Ce dimanche, en clôture de la 32e journée de Ligue 1, l’OL s’est imposé à domicile face à Rennes. Voici les notes de ce match maîtrisé par les Gones et décevant pour les Bretons.
Un choc décisif. En clôture de la 32e journée de Ligue 1, le Stade Rennais se déplaçait sur la pelouse de l’Olympique Lyonnais pour une affiche aussi alléchante qu’importante dans la course à la Ligue des Champions. Quatrièmes au coup d’envoi, les Gones pouvaient frapper un grand coup après le nul concédé par le LOSC face au HAC. De son côté, Rennes, cinquième, avait également une opportunité en or de grimper sur le podium, et ce à deux journées de la fin du championnat. Pour ce match de gala, Paulo Fonseca optait pour un 4-2-3-1 avec Yaremchuk, Endrick et Afonso Moreira sur le front de l’attaque. En face, Franck Haise alignait lui un 4-3-3 où Breel Embolo était soutenu par Mousa Al Tamari et Estéban Lepaul. Dans ce match ô combien important, la première inquiétude concernait Tolisso, sonné après un choc violent avec Aït-Boudlal (3e).
Si l’ancien joueur du Bayern Munich se relevait, c’est bien Rennes qui prenait l’avantage dans la foulée. Et de quelle manière… Sur un centre au second poteau de Lepaul, Al-Tamari reprenait en première intention et trompait Grief d’une volée absolument géniale, qui terminait sa course dans la lucarne opposée (0-1, 6e). Idéalement lancé par ce but - certainement l’un des plus beaux de la saison - Rennes subissait ensuite la pression lyonnaise mais résistait bien grâce à une défense compacte. De plus en plus menaçant, l’OL finissait logiquement par égaliser. Après un joli numéro de Tolisso, qui délivrait un centre parfait à Yaremchuk, l’attaquant ukrainien plaçait une belle tête piquée hors de portée d’un Samba surpris et impuissant (1-1, 37e).
L’OL retrouve le podium au courage
Et le match tournait complètement quelques instants plus tard. Sur une contre-attaque, Endrick lançait Afonso Moreira, qui était déséquilibrait par Aït-Boudlal et obtenait un penalty. Sans trembler, Tolisso ne se faisait pas prier en prenant Samba à contre-pied d’une frappe sèche du pied droit (2-1, 42e). Devant au score, l’OL était ensuite sauvé par Greif, auteur d’une parade réflexe de la jambe face à Embolo après un sublime mouvement collectif breton (45+4e). Sonné, Rennes était finalement mené à la pause après un premier acte intense et très plaisant à suivre. Au retour des vestiaires, ce match continuait de tenir toutes ses promesses. Sur un centre d’Al-Tamari, Embolo laissait passer intelligemment et Lepaul surgissait pour égaliser (2-2, 49e).
Mais les débats s’enflammaient un peu plus dans la foulée. Si Rennes poussait, c’est bien Lyon qui frappait à nouveau. Trouvé par Abner dans la surface rennaise, Afonso Moreira ouvrait parfaitement son pied pour tromper Samba sur sa gauche (3-2, 52e). Sur leur lancée, les Gones poursuivaient leur entreprise et mettaient à mal la défense bretonne, à l’image de Yaremchuk qui faisait briller Samba (54e). Le portier rennais se montrait encore précieux au moment de sortir dans les pieds de Tolisso pour éviter le quatrième but rhodanien (68e). A l’approche du dernier quart d’heure, Haise lançait Blas mais c’est encore l’OL qui frappait. A la conclusion d’un superbe mouvement collectif, Endrick fusillait Samba d’une frappe splendide du droit (4-2, 75e) pour parachever le succès des siens. Le score aurait même pu être plus lourd sans un grand Samba (78e, 79e). Avec cette victoire de prestige (4-2), l’Olympique Lyonnais réalise la très belle opération de cette journée et se retrouve troisième. De son côté, Rennes stagne au cinquième rang mais peut encore rêver de Ligue des Champions.
