Serie A

La Juventus est en train de naviguer en plein cauchemar !

Huées, défaites et tensions. La Juventus s’enfonce dans la crise, sur le terrain comme dans les tribunes.

Par Valentin Feuillette
5 min.
Luciano Spalletti @Maxppp

Les premières semaines de Juventus version Luciano Spalletti avaient pourtant tout du lancement idéal avec ce bloc compact, ce pressing coordonné, et cette efficacité clinique. Le tout malgré plusieurs blessures. Le mercato d’hiver a amené quelques renforts avec Jérémie Boga et Emil Holm. Mais l’embellie s’est brutalement fissurée lorsque le calendrier s’est corsé en ce début d’année 2026. L’élimination sèche contre Atalanta en Coppa Italia (3-0) a servi de premier signal d’alarme, révélant une équipe friable dès qu’elle subit l’intensité adverse. Le nul (2-2) concédé à domicile face à Lazio a confirmé que la solidité défensive promise par Spalletti restait théorique, tandis que la défaite polémique contre l’Inter lors du Derby d’Italia (3-2) a installé un climat de suspicion et de tension autour de l’équipe. En l’espace de quelques jours, l’enthousiasme a laissé place au doute, et la Juventus s’est retrouvée à naviguer dans une spirale négative dont elle ne parvient plus à sortir.

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Le point culminant de cette descente aux enfers est survenu mardi soir à Istanbul, théâtre d’un désastre continental. Balayés (5-2) à dix par Galatasaray en barrage aller de la Ligue des Champions, les Bianconeri ont livré une prestation défensive indigne de leur standing historique. Désorganisée, lente dans les replis, incapable de gérer la profondeur, l’arrière-garde a sombré, aggravée par la blessure de Bremer, pilier du système. Chaque offensive turque donnait l’impression d’une alerte rouge, tant les lignes italiennes étaient étirées et fébriles. Plus qu’une défaite, ce revers ressemble à une humiliation tactique, tant l’équipe a paru dépasser dans l’engagement, l’intensité et la lecture du jeu. Il fallait donc que les troupes turinoises se rassurent ce weekend avec la réception du Como de Cesc Fabregas, très loin d’être une équipe facile à manœuvrer.

Rien ne va plus pour la Vielle Dame

Mais finalement ce n’est pas aujourd’hui que le docteur Spalletti n’a pas trouvé les remèdes aux mille maux de l’équipe turinoise. Et les plaies sont donc loin d’être pansées. Comme si cela ne suffisait pas, la crise a franchi un nouveau cap ce samedi, avec une défaite (0-2) contre Como à l’Allianz Stadium, lors de la 26e journée de Serie A. L’équipe lombarde dirigée par Fabregas a surclassé des Turinois amorphes, incapables de cadrer le moindre tir dangereux. L’ouverture du score est née d’une erreur de Weston McKennie, interceptée avant que Mërgim Vojvoda ne trompe le portier d’une frappe déviée. En seconde période, Maxime Caqueret a doublé la mise sur une offrande de Lucas Da Cunha, scellant une victoire logique. Au classement, la Vieille Dame voit Roma menacer tandis que Cremonese reste en embuscade, et surtout, elle concède une quatrième défaite en cinq matches toutes compétitions confondues. Une dynamique alarmante pour un prétendant européen. « La performance est affectée par le premier but, et c’est toujours une question d’incident. Quand on revient au score, il faut jouer long et large en fonction de leurs intentions. On exerce une pression individuelle et ils nous font tourner en bourrique avec leurs dribbles et leur possession, et là tout devient plus difficile. Ensuite, on a encaissé 13 buts sur notre premier tir cadré, et il est clair que si ça se reproduit, ça va être compliqué. La confiance en soi, la conviction que nous avons une chance. Jusqu’à récemment, nous le tenions en échec et nous pensions l’emporter. Mais il manque maintenant un peu d’autorité et de conviction. Aujourd’hui, nous avons commis beaucoup de mauvaises passes au milieu de terrain, des passes que mes joueurs ne font pas d’habitude, car je les connais bien », a expliqué l’entraîneur italien.

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Avec seulement 46 points après 26 journées, l’équipe affiche son plus faible total à ce stade depuis quinze ans : elle fait moins bien que la formation de Thiago Motta (49 points), celle d’Andrea Pirlo (55 points en 2019-2020) et même que l’exercice 2010-2011 dirigé par Luigi Delneri, prélude à l’ère Antonio Conte, où Turin n’avait récolté que 41 points avant de finir septième. Un rappel historique qui souligne l’ampleur du déclin actuel. La rencontre s’est déroulée dans une atmosphère électrique. Avant même le coup d’envoi, les arbitres ont été copieusement sifflés par les tribunes, en réaction à l’expulsion polémique de Pierre Kalulu lors du match précédent face à l’Inter après une simulation reprochée à Alessandro Bastoni, puis l’hymne de la Serie A a lui aussi été hué, avant que la colère des supporters ne se retourne contre leurs propres joueurs à la pause, conspués pour leur prestation insuffisante. Le contraste est cruel. Como, avec le même effectif, privé du talent de Nico Paz, restait sur un nul à Napoli, une défaite contre Fiorentina et un nul face à Milan, tandis que la Juve enchaînait les revers. Les inquiétudes se cristallisent autour du gardien, coupable à San Siro puis encore samedi, poussant certains à réclamer la titularisation de Mattia Perin.

Derrière, Federico Gatti a fait le minimum, Lloyd Kelly a déçu, Teun Koopmeiners a confirmé son irrégularité. Au milieu, Manuel Locatelli a trop sécurisé, Khéphren Thuram a tenté sans réussir, Andrea Cambiaso s’est fait oublier. Devant, Fabio Miretti, remplacé par Francisco Conceição, n’a pas pesé, seul Kenan Yildiz a montré un semblant d’étincelle, tandis que Loïs Openda a imité Jonathan David sans succès. « Ce seront nos convictions qui décideront. Notre adversaire en Ligue des Champions, c’est nous-mêmes : si nous corrigeons nos problèmes techniques et mentaux, nous jouerons. Si nous restons à ce niveau, nous perdrons et ne pourrons espérer aucun résultat », a appuyé Spalletti. Un début prometteur, une fin effacée. Statistiquement, Spalletti affiche pourtant une moyenne de points comparable à celles de Thiago Motta et Igor Tudor, mais la sensation visuelle est tout autre. Une équipe sans identité, sans confiance, et peut-être sans avenir immédiat au sommet. Mardi, le retour européen à Turin puis le déplacement capital du week-end prochain décideront si cette Juventus peut encore sauver sa saison, ou si le cauchemar ne fait que commencer.

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