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Sidiki Chérif, la grande révélation du SCO qui fait trembler les défenses de Ligue 1

Trois fois buteur sur ses trois derniers matchs, dont un but au Vélodrome face à l’OM mercredi soir, Sidiki Chérif est en train de prendre les commandes de l’attaque du SCO. Après une progression ralentie par une blessure, le jeune attaquant de 18 ans profite des circonstances, entre le départ tardif de Lepaul et les problèmes économiques de son club, pour se faire une place de choix dans l’équipe.

Par Maxime Barbaud
4 min.
Sidiki Chérif @Maxppp

La nature a horreur du vide. En football, c’est la même chose, un joueur part, un autre le remplace. À Angers, le départ en fin de mercato d’Esteban Lepaul pour 13 M€ au Stade Rennais est déjà une histoire ancienne. La DNCG refuse l’arrivée d’une recrue ? Pas de problème, il y a de la ressource au sein de l’effectif. Depuis le début de la saison, Sidiki Chérif et Prosper Peter, 18 ans tous les deux, se partagent le front de l’attaque. L’un remplace l’autre et inversement, parfois même les deux complices évoluent ensemble. Peter a frappé le premier, dès la 3e journée contre Rennes, et son partenaire est ravi pour lui, avant de rééditer deux mois après face à Lorient. La joie est de courte durée. Un quart d’heure plus tard, il se blesse dans un duel et doit céder sa place à Chérif.

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Le malheur des uns fait le bonheur des autres. L’attaquant imite son concurrent direct en signant un but mêlant puissance et aisance balle au pied avant de finir en angle fermé du droit. C’est déjà sa marque de fabrique, « à la Drogba » observent certains. Une semaine plus tôt, il inscrivait son tout premier but en professionnel contre Monaco, une frappe sèche du gauche en première intention après avoir devancé Salisu. Jamais deux sans trois, comme dit l’adage. Le natif de Conakry marque son 3e but en 3 matchs au Vélodrome mercredi soir, profitant de la petite erreur de lecture d’Aguerd pour conduire le ballon sur son pied droit, résister au retour du défenseur marocain sur 20 mètres, et conclure d’un tir vicieux. Avec plus de réussite, il aurait même pu ouvrir le score plus tôt de la tête.

Parmi les meilleurs dribbleurs de sa génération

Au-delà de son but, le jeune Angevin aura été un véritable poil à gratter pour la défense olympienne. Sa capacité à garder le ballon, à dribbler (parmi les moins de 19 ans, il est le 3e meilleur dribbleur dans les 5 grands championnats derrière Said El Mala de Cologne et Lamine Yamal) et à gagner des mètres aura été déterminante, comme ce sentiment de faire courir le danger en permanence avec ses 4 tirs (3 cadrés) en une heure de jeu seulement. Chérif est encore un peu juste physiquement. Même s’il a participé à tous les matchs depuis la reprise (10 en Ligue 1, dont 7 titularisations), le joueur et son entraîneur n’oublient pas la douloureuse étape de la saison dernière. Alors qu’il démarrait dans la peau d’un titulaire, celui qui est arrivé à l’âge de 12 ans au SCO se blesse gravement à une cuisse, déjà meurtrie un an et demi plus tôt. Cette nouvelle blessure nécessite une opération. Il ne rejouera quasiment plus de l’exercice.

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Une période à oublier, alors qu’il venait tout juste de signer son premier contrat professionnel (jusqu’en 2028). « C’était dur, mais il a reçu le soutien de sa famille, nous a fait savoir son entourage. Ça lui a aussi fait prendre conscience de certaines choses. Il est plus attentionné dans le travail invisible. Sur la nutrition, le sommeil, il a mis des choses en place. Ses efforts ont fini par payer. Revoir certaines choses lui ont permis de progresser. » Après avoir mangé son pain noir l’an passé, le travail paie et vient valider les espoirs placés en ce jeune, qui a débuté du côté de Saumur après l’arrivée en France de sa famille en provenance de Guinée. Angers mise beaucoup sur lui, depuis ses années chez les U19 notamment où, surclassé, il débarque dès 15 ans.

Une concurrence bienveillante avec Prosper Peter

Ce fan de Leo Messi se révèle immédiatement avec pas moins de 14 buts inscrits en 15 matchs lors de la saison 2022/2023, et commence à attirer les regards. Mais c’est bien dans le Maine-et-Loire qu’il poursuit son apprentissage jusqu’à obtenir ses débuts professionnels en Ligue 2 en août 2023 à 16 ans et 8 mois seulement, lancé par Alexandre Dujeux, déjà. « Un geste qu’il n’oublie pas » nous explique un proche. Chérif ne marque pas tout de suite et effectue des aller-retour entre l’équipe première, la réserve et les U19. Sa blessure vient forcément ralentir sa courbe de progression, mais sa personnalité « réservée et généreuse » lui permet de ne pas dramatiser non plus dans les moments plus compliqués. « Il a la tête sur les épaules », nous résume-t-on.

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Cette sérénité rejaillit aussi lorsque les performances s’enchaînent et qu’il est mis en lumière. « Ce qui lui arrive actuellement, il le prend avec beaucoup de calme. C’est le résultat de son travail, des efforts mis en place depuis sa blessure ». Un goût de petite revanche savoureux, et une récompense pour le club qui a misé, un peu malgré lui, sur les deux jeunes amis pour tenir son attaque. « Prosper Peter et Sidiki Chérif, c’est magnifique et encourageant, réagissait Dujeux après le succès contre Lorient. Ça doit les conforter dans l’idée de travailler, pour pouvoir faire ce genre de performances, parce qu’on va avoir besoin de leur efficacité. Les performances de ces garçons-là, depuis quelque temps, nous donnent du baume au cœur, je suis très heureux pour eux. » Pour la petite histoire, à eux deux, ils seront encore plus jeunes (36 ans) qu’Olivier Giroud (39 ans) à l’heure où Angers se déplace à Lille aujourd’hui.

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