L’homme du match : Corentin Tolisso (8) : sa rencontre avait commencé avec un choc aérien qui l’a mis KO. Par la suite, c’est lui qui a mis Rennes KO en première période. Très actif et dans tous les bons coups, il a semblé inépuisable. Il distille un centre parfait pour Yaremchuk avant de permettre aux siens de prendre l’avantage juste avant la mi-temps avec un penalty très bien tiré. Son 10e but de la saison en Ligue 1. Au-delà de ses exploits offensifs, le champion du monde 2018 a été exemplaire dans son implication défensive, grattant de nombreux ballons et en étant dominant sur la plupart de ses duels. Toujours loquace avec ses coéquipiers pour corriger les petits défauts de son équipe, il a été un exemple pour son équipe et a montré qu’il était l’un des meilleurs joueurs de notre championnat, malgré son absence dans la nomination des meilleurs joueurs de la saison aux trophées UNFP…
Olympique Lyonnais
- Greif (6,5) : sur la première frappe qu’il a eu à gérer, il n’a rien pu faire face au missile d’Al-Tamari. Par la suite, il est entré dans sa rencontre avec de bonnes relances et des parades importantes (25e, 45+4e). En seconde période, il a été trahi par la déviation d’Abner sur le but de Lepaul et ne pouvait pas faire grand-chose. Pour le reste, le Slovaque a été très rassurant, comme à son habitude.
- Maitland-Niles (5,5) : en première période, il a soufflé le chaud et le froid. Capable de quelques fulgurances, il a été en grande difficulté face à Al-Tamari, qui a montré beaucoup plus d’entrain que lui. En délicatesse lors du premier acte, il est clairement monté en puissance lors de la deuxième période avec plusieurs percées offensives dont une qui aurait mérité un meilleur sort (54e). Sa qualité de centres et ses percussions offensives ont eu raison de la défense rennaise au fil du temps.
- Niakhaté (6) : le patron de la défense lyonnaise a répondu présent. Impuissant sur l’ouverture du score de Rennes, il a réalisé une première période solide avec plusieurs interventions solides face à Embolo ou Lepaul. Il s’est même permis quelques percées offensives avec notamment un centre en première période (33e). Il a été impeccable dans la communication en seconde période et a tenu son rang malgré le but de Lepaul où la défense a été aspirée par le travail d’Embolo.
- Mata (6) : un match sobre pour l’Angolais. Sûr de lui à la relance, il a réalisé quelques interventions promptes devant Embolo. Inépuisable, il a très bien couvert la profondeur et a été roublard sur certaines situations. Un match très solide, comme d’habitude, pour le numéro 22 des Gones, toujours aussi important pour l’arrière-garde rhodanienne.
- Abner (6) : en première période, il a été assez inconstant. Parfois fantomatique, parfois imprécis dans son positionnement, il a eu du mal à entrer dans son match. C’est lui qui dévie la frappe de Lepaul pour l’égalisation de Rennes au retour des vestiaires. Il s’est vite fait pardonner en délivrant un ballon malicieux à Moreira pour le but du 3-2. Un match à réaction où il a été globalement intéressant au fil de la seconde période où il est beaucoup plus entré dans l’axe.
- Morton (5,5) : dans la belle soirée lyonnaise, l’Anglais a sûrement été le plus discret. Loin d’être fantomatique, il a montré de belles qualités à la récupération. Même s’il a manqué parfois de personnalité en tentant des passes et des tirs, il a globalement été neutre dans son jeu même s’il faut ajouter plusieurs pertes de balle à son bilan. Remplacé par Ruben Kluivert (84e).
- Tolisso (8) : voir ci-dessus.
- Endrick (7) : critiqué par moments, le Brésilien a montré pourquoi il était spécial. Même s’il a parfois été agaçant sur quelques gestes en première période, il a été très utile sur sa prise de profondeur et son cœur dans le travail défensif. Après plusieurs corners rentrants (10e, 17e) et des actions de soliste (30e), il a lancé Moreira qui a obtenu le penalty juste avant la pause. Au retour des vestiaires, le joueur prêté par le Real Madrid a été impressionnant. Dans tous les bons coups de son équipe, il a été précieux dans la profondeur et a tenté sa chance à de nombreuses reprises. Il a été récompensé de son beau match en inscrivant le but du 4-2 sur une superbe frappe du droit (75e). Par la suite, il aurait pu finir avec deux passes décisives si Moreira (78e) puis Sulc (79e) n’avaient pas raté deux grosses occasions. Un grand match du Brésilien, remplacé par Ernest Nuamah, qui a refoulé les pelouses pour la première fois depuis plus d’un an (85e).
