Real Madrid-Atlético : les notes du match
Au terme d’un match plein de rebondissements, le Real Madrid a battu son voisin madrilène, grâce notamment à un doublé de Vinicius Jr et un nouveau but de Valverde, expulsé en fin de rencontre.
Le Real Madrid et l’Atlético de Madrid se sont affrontés dans un derby brûlant au Santiago Bernabéu, ce dimanche soir, dans le cadre de la 29e journée de Liga. Devant un public bouillant et sous l’arbitrage de José Luis Munuera Montero, les hommes d’Arbeloa, organisés en 4-4-2, recevaient une formation colchonera emmenée par Diego Simeone dans le même système. Avec des enjeux majeurs dans la course au titre et au top 4, cette rencontre a tenu toutes ses promesses, entre intensité, renversements de situation et moments décisifs. Finalement, les Madrilènes ont réussi à faire la différence au terme d’un match spectaculaire (3-2).
Dès l’entame, le Real Madrid mettait le pied sur le ballon et imposait un rythme élevé, se procurant rapidement des situations chaudes, notamment par Carvajal (3e) et Valverde, dont la frappe trouvait le poteau (9e). L’Atlético répondait en contre, avec une tentative de Llorente bien captée par Lunin (10e). Dominateurs dans le jeu, les Merengues se heurtaient pourtant à une défense bien regroupée, à l’image du sauvetage de Simeone sur sa ligne face à Vinicius (22e). Contre le cours du jeu, les Colchoneros frappaient les premiers. Servi après une transition rapide, Lookman concluait à bout portant (33e). Malgré une pression constante en fin de première période, la Casa Blanca ne parvenait pas à revenir, butant sur Musso et une défense solide jusqu’à la pause.
Une seconde période folle
Au retour des vestiaires, le Real Madrid accélérait nettement et obtenait un penalty après une faute sur Brahim Diaz, transformé par Vinicius (52e). Lancés, les Madrilènes prenaient l’avantage dans la foulée grâce à Valverde, opportuniste après une erreur défensive (55e). Mais l’Atlético ne lâchait pas et revenait au score grâce à une frappe exceptionnelle de Molina dans la lucarne (66e). Le match s’emballait alors complètement, chaque équipe se projetant rapidement vers l’avant. Finalement, Vinicius redonnait l’avantage aux siens après un numéro individuel sur le côté gauche (72e), concluant d’un tir précis dans le petit filet.
La fin de rencontre était tendue et riche en rebondissements. Réduits à dix après l’expulsion sévère de Valverde (77e), les Madrilènes subissaient les assauts adverses, notamment une frappe d’Alvarez sur le poteau (81e). Musso maintenait l’espoir avec une parade décisive face à Alexander-Arnold (84e), mais le Real tenait bon jusqu’au coup de sifflet final. Grâce à ce succès précieux, les Merengues restent pleinement engagés dans la course au titre et mettent la pression sur le FC Barcelone malgré 4 points de retard, tandis que l’Atlético manque une occasion importante de réduire l’écart et de remonter sur Villarreal. Lors de la prochaine journée, le Real devra confirmer cette dynamique à Majorque après la trêve, alors que les Colchoneros tenteront de rebondir pour sécuriser leurs ambitions européennes [en accueillant le FC Barcelone dans un choc XXL de la Liga](https://www.footmercato.net/espagne/liga/calendrier/6841845279761963392-journee-30
L’homme du match : Vinicius Jr (8) : il a transformé le penalty de l’égalisation avant d’offrir la victoire au Real, sur une frappe imparable. Le Brésilien avait du feu dans les jambes durant les premières minutes et on pensait assister à une nouvelle masterclass. Sauf qu’il est peu passé en 1 contre 1. Il ne s’est pas démonté pour autant, comme à son habitude, continuant de chercher le déséquilibre. Il a donc été récompensé avec ses deux buts, et une efficacité qui revient après son doublé face à Manchester City en 8e de finale retour de la Ligue des Champions. Remplacé par Carreras (87e).
