FC Barcelone - Real Madrid : la guerre des jeunes est lancée !

S'il y a moins de stars des deux côtés, force est de reconnaître que Blaugranas et Merengues n'ont jamais eu autant de jeunes prometteurs dans leur effectif. Focus.

Du très beau monde des deux côtés pour ce Clasico !
Du très beau monde des deux côtés pour ce Clasico ! ©Maxppp
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Le constat est évident : tant Madrilènes que Barcelonais affichent des effectifs moins reluisants qu'à une époque pas si lointaine. Les nombreux départs ou retraites de joueurs du calibre d'Iniesta, Xavi, Messi, Suarez, Neymar, Xabi Alonso, Sergio Ramos ou Cristiano Ronaldo, pour n'en citer que quelques uns, ont fait perdre énormément de glamour à ce qui était un duel rempli de stars planétaires... Mais il y a tout de même de bonnes raisons de suivre ce duel entre les deux frères ennemis du football espagnol, et la principale n'est autre que le nombre de jeunes talents qui devraient fouler la pelouse du Camp Nou dimanche après-midi.

Chez les locaux, difficile de ne pas mentionner Pedri - qui devrait cependant être indisponible - ou Ansu Fati, de retour de blessure et vraisemblablement titulaire au coup d'envoi. Les deux internationaux espagnols sont d'ailleurs bien plus que de simples espoirs, puisqu'ils sont déjà considérés comme des joueurs majeurs de l'équipe à part entière. Un chemin qu'est en train de prendre Gavi, le dernier petit prodige de La Masia, accompagné de Nico Gonzalez, milieu de terrain à qui on prête également un énorme potentiel. D'autres joueurs comme Ronald Araujo - out pour dimanche - Eric Garcia ou Sergiño Dest sont également appelés à jouer un rôle majeur dans ce Barça sur le court et moyen terme.

En face, Carlo Ancelotti peut notamment s'appuyer sur la doublette made in Brésil composée de Vinicius et Rodrygo. Le premier semble s'être métamorphosé pendant l'intersaison, s'étant notamment considérablement amélioré dans le dernier geste, alors que le deuxième continue sa progression linéaire. Tous deux ont de grandes chances d'être alignés d'entrée. Difficile de ne pas évoquer le cas Camavinga, auteur de premiers pas qui ont séduit tout le monde du côté de la capitale ibérique. Et La Fabrica n'avait probablement jamais été aussi productive ces derniers temps, avec des joueurs comme Miguel Gutiérrez, Antonio Blanco ou Sergio Arribas...

Deux politiques différentes

Plutôt que de juste énumérer les jeunes à fort potentiel d'un côté comme de l'autre, on peut se demander pourquoi ils sont désormais si nombreux dans les effectifs des deux équipes. Lors de l'âge d'or récent des Clasicos, soit la période 2008-2015 pour grossir les traits, il était assez rare de voir autant de jeunes joueurs responsabilisés aussi tôt, si ce n'est sur le début de l'ère Guardiola. Seuls ceux qui parvenaient à se hisser au niveau des titulaires faisaient leur trou, et les autres devaient se contenter d'entrées en jeu ou d'apparitions dans des rencontres moins prestigieuses. Au Barça, l'accent a toujours été mis sur la formation, donc pour beaucoup, la situation actuelle est en quelque sorte un retour à la normale, surtout en plein changement de cycle. Avec une Masia toujours aussi productive et une cellule de recrutement de joueurs en post-formation également fiable (ne pas oublier que Pedri ou Araujo ne sont pas formés au club), les jeunes s'épanouissent plutôt facilement. En Catalogne, on parle d'un retour à la normale en quelque sorte, puisque, pendant l'ère Bartomeu, on a souvent reproché aux dirigeants et aux entraîneurs en place de ne pas assez compter sur La Masia. La preuve, seul Sergi Roberto avait réussi à se faire une place sur la durée.

Même s'il est évident que la situation financière catastrophique du club explique en partie cette abondance de jeunes joueurs, les Catalans n'ayant pas les moyens de recruter des stars, Joan Laporta a été très clair lors de sa prise de pouvoir : il veut remettre La Masia au cœur du projet. Et sur ce point, le sulfureux dirigeant catalan et l'entraîneur Ronald Koeman semblent être sur la même longueur d'onde. Le contexte se prêtait à cette injection de sang neuf, encouragée par la direction donc. Et chez les Merengues alors ? C'est un peu différent. La présence d'autant de jeunes joueurs résulte d'un travail de longue haleine entamé il y a plusieurs années déjà, avec une politique très agressive en matière de recrutement de promesses aux quatre coins du globe, avec Juni Calafat aux manettes. L'objectif ? Faire une véritable razzia pour s'assurer d'avoir les futurs meilleurs joueurs du monde afin de les conserver ou de faire une plus-value en les revendant, comme ce fut le cas avec Martin Ødegaard par exemple. En plus des joueurs cités ici, on peut ajouter Marco Asensio, Jesus Vallejo, Fede Valverde, Militao, Ferland Mendy, tous cinq encore à Madrid, ou même Takefusa Kubo et Dani Ceballos, dont les recrutements se sont inscrits dans cette même ligne directrice.

Le début d'une nouvelle tendance ?

Et pour l'avenir alors ? Même si la rédaction de Foot Mercato n'est pas équipée de boules de cristal, il est fort probable que cette tendance se poursuive chez les deux ogres espagnols. On voit bien que, de plus en plus, les deux ont énormément de mal à lutter face aux autres puissances européennes, à savoir le Paris Saint-Germain et les cadors anglais boostés par leurs droits TV principalement. Ces derniers peuvent ainsi s'aligner sur des montants de transfert et des salaires que les deux Espagnols ne sont pas en mesure d'offrir, ou du moins, uniquement à quelques élus. Il est donc de plus en plus probable de voir Madrilènes et Catalans s'appuyer sur leur centre de formation et tenter d'exploiter du mieux possible les talents de la maison, ou recruter des jeunes joueurs prometteurs lorsqu'ils sont encore jeunes pour qu'ils deviennent des top joueurs chez eux.

Un tournant dans l'histoire de ces deux clubs, habitués à régner en maîtres sur le mercato, surtout dans le cas des Madrilènes. Tous deux vont probablement adopter des stratégies similaires à celle de clubs comme le Borussia Dortmund ou l'AS Monaco, mais en gardant les meilleurs éléments plutôt que de les vendre au plus offrant, le tout en se permettant tout de même un ou deux galactiques de temps en temps. La donne a changé, et après l'opulence et l'abondance, place à la mesure. Et au pays de Cervantes, on s'adapte vite, puisque la presse espagnole fait déjà ses choux gras sur le duel entre Ansu Fati et Vinicius Junior, deux joueurs considérés comme de potentiels vainqueurs de Ballon d'Or outre-Pyrénées. En attendant Kylian Mbappé ?

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