OM : Habib Beye prend déjà très cher
Les doutes, voire une forme de sidération, ont escorté sa nomination sur le banc de touche de l’OM. Et les trois premiers matches vécus en tant qu’entraîneur du club phocéen n’ont pas arrangé les choses, bien au contraire…
Nul doute qu’Habib Beye aurait préféré voir son nom accolé à celui d’une conquête de la Coupe de France pour la première fois depuis 1989 qu’à un triste record : celui d’être le premier entraîneur à être éliminé deux fois la même saison dans cette compétition. Nommé le 18 février après avoir été limogé le 9 février au Stade Rennais, le coach français n’a donc pas réalisé de miracle auprès d’un effectif moralement touché, incapable de la moindre régularité dans les résultats.
Pour son intronisation, Beye a vu son équipe s’effondrer à Brest, presque sans combattre, avant de réaliser un Olympico plein d’intensité et de détermination, puis de s’écrouler face à un Toulouse concentré. Trois matches, une défaite, une victoire à l’arrachée et une élimination. De quoi alimenter les doutes, nombreux, qui escortent le principe même de sa nomination.
Les doutes sur le niveau de Beye
Le quotidien La Provence souligne déjà les erreurs d’un technicien passé du rêve d’entraîner l’OM au cauchemar d’une fin de saison en roue libre. « Je l’adore, mais le costume est trop grand », lâche un ancien coéquipier de Beye cité par le journal provençal, qui hallucine toujours devant le choix effectué par les dirigeants olympiens. « Il n’y a d’ailleurs que dans le monde du foot qu’un entraîneur viré retrouve du boulot neuf jours plus tard, dans un endroit encore plus exposé pour un poste encore plus prestigieux. »
De son analyse initiale (« l’OM n’est pas malade ») à sa légitimité (« je n’ai rien à prouver ») en passant par ses premiers échecs (« On savait que leur force était les coups de pied arrêtés, on l’avait travaillé… mais on prend deux buts sur corner », après le match contre Toulouse), Habib Beye ne convainc pas vraiment avec son discours, pourtant parfaitement maîtrisé, dans un exercice médiatique où il excelle. Personne ne doute de sa sincérité, beaucoup plus de sa capacité à mettre en œuvre les solutions pour résoudre au moins quelques problèmes.
Le cas Balerdi
Le cas Leonardo Balerdi est un exemple flagrant de premiers choix douteux. Si la concurrence directe n’a pas vraiment donné satisfaction cette saison (Pavard, Egan-Riley), le défenseur argentin a suffisamment plombé son équipe pour mériter un tour sur le banc de touche au changement d’entraîneur. Mais il a été titularisé à chaque fois par Habib Beye (sauf à Brest car suspendu) pour deux prestations médiocres (défenseur le plus mal noté lors de la victoire face à l’OL). Il lui a même remis le brassard face à Toulouse en l’absence d’Hojbjerg. Avec la réussite que l’on sait…
La séance de tirs au but a également révélé quelques failles potentielles dans l’autorité du coach. Souvent, les entraîneurs laissent les joueurs dire qui se sent prêt à assumer la responsabilité d’un tir au but. Et Beye a choisi cette voie, quitte à laisser Balerdi, touché psychologiquement par des échecs dans cet exercice et rejeté par une large partie du public, et Nwaneri, jeune et dont l’avenir se trouve loin de Marseille, tirer. Il aurait aussi pu inciter Hamed Junior Traoré, rentré à la 87e minute à la place de Paixao, ou encore Kondogbia, l’un des cadres, à prendre leur courage à deux mains dans cette situation tendue.
L’OM annonce donc, une nouvelle fois, se réfugier dans le travail, après avoir déjà utilisé la carte de la mise au vert, à Marbella, avant l’Olympico. Verra-t-on un jour le résultat de ce travail acharné ? Réponse à Toulouse ce week-end, avant de retrouver deux fois de suite le Vélodrome face à Auxerre puis Lille. Deux matches à ne pas louper pour espérer décrocher une qualification en Ligue des Champions, désormais le minimum à atteindre pour ne pas saccager totalement la saison.
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