- Merah (7) : c’est le genre de matches qui montrent à quel point le jeune talent de l’OL a progressé tout au long de la saison. Talisman de son équipe depuis quelques semaines, Merah a été très bon ce soir. Fin techniquement, il a été extraordinaire dans son abattage défensif en grattant de nombreux ballons et en avalant les kilomètres tel un marathonien. Encore meilleur en seconde période comme son équipe, il a été inusable et a montré des qualités techniques appréciables malgré quelques pertes de balles. L’un de ses meilleurs matches depuis ses débuts à Lyon. Touché à la main sur un duel avec Merlin, Merah a été remplacé par De Carvalho en fin de match (85e).
- Moreira (7,5) : le Portugais est une vraie pile. Impressionnant pour ses qualités athlétiques et sa justesse technique, Moreira a été un poison pour Alidu Seidu en première période. Même s’il a manqué de justesse sur ses frappes (30e) ou quelques centres (37e), le joueur formé au Sporting CP est allé chercher le penalty qui a permis à Tolisso de remettre Lyon devant au tableau d’affichage juste avant la pause. Au retour des vestiaires, Moreira a encore été le facteur X de l’attaque rhodanienne et il a inscrit le troisième but de son équipe. Impressionnant physiquement, il a avalé les kilomètres et a su montrer de la malice pour gagner du temps à de nombreux moments cruciaux. Un match qui conforte sa très belle saison.
- Yaremchuk (7) : le Groupama Stadium lui va très bien. Buteur à trois reprises lors des deux derniers matches à domicile, l’attaquant ukrainien a récidivé ce dimanche. Trouvé sur un merveilleux centre de Tolisso, le buteur a fait parler son grand sens du but avec une tête parfaite. Au-delà de son but, Yaremchuk a été précieux pour servir de point d’appui et a été très volontaire au pressing. Même si son manque d’agilité a parfois ralenti les attaques lyonnaises, il a été bien plus utile que le contraire ce dimanche. Remplacé par Pavel Sulc (70e), qui a réalisé une entrée pleine de personnalité et durant laquelle il a contribué au succès du soir en étant impliqué sur le but d’Endrick.
Rennes
- Samba (3) : le portier tricolore a été capable de contenir les premiers assauts de l’OL. Avec une certaine justesse dans ses sorties, il a fait preuve de maturité. Celui-ci a notamment repoussé plusieurs ballons pour éviter le danger devant ses défenseurs (14e, 23e). Seulement, c’est encore sur une tête de Yaremchuk que le rempart s’est fait surprendre (37e). Dans la foulée, il a fait voltiger Moreira et a donc offert un penalty à Tolisso : parfaitement frappé (42e). Face à un Moreira opportuniste (52e) et un Endrick affamé, il a complètement été battu (75e).
- Seidu (4) : sur son couloir, le Ghanéen a démontré une énergie très positive durant la première période. Il a effectué de nombreuses courses vers l’avant et a permis à ses partenaires de dynamiser le côté droit. Tout comme Merlin à l’opposé, celui-ci est resté calme, tentant de relancer proprement. Devant Moreira, il est resté patient, sur ses appuis, sans trembler. Or, après la pause, il est resté cloué devant la frappe du jeune attaquant (52e). Remplacé par Mahamadou Nagida (70e), qui est coupable d’une mauvaise relance dans l’axe provoquant le but d’Endrick (75e).
Aït Boudlal (3,5) : le Marocain a entamé sa rencontre avec un choc violent devant Tolisso. Puis, les courses de Moreira l’ont usé, mais il est resté concentré dans ses tâches défensives. Il a tenté des ouvertures pour se projeter vers l’avant avec de l’audace, mais les Lyonnais l’ont vite surpris avec deux buts assez rapides. Le défenseur a sombré devant le but de Moreira (52e) et il a finalement compris que son adversaire était plus costaud en fin de match.
