Paris FC - Lens : les notes du match
Totalement dépassé par un RC Lens clinique et intense, le Paris FC a sombré à Jean-Bouin. Trop fragile défensivement et trop timide offensivement, le PFC n’a jamais réellement existé dans cette rencontre à sens unique (0-5).
Sur le papier, ce Paris FC - Lens offrait bien des motifs d’intérêt. Les Lensois allaient-ils transformer l’essai après le coup d’arrêt du PSG face à Rennes hier ? Qui du champion du monde Florian Thauvin ou du champion d’Europe Ciro Immobile allait faire la différence dans ce duel des extrêmes ? Très vite, les questions ont trouvé leur réponse. Wesley Saïd n’aura eu besoin que de 24 minutes pour éteindre le suspense dans cette rencontre, survolée de bout en bout par les Artésiens (0-5).
Il avait touché le poteau un peu plus tôt dans le match après un super travail de Florian Thauvin, déroutant dans son couloir. Mais il rectifiait le tir à la deuxième tentative : centre de Matthieu Udol, remise d’Odsonne Edouard (on revisite la phrase culte à notre sauce). Saïd ouvrait son pied et ajustait parfaitement Trapp (24e, 0-1). L’Allemand était encore impuissant un quart d’heure plus tard quand, cette fois, le centre venait de droit avec Saud Abdulhamid. Saïd expédiait le ballon sous sa barre (38e, 0-2). Si Dembélé nous a montré qu’on pouvait entamer une mue à 28 ans, le Lensois est en train de réussir la sienne à 30 après avoir été catalogué comme un éternel espoir toute sa carrière.
En ce moment, Lens est touché par la grâce
Lui ne connait pas une simple mue, mais une renaissance cette saison. Passeur décisif contre Rennes le week-end dernier, Florian Thauvin s’est offert son premier but en 2026 sur un penalty obtenu par Abdulhamid (58e, 0-3). L’international tricolore en compte maintenant 6 en Ligue 1 cette saison, un chiffre qu’atteindra peut-être Allan Saint-Maximin d’ici la fin de saison vu l’énergie qu’il met sur chaque entrée.
L’ailier de 28 ans a encore mis le feu ce soir, et il aurait même pu marquer sur l’un de ses premiers ballons après une accélération de dragster dont lui seul a le secret. Il a finalement été passeur décisif pour un autre rentrant, le tout jeune Rayan Fofana (20 ans), auteur de son 4e but en L1 (90e, 0-4), puis de son 5e (90+4e, 0-5). L’addition aurait aussi pu être encore plus salée si le coup de tête de Malang Sarr avait touché le poteau rentrant plutôt que sortant (71e). Peu importe, le vent souffle clairement dans le sens des Lensois en ce moment, sauf lorsqu’ils voyagent à Marseille. Ce soir, Pierre Sage s’endormira en tant que leader de Ligue 1.
- L’Homme du match - Said (8) le milieu offensif a apporté de sacrés dangers dans les derniers mètres du Paris FC. Tout comme Thauvin, il s’est montré opportuniste et agressif pour aller vers l’avant dès les premiers instants de la rencontre. Par ailleurs, sur une contre-attaque, il a trouvé le poteau de Trapp avec une tentative audacieuse. Quelques instants plus tard, une superbe action collective a vu le jour et le joueur expérimenté a servi Thauvin, buteur, mais en position de hors-jeu. Il a ensuite trouvé le chemin des filets avec douceur, grâce à belle remise en une touche de balle d’Odsone Edouard, au cœur de la surface parisienne (24e). Avant la pause, les Nordistes ont établi des circuits de passes de grandes qualités, ce qui a permis au milieu offensif d’enfoncer le clou avec une frappe à bout portant (38e). Un doublé ainsi effectué en 14 minutes. Après la pause, il a une nouvelle fois apporté de la classe et de la sérénité dans les phases offensives de la formation nordiste. Remplacé par Allan Saint-Maximin (69e) qui avait marqué lors de sa première sous la tunique lensoise et qui a encore été décisif ce soir. L’attaquant a offert deux passes décisives à Fofana, notifiant un quatrième puis un cinquième but, purement mérité côté jaune et rouge (90e, 90+5).
