appuyant sur trois piliers essentiels : le sportif, la scolarité et l’éducation. «Le Campus doit permettre de faire comprendre aux jeunes les attentes du très haut niveau. Nous avons cette partie scolaire et socio-éducative car c’est très important pour nous de véhiculer ces valeurs-là en plus de l’aspect sportif. La cité éducative vient confirmer nos ambitions», nous confiait, à ce titre, Yohan Cabaye, directeur sportif du centre de formation et de préformation.
Le Campus PSG, un atout unique
Et d’ajouter : «nous avons obtenu 95% de réussite au bac l’année dernière, c’est au-delà de la moyenne nationale mais nous avons une vraie détermination à faire encore mieux. Les joueurs sont de plus en plus médiatisés de nos jours donc c’est important de savoir bien parler, de maîtriser sa communication, d’avoir une tête bien faite». Buteur en finale de la dernière Ligue des Champions, Mayulu, qui a par ailleurs disputé 34 matches la saison dernière et déjà 27 (sur 35 possibles) cette saison, ne peut qu’approuver ce modèle de réussite, plus que jamais défendu par un certain Luis Enrique. Après avoir atteint la barre des 20 rencontres disputées cette saison, Ndjantou et Mbaye ne sont, eux, pas non plus en reste. Alors forcément, à l’heure où de nombreux Titis (Jangeal, Mbemba & co) visent un premier contrat professionnel dans la capitale française, le Campus PSG s’apparente comme un environnement privilégié pour l’épanouissement des jeunes joueurs, qui plus est dans un contexte où les contrats stagiaires sont, eux aussi, valorisés (Noham Kamara, aujourd’hui prêté à l’OL, s’est régulièrement entraîné avec les professionnels avant de signer son contrat pro).
Pour ceux qui ont fait le choix de voguer vers d’autres horizons, le constat est d’ailleurs saisissant. Désormais sous les couleurs du Cercle de Bruges, Ibrahima Diaby n’a eu droit qu’à 517 minutes de temps de jeu, soit trois fois moins que Vainqueur Diyinu Nzinga, né en 2007 également et toujours au PSG. Parti à Manchester City, Mahamadou Sangaré n’a, lui, pas disputé le moindre match en pro et ne peut même pas se targuer d’être titulaire avec les équipes jeunes. Un constat également applicable à Axel Tape (Bayer Leverkusen), redescendu en Youth League et U19 dernièrement, Étienne Michut (Rio Ave, aucun match avec les pro), Romaric Etonde (AS Monaco, faible temps de jeu avec l’équipe espoirs), Queyrell Tchicamboud (FC Copenhague, désormais en 3e division autrichienne), Abdoulaye Kamara (Borussia Dortmund, désormais en 3e division allemande après n’avoir jamais joué avec les pro). Autant d’exemples symbolisant finalement la force de frappe du Campus PSG et confirmant surtout une célèbre maxime : l’herbe n’est pas toujours plus verte ailleurs.