Real Madrid :
- Lunin (4) : une frayeur lorsqu’il a relâché la frappe de Valverde en début de rencontre, mais il ne peut rien sur le but de Lookman. Quasiment rien à faire en première période. Difficile aussi de lui reprocher quelque chose sur le but de Molina. Cela dit, il n’a jamais diffusé une grande sérénité dans ses prises de balle et ses interventions. Il a terminé capitaine après les sorties de Carvajal, Valverde et Vinicius !
- Carvajal (4) : du Carvajal pur jus, avec de l’activité, des fautes non sifflées, des centres réguliers et plutôt précis. Il n’est pas en place sur le but de l’Atlético, ce qui décale l’ensemble de la défense madrilène. Il a souffert face à la fusée Lookman, jusqu’à son remplacement par Trent Alexander-Arnold, auteur d’une entrée pleine de punch, avec une passe décisive pour Vinicius.
- Rüdiger (5) : on l’a connu plus agressif, même si sa première réelle intervention a été une poussette limite dans le dos de Lookman… Sans réel adversaire à marquer jusqu’à l’entrée de Sorloth, le colosse allemand s’est montré plutôt sage et appliqué.
- Huijsen (5) : il se fait prendre par la géniale talonnade de Simeone, alors qu’il avait suivi l’appel de l’Argentin dans la surface. Il s’est avéré plutôt fiable défensivement, ce qui n’a pas été toujours le cas cette saison. Important en fin de rencontre pour repousser les centres des Colchoneros.
- F. Garcia (5) : un début de match tonique et plein d’ambition avec un superbe débordement. Mais derrière, il est resté timoré, et son entente technique avec Vinicius s’est limitée à peau de chagrin, le Brésilien ne le servant jamais lorsqu’il propose un dédoublement. Il est resté par contre très sérieux défensivement.
- Tchouameni (6) : il a bien démarré, dans la lignée de ses dernières performances. Dominateur, il a contribué à étouffer le milieu adverse, avec un positionnement toujours malin. Ce n’est pas lui qui initie le pressing, mais il est souvent là pour récupérer le cuir. Au bon endroit, au bon moment. Indispensable au Real Madrid actuellement.
- Pitarch (4) : il y a plein de bonne volonté, le respect des consignes et l’énergie de sa jeunesse, mais le milieu de terrain donne l’impression de se disperser. En voltigeur, il monte au pressing, multiplie les courses, mais cela se paie dans la lucidité. Il a encore du travail pour devenir une réelle option dans l’entrejeu, lorsque les blessés auront définitivement fait leur retour. Remplacé par Mbappé (63e), que l’on a finalement peu vu. Pour son retour, l’attaquant français a joué simple, et a fait l’effort pour gêner la relance adverse, ce qui lui a permis de gratter quelques ballons. Il s’est peut-être aussi rassuré physiquement sur quelques appuis. Une bonne connexion technique avec Trent.
- Valverde (6) : un drôle de match pour le milieu uruguayen. Il l’a d’abord marqué par la confiance qui l’habite ces dernières semaines, avec une activité incessante, et une présence dans tous les points chauds. Placé à droite, mais présent un peu partout, il a touché le poteau sur sa première occasion, avec un grand pont devenu classique. Puis il a exploité une mauvaise relance de Gimenez pour marquer le deuxième but madrilène. Mais son match a tourné au vinaigre avec une expulsion stupide et sévère à la 77e minute, pour une semelle, par derrière, sur Baena.
- Arda Güler (4) : décevant ce soir, le Turc n’a pas eu d’influence dans le jeu des siens. Placé à gauche, il a, à l’image de son équipe, bien débuté, avant de disparaître peu à peu de la circulation. Remplacé par Bellingham, de retour, à la 74e. L’Anglais ne s’est pas vraiment mis en évidence.
- Brahim Diaz (6) : lui aussi s’est illustré en début de rencontre avant de devenir invisible. Mais le Marocain a eu le mérite de déclencher la révolte madrilène, en poussant Hancko à la faute, en début de deuxième période. Ses petits appuis et ses dribbles courts ont eu raison de la patience du défenseur slovaque, coupable d’une faute inutile. Replacé dans l’entrejeu à l’entrée de Mbappé, et finalement remplacé par Camavinga (74e).
