PSG : l'insurmontable problème du milieu

Totalement dominé et sans solution, l'entrejeu parisien a énormément souffert contre le RB Leipzig, rappelant que ce secteur du jeu est toujours en chantier. Malgré les essais de Thomas Tuchel et les apports du mercato. Seul Marco Verratti tient son rang.

Ander Herrera sous la pression de Sabitzer
Ander Herrera sous la pression de Sabitzer ©Maxppp
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Marquinhos de retour en défense, Danilo en sentinelle, retour de Paredes en Ligue des Champions et Herrera pour le volume de jeu. Sur le papier, Thomas Tuchel pouvait difficilement faire mieux par rapport aux forces en présence dans son effectif, avec un Marco Verratti encore trop court pour démarrer la rencontre. Mais dans les faits, le milieu parisien a pris l'eau face au RB Leipzig mardi soir. Le PSG avait décidé de jouer bloc bas, ce qui favorise généralement le travail des milieux, plus proches de l'adversaire. Ce n'est pas cela qu'on a aperçu des tribunes, mais bien une doublette Paredes-Herrera un peu perdue sur le pré, à subir les vagues allemandes.

L'Argentin et l'Espagnol ont énormément couru dans le vide et derrière le ballon. L'une des raisons de la faible possession parisienne (38 %) se trouve dans l'exploitation du cuir par les deux relayeurs du soir. Paredes a balancé vers l'avant très souvent en espérant jouer sur la vitesse de Mbappé. Herrera, lui, a eu toutes les peines du monde à se retourner avec le ballon et a essentiellement joué vers l'arrière. Et quand Neymar n'est pas dans un grand soir pour organiser le tout, les carences évoquées plus haut sautent aux yeux. Derrière eux, en sentinelle, Danilo a lui aussi été baladé, et sa lenteur dans les déplacements l'a empêché d'être au plus près des mobiles milieux de Leipzig. Le Portugais s'en est finalement mieux sorti dans la défense à trois, sauvant quelques coups en fin de rencontre.

Verratti l'indispensable

En conférence de presse, Thomas Tuchel a évoqué son choix tactique, expliquant pourquoi il avait privilégié le 4-3-3 alors qu'un 4-4-2 était attendu, avec Moise Kean. « On a beaucoup pensé au 4-4-2 cette semaine, avant le match, j'aime beaucoup le 4-4-2 dans des matches comme ça. On l'a fait contre Liverpool ou Dortmund. Mais on a joué avec toute la capacité physique. Pour un 4-4-2, les 4 joueurs offensifs doivent beaucoup travailler. On a parlé beaucoup avec les joueurs, ils ne se sentent pas assez sécurisés dans le 4-4-2. C'était nécessaire d'avoir beaucoup de récupération, de défendre sur beaucoup de centres.C'est plus facile pour nous, en ce moment, dans un 4-3-3. Au Portugal on a joué en 4-3-3 car nous sommes l'équipe qui avons joué après trois mois sans entraînement contre des équipes qui avaient fini le championnat. C'est un peu la même situation aujourd'hui. On a commencé juste avant la Ligue des Champions, nous sommes l'équipe qui a joué 11 fois en championnat (et 3 en Ligue des Champions, ndlr) avec 92 blessures pendant ces 14 matches. Pour cette raison, ce n'était pas le moment malheureusement de jouer en 4-4-2. Je ne peux pas dire si le match sera plus beau, avec plus d'occasions. (…) On a pris cette décision, si j'ai fait une erreur, ok, mais je dois prendre la décision avant le match. On a gagné et on peut continuer. »

La prestation collective décevante contre Leipzig relance le débat de l'impact du milieu parisien sur le jeu de l'équipe. Ce milieu autrefois si dominateur dont le seul rescapé en est encore le meilleur représentant. L'entrée en jeu de Marco Verratti, pour quelques minutes seulement en fin de match, a changé le visage de son équipe. Le petit Italien a tenu le ballon dans le camp adverse, a été à l'initiative de la seule action parisienne après la pause avec la frappe de Rafinha, et a surtout été cherché en permanence par ses partenaires. Le PSG a empilé les milieux de terrain aux rôles parfois toujours incertains, comme Paredes, Herrera, Gueye et plus récemment Danilo et Rafinha, mais aucun ne se dégage définitivement pour composer un duo efficace avec Verratti, sans parler de l'éternelle quête de la sentinelle. Pour Tuchel, finalement, la réflexion est simple : il faut surtout espérer que Marco Verratti soit disponible le plus souvent possible.

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