Au bout d’un match pénible où la réussite l’aura fui, le PSG s’est imposé 1-0 contre Nice grâce à Gonçalo Ramos sur le fil. Les Parisiens restent leaders du championnat.
Au Parc des Princes, l’après-midi avait tout d’un rendez-vous déjà crucial pour le PSG, désireux de rebondir après son nul frustrant contre Lorient en milieu de semaine. Face à lui, Nice arrivait lancé par trois succès consécutifs en Ligue 1, bien déterminé à poursuivre sa série et à frapper un grand coup dans la capitale. Luis Enrique misait sur un 4-3-3 avec Chevalier dans les buts, une défense Hakimi-Zabarnyi-Pacho-Nuno Mendes, un milieu Neves-Vitinha-Zaïre-Emery et un trio offensif Barcola-Mayulu-Kvaratskhelia. En face, Franck Haise optait pour un 5-4-1 compact et discipliné, avec Diouf dans la cage, une ligne défensive Bard-Oppong-Bah-Abdi, un milieu Mendy-Sanson-Louchet-Boudaoui et Gouveia en soutien de Jansson seul en pointe. François Letexier donnait le coup d’envoi d’un match qui s’annonçait fermé, entre un PSG tourné vers la possession et des Niçois prêts à cadenasser les espaces.
La première période a rapidement confirmé le scénario attendu : Paris a monopolisé le ballon, mais rompre la muraille niçoise a été une autre histoire. Neves a tenté d’allumer la première mèche d’une frappe contrée aux 20 mètres après une séquence patiente (5e). Puis Barcola a chauffé Diouf d’une frappe enroulée après un joli travail côté gauche, le portier niçois s’étendant parfaitement (14e). Kvaratskhelia, très inspiré, s’est amusé côté droit mais a vu Oppong contrer sa tentative dans la surface (18e). Malgré cette domination écrasante, symbolisée par 90 % de possession dans le premier quart d’heure, Paris a manqué de tranchant. Nice, discret et discipliné, a sorti la tête de l’eau : Sanson a armé la première frappe azuréenne après une transition rapide (31e), puis Bah a failli faire taire le Parc sur un corner, mais Kvaratskhelia a sauvé miraculeusement sur sa ligne avant que Chevalier ne s’empare du ballon dans la confusion (32e). Vitinha (36e) puis Barcola, maladroit face au but après un cafouillage (39e), ont tous manqué encore le cadre, tandis que les duels se durcissaient en fin de période (42e). Malgré l’emprise parisienne, les filets restaient inviolés au repos.
Le sauveur se nomme (encore) Ramos
Au retour des vestiaires, le PSG a haussé le ton et multiplié les assauts, déterminé à débloquer enfin la situation. D’entrée, Hakimi a trouvé Barcola en retrait, mais l’ailier a encore manqué le cadre dans une position idéale (46e). Neves a ensuite frôlé l’ouverture du score d’une frappe croisée effleurant le poteau après une déviation d’Oppong (53e), avant que Zaïre-Emery ne teste une nouvelle fois Diouf, vigilant sur cette tentative lointaine (57e). Paris a continué d’appuyer : Mayulu a frappé sans précision (58e), puis Kvaratskhelia et Barcola ont successivement manqué la cible de la tête sur des centres venus de la gauche (60e, 65e). Les entrées de Dembélé, Lee et Ramos ont apporté de la fraîcheur offensive, sans pour autant faire sauter le verrou. Dembélé a eu une énorme opportunité au premier poteau sur un centre de Kvaratskhelia, mais il a complètement manqué sa talonnade (76e). La pression parisienne est devenue étouffante, Nice repoussant plusieurs ballons brûlants dans sa surface au prix de contres héroïques (77e). Ramos a alors cru délivrer le Parc d’une superbe frappe pivot qui est venue lécher l’équerre de Diouf, battu sur l’action (80e), avant que le Portugais ne tente encore sa chance de la tête sur un centre de Lee, sans danger cette fois pour le gardien niçois (80e). Toujours dominateur, Ruiz n’a pas réussi à sa tête au second poteau après un centre venu de la droite signé Dembélé (85e).
