Recettes, droits TV, cashprize : l’Euro féminin 2025, un tournant historique pour le football européen ?
Avec des primes record, une affluence jamais vue et un soutien accru aux clubs formateurs, l’Euro féminin 2025 veut s’imposer comme un événement clé pour le football féminin en Europe.

Le football féminin européen est-il sur le point de franchir un nouveau cap ? C’est en tout cas l’ambition affichée par l’UEFA, les fédérations nationales et les joueuses elles-mêmes. À l’approche du championnat d’Europe qui débute ce mercredi 2 juillet, l’UEFA a mis les moyens pour faire de cet événement un véritable tournant. L’instance européenne a annoncé un prize money total de 41 millions d’euros, soit une augmentation de 156 % par rapport à l’édition précédente, organisée en 2022 en Angleterre. Selon un porte-parole de l’UEFA, cette hausse témoigne de la volonté de « reconnaître à leur juste valeur les performances des joueuses et de renforcer l’attractivité du tournoi ». Chaque équipe percevra une prime de participation de 1,8 million d’euros, avec des bonus supplémentaires pour les victoires et les matchs nuls en phase de groupes, portant la récompense maximale à 5,1 millions d’euros pour le vainqueur.
Du côté des clubs, ceux qui libéreront leurs joueuses pour l’Euro 2025 bénéficieront d’une indemnisation totale de 6 millions d’euros, en hausse de 33 % par rapport à l’édition précédente, soit environ 657 euros par joueuse et par jour de mise à disposition. Pour mettre ces chiffres en perspective, lors de l’Euro masculin 2024, les clubs affiliés à l’UEFA avaient reçu entre 3 300 et 10 000 euros par joueur et par jour, selon une analyse de Ouest-France. Quant aux sélections nationales, celles qui atteindront les quarts de finale, les demi-finales ou la finale en Suisse toucheront respectivement 550 000, 700 000 et 850 000 euros. En comparaison, lors de l’Euro masculin 2024 en Allemagne, les montants distribués aux équipes à ces mêmes étapes étaient nettement plus élevés : 2,5, 4 et 5 millions d’euros.
Des dotations et des droits TV en hausse
Pour ce qui est des droits TV, il y a là aussi une amélioration notable. En France, les droits télévisés de l’Euro féminin 2025 ont été acquis par TF1 pour un montant d’environ 20 millions d’euros, ce qui constitue un record historique pour une compétition féminine dans l’Hexagone. Ce budget marque une nette progression par rapport aux éditions précédentes. Cependant, selon L’Équipe, TF1 a opté pour une stratégie de sous-licence partielle en cédant à France Télévisions les droits de diffusion de 12 rencontres, dont le match France–Pays de Galles en phase de groupes. Au Royaume-Uni, la BBC et ITV se partagent la diffusion de l’Euro féminin 2025, avec une diffusion simultanée de la finale pour maximiser l’audience sur l’ensemble du territoire. En Allemagne, ce sont les chaînes publiques ARD et ZDF qui détiennent les droits, tandis qu’en Espagne, la compétition sera retransmise sur RTVE.
Ces accords traduisent une montée en puissance des droits télévisés du football féminin à travers l’Europe. Selon plusieurs analyses de marché, les revenus liés à ces droits pourraient atteindre près de 100 millions de dollars pour cet Euro, soit une hausse spectaculaire de 142 % par rapport à l’édition de 2022. Ce phénomène illustre la croissance économique et médiatique rapide du football féminin à l’échelle mondiale. Il est toutefois important de rappeler qu’en matière de retombées économiques, la situation reste complexe tant que toutes les ligues ne s’impliquent pas pleinement dans le développement du football féminin. Sans une participation homogène et un soutien fort de l’ensemble des championnats européens, les revenus générés par la compétition risquent de rester limités et de freiner la croissance durable de la discipline.
Plus de 600 000 billets vendus
Côté billetterie, l’Euro 2025 fait également sensation. Plus de 600 000 billets ont déjà été vendus pour l’Euro féminin organisé en Suisse, un nouveau record pour la compétition, selon l’UEFA. Ce chiffre dépasse celui de l’édition 2022 en Angleterre, où 574 875 billets avaient été écoulés, un record à l’époque bien au-dessus des 247 041 spectateurs présents lors de l’Euro 2017 aux Pays-Bas. L’UEFA précise que 35 % des billets vendus ont été achetés à l’étranger. Parmi les supporters internationaux attendus, on compte « 61 000 Allemands, 41 000 Anglais, 16 000 Français, 15 000 Néerlandais et 5 000 Américains », a indiqué Nadine Kessler, responsable du football féminin à l’UEFA. Cette affluence internationale « témoigne de l’engouement croissant pour le football féminin à l’échelle mondiale ».
En savoir plus sur