OL, Espanyol : que devient Sergi Darder ?

Plutôt apprécié par les supporters lyonnais pendant ses deux saisons passées à l'OL, Sergi Darder est revenu au pays à l'été 2017. Que vaut-il depuis ? Focus, alors qu'il en est déjà à troisième année en Catalogne et que son équipe pointe à la dernière place du classement de la Liga.

Sergi Darder célèbre son but face à l'Atlético de Madrid en novembre dernier
Sergi Darder célèbre son but face à l'Atlético de Madrid en novembre dernier ©Maxppp

Lorsque l’Olympique Lyonnais s’offrait Sergi Darder pour 12 millions d’euros à l’été 2015, en Espagne on était plutôt unanime : le club rhodanien s’était offert l’un des jeunes joueurs espagnols les plus prometteurs du moment. Effectivement, il était, à 21 ans, un des tauliers de Malaga et était convoité par d’autres belles écuries européennes. Mais l’aventure française ne s’est pas forcément bien passée pour le natif des Baléares, et ce alors qu’il était tout de même plutôt apprécié par les supporters du club de la capitale des Gaules. Le contexte n'était peut-être pas idéal pour un joueur fraîchement arrivé dans un nouveau pays, puisqu'il est arrivé en pleine année de transition.

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Il a ainsi montré d'entrée des lacunes dans l'impact physique lors de ses premières apparitions, ainsi que dans le placement défensif, mais a peu à peu réussi à s'imposer, notamment avec un milieu avec un profil plus défensif à ses côtés, ce qui lui permettait de se projeter un peu plus. Il était plutôt doué balle au pied, étant capable d'organiser le jeu ainsi que de trouver des bons angles de passe. Dans le derniers tiers de terrain en revanche il montrait aussi un certain manque d'efficacité qui semblait parfois agacer son coach Bruno Genesio. Clairement, on reste sur un petit goût d'inachevé du côté de Lyon lorsqu'on évoque l'Espagnol.

Un deuxième partie de saison 2018/2019 exceptionnelle

Après deux saisons où il a donc plutôt stagné, retour au pays, et à la maison même, puisqu’il est prêté à l’Espanyol, son club formateur, alors qu'il avait déjà visité les installations de Villarreal. Une première saison 2017/2018 plutôt correcte en Catalogne pour son retour sur les pelouses espagnols. Les Pericos lèvent donc l'option d'achat de huit millions d'euros sans trop sourciller, assez tôt dans la saison par ailleurs. Sur le plan collectif, c'est en revanche assez moyen et le club termine à une triste onzième place, alors que l'entraîneur Quique Sanchez Flores avait été écarté en cours de saison et remplacé par David Gallego, le coach de l'équipe filiale.

L'exercice suivant lui, sera particulièrement réussi, sur tous les plans. Pour la première, et seule, saison de Rubi sur le banc de touche du Stade de Cornellà, le tacticien catalan est parvenu à mener les Pericos jusqu'à la septième place, qualificative pour l'Europa League. « Sa meilleure saison c'est la deuxième partie de la 2018/2019, sans aucun doute. Dans l'un des pires moments que traversait l'équipe, quand la qualification en Europe semblait oubliée, il a fait de très bons derniers matchs qui ont permis d'atteindre cet exploit qui n'avait pas été réalisé depuis 12 ans », nous explique le journaliste Alex Pérez, qui suit de très près l'actualité du club catalan et fondateur du podcast Perico que vola. Cette saison, à l'image de l'équipe, c'est en revanche bien plus compliqué...

Des prestations encore irrégulières

« Darder a offert des performances très variables depuis son arrivée. Il n'a pas été très régulier, et c'est vrai que par moments il a été l'un des leaders de l'équipe, mais d'autres fois il s'est éteint et n'a pas réussi à apparaître quand l'équipe avait le plus besoin de lui. Quand il est arrivé il y avait beaucoup d'attentes autour de lui, et beaucoup lui ont collé l'étiquette de leader dès le début, ce qui a pesé parfois. On lui a toujours demandé de marquer plus de buts parce que c'est un milieu qui aime jouer assez avancé et se projeter, mais il n'a jamais su apporter un minimum de buts à l'équipe », ajoute le journaliste espagnol, soulignant donc que cette saison, l'ancien de l'OL n'a pas toujours été au niveau. Et ses partenaires en ont pâti.

Dès son arrivée, l'équipe a effectivement été construite autour de lui. Il faut dire qu'il connaissait déjà la maison et certains des cadres pericos, avec qui il avait déjà cohabité dans le vestiaire lors de sa première période à l'Espanyol. Dans l'animation offensive, l'équipe est souvent dépendante de sa forme, même si d'autres joueurs comme Marc Roca ont par exemple réussi à se distinguer dans l'entrejeu, dans un profil différent. Des soucis de régularité qui se gommeront peut-être avec l'âge. « De par mon jeu, mes caractéristiques, mon meilleur moment devrait encore arriver. Je ne suis pas ce type de joueur explosif qui perd de la qualité avec l'âge. Plus les années passent, plus j'ai d'expérience, et meilleur je serai. Moins je cours, moins je pense et plus je fais appel à mon intuition, mieux je pourrai développer mon jeu », confiait le joueur dans un entretien accordé à La Vanguardia en janvier.

Un nouveau rôle pour lui depuis quelques semaines

Ça tombe bien, Abelardo, qui a pris les commandes de l'équipe depuis la fin du mois de décembre avec comme objectif le maintien, semble avoir de nouveaux plans pour lui. Effectivement, l'ancien coach d'Alavés le positionne à un rôle un peu plus avancé que celui de relayeur, pratiquement en numéro 10 derrière l'attaquant. « Un retour à sa position naturelle », analyse Alex Pérez : « s'il a parfois disparu, c'est en partie parce que certains entraîneurs ne l'ont pas fait jouer à son poste et l'ont même parfois jouer sur un côté. Mais même comme ça, à ce poste on lui demande d'être plus dangereux et de créer plus d'occasions, ce qu'il ne parvient pas à faire actuellement ».

Un joueur capable du meilleur comme du pire, comme on dit, mais qui reste très apprécié du public qui se rend tous les week-ends au RCDE Stadium. « Sergi est un joueur très aimé par le public, parce que c'est un gars qui a décidé de revoir ses exigences à la baisse quand il est venu, et qui a décidé de partir d'un club comme l'OL, habitué à jouer la Ligue des Champions, pour jouer dans le club de son coeur, l'Espanyol. Mais malgré cet effort, son irrégularité lui ont aussi valu des critiques et beaucoup font un parallèle entre la situation actuelle de l'équipe et ses performances », ajoute le journaliste espagnol. Et si les Catalans veulent se sauver cette saison, Sergi Darder devra donc prendre ses responsabilités, comme il a su si bien le faire il y a un an. Pour le moment, comme à Lyon, le constat est assez similaire : on a affaire ici à un joueur avec un talent au-dessus de la norme, capable d'être excellent par moments, mais à qui le manque de régularité empêche de franchir un palier...

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