Sur une belle percée, Boudaoui a lancé Mendy en profondeur, mais Pacho est revenu à temps et Chevalier a capté sa frappe du gauche (89e). Alors que le match semblait se diriger vers un nul frustrant pour le PSG, l’équipe de Luis Enrique a trouvé la délivrance dans les toutes dernières secondes. Sur un corner joué rapidement, Nuno Mendes a combiné avec Ruiz avant de trouver Kvaratskhelia, dont le centre a été repris de la tête par Ramos. Diouf a encore détourné la tentative au-dessus de sa barre (90'+4), mais dans la foulée, Lee a tiré un nouveau corner à droite. Kvaratskhelia a dévié de la tête et Ramos a surgi au second poteau pour marquer d’un coup de tête parfait, offrant la victoire au PSG dans les arrêts de jeu (90e+5). Au terme d’un match haletant, le PSG a ainsi remporté une victoire inespérée et précieuse au Parc des Princes (1-0). Ce succès permet aux Parisiens de respirer au classement avant le match de l’OM ce soir et de préparer sereinement leur déplacement à Lyon le week-end prochain. Nice, fidèle à son plan défensif et courageux tout au long de la rencontre, repart avec une défaite cruelle mais pourra se concentrer sur son match européen face à Fribourg avant de défier le FC Metz. Une fin de match dramatique qui souligne à la fois le courage niçois et la persévérance parisienne, capable de faire basculer une rencontre jusqu’à la dernière seconde.
-Homme du match : Diouf (8,5) : titularisé dans les cages niçoises depuis son arrivée en provenance de Reims l’été dernier, Yehvann Diouf n’a pas eu grand-chose à faire jusqu’à la 39e minute, où il s’est imposé sur une reprise du genou d’Hakimi à bout portant : le Marocain était de toute façon signalé hors-jeu. Quelques instants plus tard, dans la surface, Barcola a tenté une frappe du gauche, assez molle, que Diouf a captée en deux temps (40e). Sur un centre vicieux de Kvaratskhelia sur le côté droit, Diouf est très bien sorti pour capter le ballon (52e). Le portier a encore réalisé une parade exceptionnelle à la 68e, sur une frappe limpide de Vitinha. Ramos a failli ouvrir le score à la 79e, mais sa tentative de la tête a, une nouvelle fois, terminé dans les gants de Diouf. Quelques secondes plus tard, Ramos a trouvé le poteau droit : Diouf était battu. Diouf a cru sauver les siens à la 93e, mais Ramos a crucifié l’OGC Nice sur corner à la dernière seconde (94e).
PSG :
- Chevalier (6) : autant dire qu’il aurait pu sortir un livre et une chaise longue en première période, où il a davantage été spectateur qu’acteur. Nice n’a pas cadré une seule frappe, et ses seules interventions furent sur corner. Il reste en alerte sur les rares situations niçoise en seconde période. Difficile de le juger sur pièce dans ce genre de match.
- Hakimi (6) : ce qui reste assez bluffant, c’est l’énergie qu’il a à revendre à chaque nouveau match. Le Marocain s’est aussi essayé à la frappe plusieurs fois, mais sans sa réussite habituelle en revanche. Ses tentatives ont été contrées ou repoussées par un très bon Diouf. Même si Franck Haise avait tenté d’éteindre son influence dans le couloir avec un deuxième homme, il a souvent réussi à s’en sortir par la porte dérobée. Beaucoup de montées et beaucoup de centres malgré du déchet.
- Zabarnyi (5) : dans cette configuration d’attaque-défense, il n’a pas réellement été mis à l’épreuve. Son rôle s’est limité à faire naviguer le ballon, surtout vers ses latéraux. Les actions niçoises ont rarement abouti à quelque chose de concret dans sa zone. Il n’a en revanche pas toujours respiré la sérénité dans ses interventions, comme lorsqu’il met la semelle sur la cheville d’Abdi (62e), qui lui vaut un carton jaune.
- Pacho (6,5) : à l’image de Zabarnyi, il a connu des soirées plus agitées que face à Nice. En première période, il a barré la route à qui osait venir s’aventurer chez lui, et Jansson en a fait les frais. Des interventions pleines d’autorité, de la sérénité avec et sans ballon. Il a aussi allongé quand le jeu s’y prêtait. Sans incidence heureusement, il se fait éliminer trop facilement par Boga (82e), qui bute sur Chevalier.
- Mendes (5) : comme pour Hakimi de l’autre côté, Franck Haise avait prévu de limiter son influence avec le soutien d’un deuxième, voire parfois d’un troisième homme sur le porteur. Globalement, les Niçois l’ont mis hors d’état de nuire en première période, mais il ne lui a fallu qu’une seule fenêtre pour se montrer dangereux avec un centre téléguidé pour Hakimi. Si on l’a beaucoup vu monter après la pause, Antoine Mendy a sorti le match quasi parfait face à lui.
- Zaïre-Emery (5,5) : excellent depuis plusieurs semaines, le milieu de 19 ans a passé la rencontre légèrement plus en retrait, mais sans être mauvais pour autant. Il a sans cesse cherché à apporter de la verticalité par la passe, par ses projections, et il a aussi pris ses responsabilités par la frappe. Défensivement en revanche, il a été plus permissif qu’à l’accoutumée, notamment en seconde période où Sofiane Diop lui a fait mal avant de sortir. Remplacé par Dembélé (72e), proche de marquer d’une madjer. Ses déplacements et sa disponibilité ont apporté de l’incertitude.
