Les touchantes confessions de Nilmar sur sa dépression

Ancien joueur de l'Olympique Lyonnais, l'attaquant brésilien a mis un terme à sa carrière en 2017 de manière prématurée. Âgé aujourd'hui de 37 ans, l'ex-Gone raconte comment la dépression l'a forcé à raccrocher les crampons.

Nilmar quand il portait les couleurs de l'Inter en 2015
Nilmar quand il portait les couleurs de l'Inter en 2015 ©Maxppp

Il n’a passé qu’une saison en France, mais les supporters de l’Olympique Lyonnais se souviennent toujours de Nilmar. Un jeune attaquant brésilien âgé alors de 20 ans dont le nom est associé à tout jamais chez les Gones à cette fameuse du 13 avril 2005 face au PSV et à ce penalty non sifflé. Durant sa carrière, le natif de Bandeirante n’a toutefois pas connu que l’OL. Passé ensuite aux Corinthians, à l’Internacional Porto Alegre, Villarreal, Al Rayyan, El-Jaish ou encore Al-Nasr, le Brésilien a raccroché les crampons en 2017 après seulement deux petits matches disputés sous le maillot de Santos.

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Son dernier match, Nilmar s’en souviendra d’ailleurs pendant longtemps. Alors qu’il affrontait Cruzeiro le 27 août 2017, l’attaquant, entré en jeu à la 74e minute, ne s’est pas senti bien. Et pour cause. Prolongé dans une forte tristesse les jours précédents, il a ensuite eu tout le côté droit de son corps paralysé. Ce fut la première alerte physique d’un mal qui l’a longtemps rongé : la dépression. Un mal-être profond qu’il a raconté à la chaîne You Tube de la journaliste Duda Garbi, et dont les propos ont été rapportés par UOL Esporte.

Tout le côté droit de son corps paralysé

« Je le vivais dans la chair et on ne me l’a diagnostiqué uniquement parce que je le ressentais dans mon corps, c’était physique. Je ne partageais rien avec personne, j'étais très renfermé, même avec ma femme. J'ai toujours été très : « il n'y a rien. Pourquoi suis-je triste ? Ça ira mieux ». Je pense que ça m’a porté préjudice de ne pas l'exprimer à quelqu'un de plus proche, de demander de l'aide à un professionnel. J’ai fini par comprendre que le « vase était plein » quand j’ai eu le corps paralysé après le match à Minas Gerais (le match du 27 aout contre Cruzeiro). J’étais tellement stressé durant le rassemblement que je n’avais pas envie de m’entraîner, de jouer. J’avais perdu le plaisir de ce que j’aime. Ça m’a paralysé tout le côté droit du corps, je suis allé à l’hôpital et j’y suis resté quelques jours. Le coeur battait à 200 à l’heure et ce n’était pas rien, c’était beaucoup de stress et d’anxiété. »

Quelques mois après, son contrat avec Santos a été résilié. Le temps était alors venu pour Nilmar de se soigner et de commencer un traitement psychologique. « Je cherchais de l’aide. J’ai passé six mois sans rien faire, juste à rester allongé dans le canapé. J'avais honte. Ce qui m'a réconforté, ce sont les gens qui ont connu le même problème, des connaissances, des entraîneurs célèbres, des joueurs, qui l'ont eu et qui ne l'ont pas rendu public. Cela me réconfortait, je leur parlais. C'est un truc chimique. J'ai cherché de l'aide, un psychologue, j'ai pris des médicaments. C'était difficile d'accepter de me soigner. Le soutien de la famille était aussi très important. C'est difficile pour mes proches de voir ça arriver à une personne heureuse, épanouie, qui était revenue au Brésil pour les deux dernières années de sa carrière, pour une belle équipe. »

Près de quatre après la fin précipitée de sa carrière, l’ancien joueur de 37 ans reste éloigné des terrains et continue de faire attention à lui. « Je suis suivi, même aujourd’hui. Je ne me sens pas guéri, je me sens bien. Je suis satisfait d’avoir pu comprendre cette maladie. Ce n’est pas que je n’y croyais pas, mais c’était difficile à comprendre que ça puisse arriver à une personne qui avait tout : je suis père de famille, j’ai joué avec la sélection, j’ai disputé une Coupe du Monde (en 2010), j’ai gagné de l’argent. Aujourd'hui, je suis à nouveau Nilmar, et même mieux qu'avant, parce que quand je jouais, je vivais en automatique. C'est dur de se retrouver. Je travaillerais sur cette partie du football, avec mon regard... C'est un autre monde. » Difficile de ne pas le croire...

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