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CAN 2025 : comment le Maroc a lutté contre les problèmes d’affluence

Après un début de compétition où certains stades sonnaient creux, la CAN au Maroc attire de plus en plus de fans. Et c’est pour plusieurs raisons.

Par Hanif Ben Berkane
4 min.
Les supporters marocains à la CAN. @Maxppp

L’affluence des stades de la CAN a été un long débat en ce début de compétition. Après les premières images de stades pas toujours pleins, les questions étaient nombreuses de la part des suiveurs du football africain. Pourtant, cette question est récurrente à chaque CAN, avec des stades très souvent vides lorsque le pays organisateur n’est pas concerné par la rencontre. Et les raisons sont nombreuses : prix inaccessibles pour les supporters des pays africains, déplacements très longs et une logistique difficile à gérer. Mais au Maroc, contrairement aux images, les chiffres donnent une autre vérité. Cette CAN a atteint des chiffres records selon la CAF.

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Juste avant le commencement de la CAN, le secrétaire général de l’instance du football africain, Véron Mosengo-Omba, avait annoncé que plus d’un million de billets avaient été vendus en cinq jours, dépassant la totalité de la compétition en Côte d’Ivoire, mais aussi que les records de journalistes accrédités et de sponsors partenaires avaient été largement battus. Après les 8es de finale, plus de 956,788 spectateurs ont assisté à la CAN au Maroc contre 817,313 en Côte d’Ivoire. Mais alors, comment le Maroc a réussi à renverser la situation au fil du tournoi ? Au début de la compétition, notamment à Agadir, certaines personnes avaient pu réussir à rentrer gratuitement dans le stade pour assister aux rencontres de l’Égypte. Alors que des rumeurs sur un accès gratuit vingt minutes après le coup d’envoi avaient circulé, la CAF avait finalement démenti. Dans certaines enceintes de cette CAN, il était aussi possible de se procurer des billets pour les matches avec les tarifs officiels (100 dirhams, 200 dirhams, 300 dirhams).

Une organisation qui s’est adaptée

Le Maroc, dans sa stratégie, avait aussi beaucoup misé sur l’élan des réseaux sociaux et les offres financières pour attirer du monde. « Conformément à la vision du Roi, qui est multidimensionnelle, la FRMF a fait son travail, mais pas que. Il y a aussi la RAM (Royal Air Maroc) qui a fait son travail pour la connectivité en créant de nouvelles lignes et avec des prix bas par rapport à la période. L’ONMT (Office National Marocain du Tourisme) a aussi fait un gros travail pour séduire les gens, les inciter à aller au Maroc à cette période. Ils ont fait plusieurs salons mondiaux. Et donc la FRMF a fait un gros travail de communication à travers le soft power et l’invitation de nombreux influenceurs pour ça. En septembre, un media tour avec plus de 250 journalistes et créateurs de contenu des pays du monde entier a été organisé », nous explique Omar Khyari, conseiller du président de la FRMF, Fouzi Lekjaa. Les influenceurs présents sur place sont effectivement nombreux et il n’est pas rare d’en croiser, parfois même dans la zone des journalistes, en zone mixte ou en conférence de presse. Une vitrine supplémentaire pour attirer du monde, notamment chez les différentes diasporas en Europe. Grâce à ça, quelques supporters ont fait le déplacement sur un coup de tête pendant la compétition. Mais certains couacs d’organisation du début de la compétition ont aussi été réglés, à l’image de la gestion des flux en avant-match sur certaines grosses affiches. Certains barrages de sécurité ont également été raccourcis. Là où il fallait plus de 45 minutes pour rejoindre le stade Moulay Abdellah de Rabat entre le premier barrage et la tribune, il n’en fallait plus que 20 lors du 8e de finale entre le Maroc et la Tanzanie.

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Pour lutter contre la revente de billets et le marché noir, le Maroc a aussi mis les moyens. Depuis le début de la compétition, plus de 120 personnes ont été interpellées pour « vente illégale et falsification de billets, atteinte aux systèmes de traitement automatisé des données, escroquerie et diffusion de fausses informations relatives au tournoi continental ». Via l’application AFCON Ticket, plusieurs détenteurs de billets habitués des reventes en début de compétition ont vu leur compte banni, ce qui a aussi pu dissuader les revendeurs. Et après des premiers matches décevants, désormais la quasi-totalité des rencontres affiche un taux de remplissage proche des 90 %, ce qui est une réussite pour la CAF, qui espère en interne que l’engouement se prolongera lors des prochaines compétitions. Il n’est d’ailleurs pas exclu de voir l’une des prochaines CAN — qui se jouera tous les quatre ans à partir de 2028 — se dérouler encore au Maroc. Les affiches alléchantes des quarts de finale devraient naturellement continuer à attirer du monde et conforter l’idée que cette CAN a changé de dimension cette année !

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