Bundesliga

Eintracht Francfort : Albert Riera fait déjà le show en Allemagne !

Nommé à la tête de l’Eintracht Francfort le 30 janvier dernier à la surprise générale, l’Espagnol de 43 ans succède à Dino Toppmöller. Mais en Allemagne, l’intronisation de l’ancien coach des Girondins de Bordeaux fait déjà parler.

Par Matthieu Margueritte
7 min.
Albert Riera @Maxppp

À Francfort, il n’y a pas qu’Elye Wahi qui était dans le dur. L’attaquant français (depuis parti à Nice) a régulièrement au cœur des critiques, mais Dino Toppmöller a fini, lui aussi, par payer le prix d’une série de matches sans victoires (le club reste sur une série de huit matches sans succès) et d’une équipe trop apathique au goût des fans de l’Eintracht. Après deux ans et demi de bons et loyaux services, l’Allemand de 45 ans a donc été prié de faire ses valises. Pour le remplacer, les dirigeants de l’Eintracht ont surpris tout le monde en choisissant Albert Riera. L’ancien milieu espagnol de 43 ans n’est pas un inconnu. Passé par Majorque, Bordeaux, Manchester City, Liverpool, l’Olympiacos, Galatasaray ou encore l’Udinese, le natif de Manacor a eu une carrière plus que correcte.

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En revanche, ils étaient peu ceux qui se sont dit que son parcours de coach allait le mener à trouver un poste dans l’un des championnats du top 5 européen. Riera a passé quasiment l’intégralité de ses débuts d’entraîneur en Slovénie, à l’Olimpija Ljubljana et au NK Celje. Il est également passé brièvement à Bordeaux durant la saison 2023-2024 à l’issue de laquelle les Marine et Blanc ont été relégués en National. Des expériences a priori loin d’être marquantes pour lui ouvrir les portes du double vainqueur de la C3 (1980, 2022). En effet, si l’on jette un œil sur les entraîneurs ayant précédé Riera depuis dix ans, on s’aperçoit que l’Eintracht est, à chaque fois, allé engager un technicien qui n’était peut-être pas le plus connu médiatiquement, mais qui sortait d’une équipe reconnue en Europe. Dino Toppmöller débarquait du Bayern Munich, Oliver Glasner arrivait de Wolsfbourg, Adi Hütter avait été débauché des Young Boys, Niko Kovac sortait d’un passage à la tête de la sélection croate et Armin Veh avait bourlingué à Wolfsbourg, Hambourg ou encore Stuttgart.

Une rupture voulue par l’Eintracht

Pourquoi alors avoir choisi Riera ? Présent en conférence de presse aux côtés de son nouveau coach, le directeur sportif Markus Krösche s’est expliqué. «Il apporte la confiance, une attitude positive et une vision claire qui se transmet à l’équipe. L’ambiance est bonne, il y a une véritable effervescence, tout le monde est enthousiaste. C’est important pour franchir les prochaines étapes. Tout le monde souhaite avancer ensemble. Nous parlons tous anglais ici, donc ce n’est pas un problème. Par conséquent, la décision d’engager un entraîneur international n’a rien d’extraordinaire.» Dans son ensemble, la presse allemande pense que l’Eintracht a voulu donner un bon coup de pied au derrière de son équipe en intronisant un coach au caractère bien trempé, quitte à déplaire. «Avec Albert Riera, l’Eintracht Francfort rompt délibérément avec son passé récent et opte pour un entraîneur qui ne laisse personne indifférent. Après le départ de Dino Toppmöller, jugé trop réservé et incapable de créer un lien avec l’équipe, tant sur le plan tactique qu’émotionnel, la direction du club mise désormais sur une présence maximale sur le banc de touche», écrit Spox. Une tendance confirmée par notre collègue de Fussball Transfers, Dominik Sandler.

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«Dino Toppmöller était un entraîneur très « terre-à-terre », il ne montrait pas beaucoup d’émotions, restait calme et se concentrait sur la tactique. Mais l’équipe manquait de confiance et d’émotions, elle semblait « morte ». Les premières impressions d’Albert Riera sont donc très positives. Dès son premier entraînement hier, il a montré à l’équipe de manière très authentique comment regagner confiance. Aujourd’hui, lors de la conférence de presse, il a expliqué qu’il croyait en les capacités de l’équipe. Je pense qu’il obtiendra rapidement des résultats positifs, car il sait toucher l’équipe avec ses émotions. Je ne sais pas si ce sera un succès à long terme, mais il a un programme réalisable avec des adversaires qui ne sont pas les plus forts. Quoi qu’il en soit, Riera attire beaucoup l’attention dès ses premiers pas. Les médias et les fans sont très enthousiastes à son sujet, même si personne ne le connaît vraiment. Un choix très intéressant pour Francfort. Je pense que Francfort devait agir rapidement car l’équipe ne fonctionnait plus du tout et avait besoin d’un changement radical. Cependant, le directeur sportif Markus Krösche n’est pas connu pour agir dans la précipitation, il aura donc recruté Riera dans une optique de réussite à moyen terme. Francfort est synonyme de football attractif, Riera correspond donc bien au profil recherché. Il doit toutefois d’abord surmonter ses émotions, puis il pourra essayer d’enseigner son style de jeu aux joueurs».