- Vitinha (7) : son pied droit est une main. Ce soir encore, c’est lui le maître des horloges, celui qui dicte le tempo de la rencontre. Il fait voyager le ballon comme peu d’autres, et chacune de ses progressions balle au pied a fait souffler un vent de panique chez l’adversaire. A la pause, il avait déjà touché 89 ballons, seulement 7 de moins que les onze Niçois réunis. Diouf lui refuse un but sur sa frappe magnifique aux 25 mètres (69e).
- Neves (4) : il a marché à l’ombre lors des 45 premières minutes. Plusieurs pertes de balle évitables, et la sensation qu’il était assez loin quand Nice était en possession du ballon. Une frappe dangereuse au retour des vestiaires, et puis c’est à peu près tout. On était loin des standards habituels de Joao Neves. Remplacé par Ruiz (65e), dont l’entrée a coïncidé avec les nombreux temps forts parisiens. Il a apporté du danger sur plusieurs situations.
- Kvaratskhelia (7,5) : il a fait vivre un calvaire à Melvin Bard sur plusieurs séquences lors du premier acte : des changements de rythme, des feintes de corps, un petit pont, et il a été le détonateur parisien sur les offensives parisiennes. On a senti que c’était de lui que pouvait venir l’étincelle, et les défenseurs niçois, souvent sur les talons, aussi. Il prolonge parfaitement le centre de Lee pour le but de Ramos sur corner (90+4e).
- Mayulu (4,5) : dans ce rôle de joueur entre les lignes, tantôt comme relayeur, tantôt comme faux numéro neuf, il a tenté de varier les dangers et les mouvements, mais pas toujours avec réussite. Il reste perfectible dans la zone de vérité, à l’image de sa frappe au point de penalty qu’il doit cadrer (46e), ou de celle du pied gauche après sa belle inspiration (58e). Remplacé par Ramos (72e), proche de faire la différence d’entrée. Une première tête captée par Diouf, puis une frappe en première intention venue tutoyer le poteau du gardien sénégalais, resté cloué sur sa ligne. Il bute encore sur le Sénégalais de la tête, avant de libérer son équipe dans la foulée sur corner (90+4e).
- Barcola (3,5) : trop peu de différences par le dribble, et il a encore péché dans le dernier geste. Il doit être plus saignant, plus tueur, plus animé par l’envie d’enfoncer le gardien dans ses propres filets. Il caviarde une occasion en or seul au point de penalty en tirant du gauche sur Diouf (39e), et s’est rendu coupable d’un taux de déchet trop important. Deux bons centres pour Kvaratskhelia et Mayulu en seconde période, puis il s’est éteint. Remplacé par Lee (65e), qui a apporté de la vie et du rythme. C’est lui qui tire le corner menant au but de Ramos.
Nice
- Diouf (8,5) : voir ci-dessus
- Abdi (6) : sur le flanc gauche de la défense des Aiglons, le Tunisien n’a pas lâché d’une semelle Khvicha Kvaratskhelia. L’ancien joueur de Caen a constamment épaulé son capitaine Melvin Bard lors des nombreux débordements du Parisien. Il a affiché une bonne solidité défensive en première période, se montrant appliqué et concentré dans son couloir. Il s’est beaucoup projeté à gauche, mais a été bien pris par Hakimi. En seconde période, Abdi n’a fait que subir, sans pour autant céder face à Khvicha Kvaratskhelia très remuant.
- Bard (6) : capitaine de l’OGC Nice en l’absence de Clauss et Dante, l’ancien Lyonnais était positionné sur le côté gauche d’une défense à trois, un rôle assez inhabituel, lui qui évolue d’ordinaire comme latéral. Malgré ce repositionnement, Melvin Bard s’est montré à l’aise dans la relance et a assuré un bon relais défensif avec Abdi, avec qui il a souvent permuté en première période. Actif dans la couverture et rigoureux dans les duels, il a fait preuve d’une belle combativité dans un système qui ne lui est pourtant pas naturel. Il a bien contenu son vis-à-vis tout au long de la rencontre.
- Oppong (5) : dans l’axe de la défense niçoise, le Ghanéen n’a pas été perturbé par les nombreux décrochages du faux numéro 9 parisien, Senny Mayulu. Vigilant dans son placement, il a bien contenu son adversaire dans les duels et a fait preuve de sérénité balle au pied. Solide en première période, il a dégagé une impression de calme et a contribué à la bonne organisation défensive des Aiglons. Oppong a coupé une action parisienne avec un dégagement fort en corner à la 76e.