- Vinicius (8) : lire ci dessus.
Atlético Madrid :
- Musso (3) : le portier argentin n’a pas vraiment eu le temps de respirer ce soir. Dès l’entame, les Merengues ont été vers l’avant, et Carvajal l’a alerté, mais celui-ci s’est bien couché pour repousser le ballon (4e). Quelques instants plus tard, Valverde a également foncé vers sa cage avec une superbe chevauchée, mais le rempart de Diego Simeone a été chanceux, puisque le sud-américain a touché le poteau (9e). Puis, il a finalement eu le temps de souffler jusqu’à la pause, si ce n’est sur une tête de Tchouaméni, et une frappe assez molle de Güler (42e). Or, sa soirée a complètement basculé après la pause. Deux buts consécutifs à des erreurs défensives sur lesquelles il ne peut rien. Mal embarqués, ses coéquipiers ont laissé des espaces et lorsque Vinicius Jr a inscrit le troisième but de la rencontre, l’Argentin n’a rien pu faire.
- Llorente (5) : placé sur le couloir droit face à un concurrent de taille ce soir (Vinicius Jr), le latéral a été très dynamique durant les premières minutes. Alors qu’une contre-attaque se profilait, celui-ci a appuyé sur l’accélérateur pour foncer vers Lunin grâce au service de Griezmann, mais l’Espagnol a vu sa frappe être arrêtée en deux temps par le portier ukrainien (10e). Quelques instants après, il a failli sortir sur blessure, puis il a repris sa place. Sans montrer de signes de fatigue, il a continué ses efforts. Combattif, même trop hargneux à quelques reprises, il a été averti pour un tirage de maillot sur Mbappé avant le dernier quart d’heure de jeu (71e).
- Le Normand (4) : dans son habituelle charnière centrale, l’arrière-garde espagnole de 29 ans a fait preuve d’un véritable professionnalisme durant les quarante-cinq premières minutes. Capable de contrer les assauts, d’intercepter les ballons fuyants et de monter en puissance en imposant son corps, il a tenu bon. Cette capacité à rester debout et laisser ses adversaires se perdre dans leurs gestes l’a donc sublimé tout au long de sa prestation. Cependant, il a dû céder sa place à la pause. Remplacé par José Maria Gimenez (2) qui a certainement laissé sa maturité aux vestiaires, puisqu’il est complètement passé à côté de son entrée en jeu. Il s’est loupé dans sa relance devant un Valverde puissant et décisif (55e). Toujours autant à la ramasse dans ses idées, il a même empêché Sorloth de jouer un ballon de la tête en lui marchant dessus avant la fin de la rencontre, et ce, après avoir perdu de la confiance sur un ballon mal exploité (90+2).
- Hancko (2,5) : juste à côté de l’Espagnol, le défenseur slovaque s’est montré solide et impliqué dans le premier acte. Cependant, ce qui devait arriver, arriva, et brutalement. Lorsque le jeu a repris en seconde période, Diaz est entré dans la surface et a essayé de centrer, mais le défenseur l’a fauché sans réfléchir, comme s’il avait perdu la tête (51e). Dix minutes plus tard, il est encore une fois fautif, et il est averti pour avoir bloqué Vinicius Jr au moment où celui-ci le dribblait sans complexe (61e). Petit à petit, le défenseur a perdu du rythme, s’il pensait en avoir face au Brésilien de 25 ans.
- Ruggeri (4) : derrière Lookman dans le couloir droit, le numéro 3 s’est montré disponible, même très impliqué durant le premier acte. Capable de faire des allers-retours fulgurants, tout en restant vigilant dans sa zone, il n’a pas montré de signes de faiblesses face au rival. C’est notamment lui qui fait l’appel devant son coéquipier nigérian pour centrer, et être l’avant-dernier passeur sur l’ouverture du score (33e). Après la pause, il est resté dans l’ombre et a semblé de moins en moins impactant, tant les Madrilènes avaient enclenché le réveil.