Paris FC
- Trapp (3) : score lourd, mais pas un naufrage individuel. Totalement impuissant sur les deux frappes de Saïd, dont une dans la lucarne, puis battu sur un penalty parfaitement exécuté par Thauvin. Il évite même une addition plus salée avec l’aide de son poteau et quelques prises sûres. Peu aidé par une défense souvent dépassée.
- Coppola (3,5) : solide dans les duels et auteur d’un retour salvateur sur un centre dangereux. Il a parfois colmaté les brèches laissées par ses partenaires et n’a pas hésité à aller au combat. Mais comme toute sa défense, il a trop souvent été en retard sur les mouvements collectifs lensois.
- Kolodziejczak (3) : une première période compliquée. Il repousse un coup franc dangereux de la tête, mais a souffert face aux appels tranchants de Saïd et Édouard. Pris dans la profondeur et parfois dépassé par la vivacité adverse. Il échappe même à un carton sur une charge grossière. Une soirée compliquée pour le capitaine parisien.
- Otavio (2,5) : une première période correcte balayée par sa faute évitable sur Abdulhamid. Son intervention dans la surface offre un penalty à Lens et tue presque tout suspense. Dommage, car il s’était montré entreprenant offensivement en début de seconde période avec une frappe dangereuse repoussée par Risser. Mais sa faute évitable sur Abdulhamid, dans le dos de la défense, offre le penalty du 3-0 et plombe totalement son équipe. Un tournant négatif majeur. Remplacé par Moustapha Mbow (74e).
- Sangui (3) : il a eu du mal à exister dans l’entrejeu. Souvent contraint de défendre en reculant, il n’a pas réussi à poser le jeu ni à soulager sa défense. Trop effacé dans l’impact et dans l’utilisation du ballon. Il souffre énormément dans le milieu. Dépassé par l’intensité et le volume lensois, il peine à exister dans les duels et ne parvient pas à ralentir le tempo adverse. Souvent dépassé par le rythme, il n’a pas pesé dans l’orientation du jeu.
- Matondo (3,5) : appliqué dans l’impact, parfois à la limite, comme sur Thomasson. Il a tenté de contenir les débordements lensois sans toujours y parvenir. Offensivement discret, il a surtout subi les séquences longues des Sang et Or. Toujours combatif, mais dépassé par les vagues lensoises. Il a du mal à contenir les projections adverses et n’apporte pas suffisamment offensivement pour compenser.
- Kebbal (4,5) : volontaire et souvent à l’initiative des offensives parisiennes. Il a tenté d’apporter du déséquilibre, provoquant et cherchant des solutions, mais son déchet technique et son manque de précision dans les centres ont limité son influence. Combatif malgré tout. Il a été l’un des rares à tenter. Sa percée à l’heure de jeu, en slalom entre plusieurs Lensois, symbolise sa volonté de ne pas lâcher. Il reste imprécis, mais au moins, il a apporté un peu de rébellion. Tout n’a pas été juste, mais il a été l’un des rares à tenter de faire bouger les lignes.
- Lopez (4) : discret dans la construction. Il a vu une tentative facilement captée par Risser, mais son influence dans le jeu reste trop faible. Lens a largement pris le dessus au milieu. Noyé dans la bataille du milieu. Peu influent, rarement trouvé entre les lignes, il ne parvient pas à donner du liant au jeu parisien. Remplacé par Pierre Lees Melou (81e).
- Munetsi (3,5) : intéressant dans ses projections. Sa percée conclue par une frappe cadrée a apporté un frisson. Il a tenté de casser les lignes par la course, mais manque encore de justesse dans le dernier geste. Actif par séquences, mais trop intermittent. Sa projection balle au pied en première période reste sa meilleure action. On l’a moins vu à mesure que Lens a pris le large. Il cède sa place sans avoir réellement pesé. Remplacé par Vincent Marchetti (74e).
- Koleosho (3,5) : peu en vue sur son aile. Il n’a pas réussi à peser sur son couloir ni à créer de véritables différences. Défensivement sollicité, offensivement trop timide. Trop discret. Il ne fait pas les différences attendues sur son aile et recule plus qu’il n’attaque. Lens contrôle totalement son couloir. Remplacé par Moses Simon (74e).