Avec Riera, ça déménage !

Un coach énergique qui a visiblement déjà imposé ses règles au vestiaire. Ainsi, Albert Riera a mis en place 3 règles à l’Eintracht Francfort. «J’impose des règles à tous. Il y a des règles d’or ici : premièrement, nous sommes avant tout des êtres humains – et des êtres humains dans notre profession – nous nous respectons les uns les autres dans les vestiaires. Deuxièmement, la façon dont on s’entraîne est la façon dont on joue. Troisièmement, posez-vous la question essentielle : qu’est-ce que vous pouvez apporter à l’équipe avec et sans le ballon ?», a-t-il confié lors de sa conférence de presse ce mardi. Et si un joueur ne suit pas les règles, il devra payer une amende ou faire tourner la roue des punitions possibles telles que nettoyer les crampons de l’équipe ou aider le jardinier ou un membre du personnel. Et ce n’est pas tout. « Nous avons maintenant six capitaines. Je n’ai pris cette décision qu’hier. J’aime m’entourer de personnes qui ont du caractère, qui possèdent des qualités de leader. Nous avons des leaders, nous avons du caractère », a également déclaré l’Espagnol. Vous l’aurez compris, avec Riera, ça secoue déjà, même si l’ancien Bordelais veut principalement redonner vie à cette équipe en perte de confiance.

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« Les joueurs veulent des solutions et une vision claire des actions à entreprendre, c’est précisément ce que je vais aborder. Je veux les convaincre de leur force, leur redonner confiance en leurs qualités et les aider à développer cette confiance. Je suis très motivé. Nous avons tous les atouts d’un grand club. J’encourage les garçons à ne pas avoir peur de faire des erreurs. Les erreurs ne sont pas un problème, elles font partie du processus. Nous devons prendre des risques et développer la confiance en soi sans douter de nous-mêmes. Nous voulons voir des progrès à chaque match. L’essentiel est que l’équipe continue de progresser, qu’elle croie en nos plans et qu’elle les mette en œuvre de manière constante. En Slovénie, j’ai laissé derrière moi une équipe organisée et disciplinée, et j’en suis fier. Maintenant, je veux construire quelque chose ici et obtenir les meilleurs résultats possibles. Dans deux ou trois semaines, nous pourrons peut-être aborder la question des objectifs de classement. Pour l’instant, je me concentre sur notre jeu. Nous devons être performants match après match. Je ne me préoccupe pas du résultat pour le moment, mais avant tout de notre jeu et des points à améliorer », a-t-il déclaré, avant de poursuivre, sûr de lui.

« Mes joueurs me suivront, il n’y a pas d’alternative. Je suis très optimiste. Nous devons changer de perspective et passer d’une vision pessimiste et accusatrice à une approche axée sur les solutions. J’ai travaillé avec de nombreux entraîneurs, mais au final, il faut faire ce que l’on sent et ce en quoi l’on est convaincu. Je veux être cohérent et direct. Je pense que l’équipe s’habituera rapidement aux processus. Les joueurs sont ce qu’il y a de plus important. Je les gère, mais ils sont mes bras et mes jambes. Le premier défenseur, c’est l’attaquant. Nous ne jouerons pas passivement et serons très agressifs sans ballon. L’ambiance dans le stade est formidable, c’est aussi pour cela que nous aimons ce sport. (…) Je crois en mes idées. Le concept doit être solide. Les joueurs veulent des options et des solutions. Ils ont besoin de savoir ce que je dois faire. La confiance est primordiale pour un joueur. Mes joueurs doivent être intelligents, ils doivent comprendre le jeu. (…) Je suis prêt. J’ai tout prévu. Je n’ai aucune excuse.» Place au terrain maintenant avec deux matches face à des équipes du ventre mou du classement (Union Berlin, Borussia Mönchengladbach), avant le grand choc face au Bayern Munich le 21 février prochain.

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