- Simeone (5,5) : placé dans le couloir droit, devant un Llorente expérimenté, le fils du coach argentin a été très disponible et athlétique dans les premiers instants de la partie. Il s’est d’ailleurs montré décisif en repoussant un ballon avec une glissade, lorsque Vinicius Jr pensait marquer astucieusement sur un corner (22e). Puis, onze minutes plus tard, il a malicieusement dévié une passe dans le dos des Madrilènes pour servir Lookman, et délivrer une superbe passe décisive. Remplacé par Álex Baena (71e) qui a tout simplement été mystifié par Vinicius Jr sur le 3e but madrilène. Fauché par Valverde par derrière, ce qui a valu l’exclusion du milieu madrilène.
- Koke (4) : le capitaine madrilène était positionné dans le cœur du jeu ce soir. Entre les lignes, il n’a pas forcément eu beaucoup de ballons à distribuer durant les premières minutes, mais il a été disponible dans le pressing et dans les moments où il fallait coulisser en bloc. Petit à petit, il est monté en puissance pour essayer de soulager les siens, surtout lorsque l’expérience devait être présente. Dans le second acte, il a anticipé les circuits de passes.
- Cardoso (4,5) : l’Américain avait de nombreuses responsabilités au Santiago Bernabeu. Dans l’entrejeu des visiteurs, en compagnie de son capitaine, le joueur devait ralentir les assauts merengues qui prenaient forme entre les lignes. Averti dès la 27e minute et moins en vue au retour des vestiaires, son coach a préféré apporter de la fraîcheur entre les lignes. Remplacé par Nahuel Molina (57e) qui a vu sa soirée être sublimée par une frappe puissante en pleine lucarne dans les cages de Lunin. Sensationnel et même téléguidé, ce but était synonyme d’égalisation (66e) avant le dernier but de Vinicius.
- Lookman (6,5) : étincelant avec les Colchoneros depuis son arrivée, le Nigérian devait confirmer sa belle forme durant ce rendez-vous dans la capitale. Et c’est ce qu’il a fait après la demi-heure de jeu. Après un joli mouvement collectif, celui-ci a provoqué, distribué, atteint la surface, pour ensuite placer une frappe synonyme d’ouverture du score pleine de sang froid (33e). À la fixation quand les Merengues reculaient, au marquage lorsque les hommes d’Alvaro Arbeloa poussaient, il a tout tenté pour réaliser un match parfait. Cependant, sa rencontre a été écourtée. Remplacé par Nicolás González (57e) qui a essayé d’aller de l’avant balle au pied.
- Griezmann (5,5) : placé à la pointe de l’attaque en compagnie d’Alvarez, le champion du Monde 2018 a parfaitement entamé sa rencontre. Après une contre-attaque éclair, celui-ci a envoyé un cadeau à Llorente, mais l’Espagnol a manqué de justesse pour inscrire le premier but (10e). Très présent dans les transitions, il a même effectué des retours défensifs décisifs. Sa participation au jeu restait à souligner avant la pause. Remplacé par Alexander Sørloth (56e) qui a essayé de se mettre en mouvement dans le dos des défenseurs, sans forcément prendre le dessus puisque Huijsen et Rudiger avaient compris son manège. Dans le temps additionnel, il a pensé offrir un but aux siens, mais Lunin avait tout calculé (90+3).
- Alvarez (4,5) : buteur et passeur décisif contre Tottenham, il y a quatre jours, le renard des surfaces argentin devait se manifester ce soir dans l’enceinte madrilène. Mais il a été moins impactant durant les premières minutes. Malgré ses nombreux mouvements, que ce soit vers l’avant ou lorsqu’il venait proposer plus bas, il peinait à se mettre des occasions sous la dent. Il a d’ailleurs fallu attendre la seconde période pour le voir soudainement frapper vers la cage de Lunin. Loin des filets adverses, il a tenté sa chance, mais le ballon, parfaitement enroulé, a touché la barre transversale de l’Ukranien (81e).
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