- Bah (5) : solide dans les duels, le défenseur niçois a récupéré un ballon précieux dans les pieds de Bradley Barcola à la 25e minute. Il a écopé d’un carton jaune pour un tacle non maîtrisé sur Mayulu à la 27e. Quelques instants plus tard (32e), il s’est illustré sur une occasion nette pour Nice : sur un corner frappé par Louchet côté gauche, le ballon est arrivé au second poteau. Seul dans les six mètres, Bah a repris de volée, mais a vu sa tentative être sauvée sur la ligne par Kvaratskhelia. Il a livré une prestation sérieuse défensivement, à l’image de la défense de Nice.
- Mendy (7) : positionné en tant que piston droit, il a collé Barcola tout au long du match, l’empêchant de prendre la profondeur. Très actif sur son couloir, il a souvent proposé des solutions offensives et n’a pas hésité à se projeter. Défensivement, il a été bien aidé par Gouveia dans le repli, ce qui lui a permis de contenir les montées adverses, notamment en première mi-temps. Un match sérieux, même s’il a parfois manqué de justesse dans ses centres. En toute fin de rencontre (88e), il a tenté sa chance du pied gauche, mais sa frappe était trop écrasée. Mal positionné sur le corner à la 94e, Mendy couvre tous les joueurs parisiens, dont Ramos qui marque de la tête.
- Boudaoui (4,5) : pièce maîtresse de cette formation niçoise, l’international algérien a été positionné dans l’entrejeu aux côtés de Louchet. Essentiel pour poser le pied sur le cuir et assurer la conservation, Hichem Boudaoui a toutefois eu du mal à exister dans le premier acte, tant le ballon a été confisqué par les Parisiens (82 % de possession). Malgré quelques récupérations intéressantes, il n’a pas réussi à peser sur le tempo du match ni à apporter sa qualité habituelle dans la relance. Tant le bloc niçois était bas, il a joué quasiment comme une sentinelle, juste au-dessus de la défense centrale.
- Louchet (5) : positionné dans un double pivot avec Boudaoui, le milieu de 22 ans a évolué très bas en première période, apportant un soutien constant à Juma Bah sur les nombreuses chevauchées de Barcola. Très discret offensivement, il a énormément défendu, jouant presque comme un second latéral droit pour renforcer le couloir droit. Peu en vue avec le ballon, mais précieux dans les efforts et le repli défensif, il a contribué à maintenir l’équilibre défensif niçois. Épuisé en fin de match, il a été remplacé par Samed à la 84e.
- Sanson (5,5) : auteur d’un doublé l’an passé contre le PSG au Parc des Princes, Sanson était titularisé sur le côté gauche sur le papier. Pourtant, Morgan Sanson a évolué la plupart du temps dans l’axe, laissant l’espace à gauche pour les montées de Abdi. Son positionnement au cœur du jeu a permis de densifier le milieu niçois et d’apporter un soutien précieux à Boudaoui et Louchet face au pressing parisien. Actif à la récupération et intelligent dans ses déplacements, il a joué un rôle clé dans la première relance et l’équilibre du bloc azuréen. L’ancien de l’OM est l’auteur de la première frappe niçoise à la 31e : Sanson a tiré du droit d’en dehors de la surface, mais Pacho a effleuré le ballon qui est finalement passé à gauche du but de Chevalier. Il a malgré tout peiné face à un Warren Zaïre-Emery très remuant au milieu. Il a été remplacé par Vanhoutte à la 71e.
- Gouveia (4,5) : évoluant le plus haut sur le terrain côté Nice, l’ailier portugais a eu la lourde tâche que d’attaquer face au meilleur latéral gauche du monde, Nuno Mendes, sur son couloir. Il n’a pas toujours fait les bons choix, à l’image de sa tentative ratée à la 16e minute, mais a montré sa vivacité et sa capacité à provoquer. À la 32e, sur une superbe prise de balle, João Neves a dû commettre une grosse faute pour l’arrêter, montrant que Gouveia restait dangereux offensivement. En seconde mi-temps, il a été bien moins visible, peu impactant.
- Jansson (3,5) : buteur contre le LOSC (2-0), l’attaquant suédois était aligné seul en pointe face à la paire défensive Pacho-Zabarnyi. Pratiquement invisible, il a évolué très bas, apportant son soutien défensif, mais a eu énormément de mal à se montrer offensivement, n’ayant pratiquement rien à se mettre sous la dent face à la domination parisienne. Après un premier acte frustrant, il a finalement été remplacé dès la mi-temps par Sofiane Diop (non noté). Un choix tactique de la part de Franck Haise. Diop a directement tenté d’apporter sa qualité technique, sans pour autant métamorphoser ce match. C’est Abdi qui devait sortir, mais c’est finalement Diop qui a été remplacé par Boga (72e). Pourtant entré à la pause, le Niçois s’est blessé musculairement. Boga a tenté sa chance à la 81e, sans réussite.