Brassier (3) : présent dans la charnière centrale, le défenseur s’est montré solide et vigilant durant le premier quart d’heure. Puis, les hommes de Fonseca ont commencé à faire douter son équipe, ce qui a refroidi l’ancien Brestois. Il est d’ailleurs absent sur les deux premiers buts rhodaniens : le duel de la tête avec Yaremchuk et la contre-attaque amenant l’égalisation des locaux. Puis, sa soirée a basculé puisqu’il n’a pas protégé son camp devant des Lyonnais affamés.
Merlin (4) : l’ancien joueur de l’OM était positionné dans le couloir gauche. Et on ne peut pas dire qu’il a eu un gros travail devant Endrick durant le premier acte. Le Brésilien n’a pas impressionné son adversaire, et c’est donc avec du calme et de la sérénité que le Tricolore a joué son football. Cependant, il a montré un tout autre visage lorsque ses adversaires ont imposé leur loi. Celui-ci a d’ailleurs terminé sa rencontre avec un avertissement sur le dos, puisque Merah venait de l’humilier avec un petit pont.
Szymanski (3,5) : le numéro 17 était moins visible que son partenaire à l’opposé. Il a fait des appels, proposé des solutions pour écarter le jeu, mais ce n’est pas lui qui a été impliqué dans les phases offensives rennaises. Le Polonais a tout de même tenté de revenir sur la contre-attaque amenant le penalty obtenu par Moreira, sans succès (37e). Sur les coups de pied arrêtés, il n’a ensuite été que très peu tranchant malgré une belle patte. Remplacé par Ludovic Blas (70e).
Rongier (4) : titularisé dans l’entrejeu pour son 300e match en Ligue 1, le milieu de terrain a montré qu’il était impliqué dès l’entame. Celui-ci a notamment effectué de nombreux retours lorsque les locaux se trouvaient en phase offensive. L’ancien Marseillais a facilité le travail de ses défenseurs et s’est montré appliqué à la relance. Présent dans les circuits de passe, il n’a pas été timide durant le premier acte. Et puisque ses partenaires ont été assommés après la pause, celui-ci n’a plus rien proposé si ce n’est un pressing constant.
Camara (4) : avec son numéro 45 dans le dos, celui-ci était en compagnie de Rongier entre les lignes. Et s’il a commis une grosse faute sur Merah (19e), il s’est bien repris en tentant de surprendre Greif (25e). Très habile, déchaîné pour récupérer des ballons, il a montré une réelle implication. Le milieu de terrain a fait les efforts durant les phases offensives et ses déplacements ont permis aux siens de trouver des espaces libres dans le premier acte. Cependant, il n’a rien montré après la pause et cela a impacté le jeu rennais. Remplacé par Djaoui Cissé (87e).
Al-Tamari (5,5) : un début de rencontre sublime de la part du Jordanien. Celui-ci a envoyé une excellente reprise de volée côté gauche pour refroidir les Lyonnais (6e). Très remuant dans sa zone, il est allé au combat pour gagner ses duels et garder le ballon dans ses pieds. Celui-ci a été hésitant dans quelques percées, mais son envie et ses déplacements ont longuement inquiété l’OL. Au retour des vestiaires, il a encore été décisif, offrant un centre à Lepaul (48e). Petit à petit, il manquait de fraîcheur et n’apportait plus rien. Remplacé par Nordan Mukiele (87e).
Lepaul (5) : le meilleur buteur du championnat était attendu contre l’OL. Et c’est d’ailleurs l’attaquant de 26 ans qui a offert une passe décisive pour l’ouverture du score (6e). Ensuite, il a semblé timide. Celui-ci n’a pas apporté de danger dans la surface de Greif et il a même reçu un carton jaune avant la demi-heure de jeu. Après la pause, l’ancien Angevin a pu inscrire son 19e but de la saison (48e). Dans l’ensemble, la soirée du Breton est plutôt décevante. Remplacé par Yassir Zabiri (87e).
Embolo (3) : placé en pointe, le Suisse a semblé discret durant toute la première période. Il n’a touché que très peu de ballons, tout comme Lepaul, et celui-ci n’a pas eu l’occasion d’utiliser son jeu de corps. En fin de compte, il est rentré aux vestiaires sans avoir provoqué de danger, mis à part sur une tentative de volée (45+4). Puis, il a tout de même été malin en laissant filer le ballon entre ses jambes pour permettre à Lepaul de conclure (48e).