- Immobile (3) : une reprise contrée et quelques décrochages intéressants, mais l’Italien a été trop isolé. Peu servi dans de bonnes conditions, il n’a pas réussi à faire basculer le rapport de force face à la charnière lensoise. Frustrant pour un joueur de son calibre. Frustration visible. Peu servi, obligé de décrocher loin du but. Sa tentative lointaine ne trouve pas le cadre. Trop isolé et trop peu dangereux pour peser sur cette rencontre. Sorti sans avoir pu s’exprimer. Remplacé par Jean-Philippe Krasso (74e).
RC Lens
- Risser (6) : avec son numéro 40 dans le dos, le portier n’a presque rien eu à faire en première période. Peu inquiété par les assauts parisiens, mais surtout aidé avec une grande intelligence par ses défenseurs, le rempart lensois a semblé très serein. Prêt à sortir la parade au moment voulu, il est resté concentré et adroit, sans briller pour autant sur sa ligne. En seconde période, il a tout de même dû s’interposer sur quelques frappes anecdotiques, mais n’a pas tremblé pour autant. Devant un trio défensif capable de faire reculer les attaquants, le gardien a eu le temps d’apprécier la partie sans être pris de court.
- Celik (6) : malgré son jeune âge, le Bosnien a semblé serein dès les premières minutes de la rencontre. Le joueur de 19 ans s’est affirmé pour contrer les frappes parisiennes et a su rassurer ses partenaires grâce à sa qualité principale : le jeu de corps. Prêt à mettre l’épaule devant Immobile, propre à la relance et bien aligné avec sa défense, celui-ci a montré toute son implication et son application durant les quarante-cinq premières minutes de la partie. Ensuite, les Parisiens ont tenté quelques frappes pour réduire l’écart, mais il n’a pas lâché l’affaire. Un peu plus dans le dur durant les derniers instants de la rencontre.
- Ganiou (6) : au cœur d’une défense à trois, le numéro 25 n’a pas eu l’occasion de se montrer en première période. Étant donné que les Parisiens n’ont pas brillé devant la surface de Risser, l’arrière central a semblé dans un confort optimal. Entouré par des coéquipiers au caractère de guerrier, celui-ci a tenu bon sans pour autant briller, soit en s’imposant dans les airs soit en calmant les assauts du Paris FC. Puissant, jamais tremblant, il a continué son job avec un professionnalisme au retour des vestiaires.
- Sarr (6,5) : placé juste derrière Udol, l’arrière central a eu du travail dès les premières minutes. Cependant, rien ne parait lui avoir fait peur. Auteur de retours monumentaux, il s’est montré agressif, régulier et juste. Son incroyable puissance a notamment vu le jour après la demi-heure de jeu, à la suite d’une contre-attaque d’Otavio, nettement stoppé par le défenseur. Bien en place avec ses coéquipiers, il s’est appliqué pour ne pas faire de fautes et proposer une fluidité dans ses relances vers l’avant. À la couverture, il a été capable d’anticiper et d’intervenir avec rigueur dans sa zone, et ce, pendant toute la première période. À la suite d’un centre, le défenseur s’est interposé avec une tête revancharde, qui a finalement fini sur le poteau droit de Trapp.
- Abdulhamid (7) : à l’image des joueurs offensifs de son équipe, il a été irréprochable en première période, particulièrement dans les phases de possession où il a couru et proposé sans cesse. Prêt à revenir défendre sur son couloir droit comme un ailier, le piston s’est montré volontaire et disponible. C’est d’ailleurs lui qui réalise une offrande audacieuse à Said, à la suite d’un mouvement collectif de grande classe, pourtant entamé dans la moitié de terrain nordiste (38e). Comme si l’intensité qu’il avait émise en première période n’avait pas suffi, au retour des vestiaires, il a réalisé un joli une-deux avec Thauvin sur le côté droit et a obtenu un penalty. Celui-ci a ensuite été transformé (58e).
