Victor Lekhal : «je ne m'attendais pas à un tel retour»

Remis d'une rupture des ligaments croisés du genou droit pour la troisième fois de sa carrière à seulement 26 ans, Victor Lekhal a effectué un retour canon. Déjà titulaire indiscutable depuis son retour au début de l'année 2020, le milieu de terrain du Havre espère avoir enfin laissé les problèmes physiques derrière lui pour vivre une fin de saison haletante en Ligue 2 et pourquoi pas retrouver la sélection algérienne.

Foot Mercato : vous êtes revenus en octobre à l’entraînement, et en janvier à la compétition pour ne plus quitter le onze de départ de Paul Le Guen (8 titularisations de suite en Ligue 2). Vous vous attendiez à un tel retour après une longue absence ?

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Victor Lekhal : non, je ne m’y attendais, sachant que sur mes deux premières blessures (en 2011 puis en 2014), j’ai mis pas mal de temps à revenir. Maintenant, j’ai malheureusement un peu d'expérience avec ces blessures. J’ai su bien me préparer en amont pour mon retour. Je ne pensais pas commencer titulaire et même enchaîner. C’est ce qui s’est passé mais je l’ai plutôt bien fait. C’est un retour très satisfaisant. On a bien bossé pour que ça arrive. On a été récompensé dans ce sens-là.

FM : comment expliquez-vous ce retour en forme aussi rapide ?

VL : j’ai pris pas mal de recul pendant cette blessure. On a bien travaillé avec les kinés et le préparateur physique. Le coach m’a beaucoup parlé aussi pendant cette période où j’étais sur le côté. Une fois que je suis sur le terrain, je ne pense pas à mon genou. Je pense à prendre du plaisir. C’est par là que je prends de la confiance. Au final, je joue bien et je joue dans une équipe qui tourne bien. C’est important aussi et ça m’a aidé.

FM : à l'image du HAC, vous semblez monter en puissance, en témoigne votre nomination comme joueur du mois en janvier (le Lorientais Yoane Wissa a finalement été élu, devant Victor Lekhal et le gardien de Valenciennes Jérôme Prior)...

VL : ça fait plaisir. Le travail porte ses fruits même si ce n’est pas une fin en soi. La saison est longue encore. Il faut encore enchaîner comme maintenant. Je prends toujours un maximum de plaisir sur le terrain. Il faut confirmer, à chaque fois.

FM : face à un tel enchaînement et sans jamais être remplacé en cours de match, ne redoutez-vous pas un contre coup physique ?

VL : oui, il y a toujours cette petite crainte mais j’espère que ça arrivera le plus tard possible. Après, c’est peut-être déjà un peu arrivé après ce gros mois de janvier. L’équipe tournait moins, moi aussi. J’étais un peu moins bon et puis il y a eu cette victoire à Châteauroux (vendredi soir dernier, 3-0), qui j’espère va nous remettre sur de bons rails (Le Havre est actuellement 6e de Ligue 2 avec 41 points).

«Je ne m’en suis pas sorti tout seul»

FM : c'est la troisième fois que vous subissiez cette blessure durant votre carrière, moralement, ça devait être compliqué à gérer...

VL : c’était très dur. On se demande pourquoi ça nous arrive. Les deux, trois premiers jours, on se pose beaucoup de questions. La force de caractère, l’entourage aussi nous remettent sur le bon chemin. On reprend vite ses esprits, on se remet au travail. Après, vient le processus du retour, l’opération, la réathlétisation et puis c’est reparti. Ce sont des coups durs à chaque fois, à des moments bien précis dans une carrière. C’est dur mais on s’accroche. On n’a pas le choix.

FM : vous n'y avez pas vu une forme de fatalité ?

VL : non, sinon je ne serais pas revenu aussi vite et aussi bien. C’est aussi un entourage, ma famille, mes amis, le club, les supporters… Je ne m’en suis pas sorti tout seul. C’est un travail avec les kinés. Il faut bien sûr que je sois sérieux mais c’est un travail collectif.

FM : malgré votre blessure, Le Havre a tout de même tenu à vous prolonger (jusqu'en 2023, ndlr). C'est une belle marque de confiance...

VL : j’étais en discussions avec eux pour prolonger quand je me suis blessé avec l’Algérie. Ils n’ont pas changé leur fusil d’épaule. C’est classe de leur part. Je leur serai à vie reconnaissant. Ça m’a permis d’être serein dans ma rééducation. Sinon, j’aurais été en fin de contrat cette année, ça aurait été un peu plus difficile, plus stressant.

«j‘espère être appelé avec la sélection en mars»

FM : le destin n'a pas été clément avec vous puisque vous avez débuté votre carrière en sélection algérienne par une lourde blessure (le 26 mars dernier en amical face à la Tunisie, 1-0). Il y a mieux pour commencer une histoire...

VL : encore un coup dur... La deuxième fois que je me suis blessé, c’était déjà pour ma première en tant que titulaire au Havre. Voilà, c’est comme ça. Après je ne garde que de bons souvenirs de la sélection. J’ai côtoyé de grands joueurs et ça m’a permis d’évoluer. Je suis toujours en contact avec eux. Il y a une sélection en mars, j‘espère être appelé. On verra.

FM : récemment, Djamel Belmadi a déclaré qu’il surveillait l’évolution des blessés. Dans votre cas, ça doit avoir quelque chose de réconfortant ?

VL : ça fait plaisir, c’est encourageant et ça donne envie d’aller vers l'avant. Il m’envoie des messages parfois. C’est sympa de sa part et encourageant pour les blessés.

FM : à cause de votre blessure, vous avez manqué la Coupe d'Afrique des Nations l'été dernier durant laquelle l'Algérie a été titrée. Vous n'avez pas quelques regrets d'être passé à côté de quelque chose de grand ?

VL : il y avait de grandes chances que j’y participe si je n'avais pas été blessé. Ça m’a fait un pincement au cœur de ne pas être avec eux, de ne pas vivre cette aventure mais ça ne m’a pas empêché d’être leur premier supporter et d’être super content pour eux et le pays, qui en avait besoin dans cette période compliquée. C’est mérité pour eux et le coach, qui a amené de la stabilité et de la rigueur. C’était la meilleure équipe africaine tout simplement cette année.

FM : après votre retour au premier plan, le prochain objectif c’est de revenir en sélection ?

VL : oui, je veux retrouver la sélection. Après avoir retrouvé une place de titulaire ici, la garder au quotidien, je voudrais retrouver la sélection et pouvoir faire une grande carrière internationale. Ça serait la belle histoire si j’étais appelé (rires).

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