- Thomasson (6) : le capitaine lensois, tout comme Sangaré, a démontré toute son implication dans les systèmes de passes et les relances. Avec son expérience, il ne s’est pas fait avoir par le surnombre parisien. Déterminé à aller décrocher un succès dans la capitale, il n’a pas compté les efforts, mais a compté sur une force collective. Il a tourné autour des Parisiens pour créer du doute et a réalisé des mouvements dans l’intervalle. Lors des situations de surnombre, chose qui a facilité la soirée aux Lensois lorsque leurs adversaires n’étaient pas attentifs au marquage, il a apporté sa vivacité.
- Sangaré (7) : positionné en pivot devant la défense, plus bas que Thomasson, le milieu de terrain a effectué une bonne entame de match avec un alignement rigoureux. Quelques fois devant ses milieux offensifs, pour permuter avec le capitaine au cours de circuits de passes, il s’est montré confiant et appliqué, notamment durant les contres où il a fallu réfléchir plus vite que l’adversaire. Ses coéquipiers l’ont d’ailleurs aidé à organiser un jeu fluide et il a ainsi proposé plusieurs fois ses services dans l’entrejeu, capable d’apporter dans ces mouvements, sa finesse, mais également sa combativité. Malheureusement pour lui, une blessure l’a contraint à quitter le terrain. Remplacé Andrija Bulatovic (48e), qui a aidé ses coéquipiers à briller dans la capitale, amenant une fraîcheur garantie et toujours plus de folie dans la surface parisienne.
- Udol (7) : concentré et désireux de vouloir apporter du danger dans son couloir gauche en phase offensive, le piston lensois s’est montré adroit. Sans véritablement employer sa force et sa hargne habituelles, il a maîtrisé son sujet en première période. Il a d’ailleurs souvent été le joueur qui proposait dans les petits espaces, afin d’élargir le jeu et de créer un déséquilibre total chez les Parisiens. En pleine forme, il n’a pas réellement eu de problème à faire les allers-retours dans les deux moitiés de terrain. Après l’heure de jeu, celui-ci a brillé, et pas qu’un peu. Son talent a ébloui les Parisiens qui se sont perdus dans ses crochets et sa maîtrise balle au pied. Prêt à se battre coûte que coûte, il s’est mis en action jusqu’à sa sortie. Remplacé par Arthur Masuaku (90+1).
- Thauvin (7) : en feu sur son aile droite, malgré son rôle de milieu offensif, le champion du monde 2018 a réalisé une grande première période. Que ce soit dans son couloir, avec ou sans ballon, il n’a pas compté les efforts pour gratter des ballons et réaliser des courses folles. Avec une technicité au-dessus de la moyenne, il a trouvé des failles dans la défense parisienne et s’est fait plaisir dans le un-contre-un. Il a d’ailleurs pensé ouvrir le score à la suite d’un mouvement collectif, mais un hors-jeu a finalement été signalé dans la foulée. Les minutes sont passées et ses efforts ont continué à sublimer le jeu lensois. Juste avant le retour des vestiaires, il est parti au but pensant inscrire le troisième but de la soirée, mais celui-ci s’est finalement fait stopper à la régulière. Finalement, c’est juste avant l’heure de jeu qu’il a permis à sa troupe de prendre le large avec un penalty, brillamment transformé (58e). Remplacé par Abdallah Sima (90+1).
- Saïd (8) : voir ci-dessus
- Édouard (6) : buteur face à Rennes la semaine passée, l’attaquant, seul en pointe, a une nouvelle fois démontré que son rôle était crucial pour faire gagner son équipe. Dès l’entame de match, il a effectué un pressing de qualité et apporté du doute chez les joueurs défensifs de la capitale. Puis, les Lensois ont persévéré, ce qui a payé. À la suite d’un mouvement collectif côté gauche, le joueur de 28 ans s’est présenté dos au but de Trapp afin de délivrer une passe décisive à Said (24e). Puis, il a vécu la même malédiction que Thauvin, puisqu’il a, lui aussi, mis le ballon au fond des filets du portier allemand, en position de hors-jeu. Accompagné par une équipe talentueuse, il a pu rayonner sans forcer et s’est fait oublier par la défense avant de sortir du terrain. Remplacé par Rayan Fofana (69e) qui a trouvé le chemin du but avec un tir rasant dans les dernières minutes de la rencontre (90e), puis s’est même offert un doublé phénoménal quatre minutes plus tard (90+5).