Hakim El Mokeddem : « J'ai faim de terrain »

Plus qu'une passion. Pour Hakim El Mokeddem, le football est toute sa vie. Depuis son plus jeune âge, le jeune homme né en 99 a toujours été fou de ce sport. A 12 ans, il a rejoint le Toulouse Football Club. Un club où il a grandi en tant qu'homme et footballeur et où il a gravi tous les échelons jusqu'à faire ses premiers pas chez les professionnels l'an dernier. Mais cet été, le natif de Montpellier a coupé le cordon. Recruté par Laval, il a ensuite été acheté par le Stade Rennais qui l'a finalement prêté pour une année...à Laval. Après des débuts réussis, El Mokeddem s'est blessé. Un mal pour un bien à écouter le footballeur âge de 20 ans qui n'a qu'une envie : retrouver les terrains de football. Entretien.

Hakim El Mokeddem se confie pour FM
Hakim El Mokeddem se confie pour FM ©Maxppp

**Foot Mercato : vous étiez considéré comme l'un des grands espoirs du centre de formation du TFC. Comment êtes-vous arrivé au club ?

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Hakkim El Mokeddem :** je suis arrivé au TFC à l'âge de 12 ans. Avant ça, j'évoluais à Perpignan, à Las Cobas plus précisément. J'ai fait un match contre Narbonne. Il y avait un recruteur qui s'appelait Stéphane Merle. Après la rencontre, il est venu me voir et m'a donné un papier où il était indiqué qu'il y avait une détection à Toulouse avec les joueurs nés en 98. Il m'a demandé si j'étais intéressé à l'idée d'y participer. J'ai fait les tests et tout s'est bien passé. Deux semaines après, ils ont contacté ma mère et moi et ils m'ont demandé si j'étais d'accord pour rejoindre Toulouse. Ce que j'ai fait.

**FM : toute votre famille vous a suivi dans cette aventure. Le football était-il une passion chez vous ?

H.EM :** non, ce n'était pas vraiment une passion familiale. Mes frères ont tous joué au foot, mais ce n'était pas une grande passion dans la famille on va dire. Moi, j'ai toujours joué au football. J'ai toujours été un vrai passionné de ballon rond. J'aime le foot depuis tout petit. C'était une évidence.

**FM : au moment de rejoindre Toulouse, vous avez aussi dit non au FC Barcelone. Pour quelles raisons ? Avec le recul, est-ce un regret ?

H.EM :** c'est vrai, le Barça me suivait. Je venais de m'engager avec Toulouse et juste après, le recruteur du FC Barcelone est venu me voir. Donc c'est pour cette raison que j'ai refusé. Je venais de m'engager avec Toulouse où je venais de m'installer avec ma famille. J'étais en France et je ne me voyais pas partir à 12 ans à Barcelone. J'en ai parlé avec ma famille. Eux aussi ne se voyaient pas déménager en Espagne. C'était une évidence pour moi de rester à Toulouse. J'avais de bons rapports avec le club. Tout s'était bien passé (...) Je n'ai aucun regret aujourd'hui. J'ai bien évolué à Toulouse où j'ai pris du plaisir, où je me suis régalé. Donc je n'ai aucun regret.

**FM : quel regard portez-vous sur votre formation et votre parcours au TFC ?

H.EM :** j'ai passé de très belles années à Toulouse. J'ai beaucoup progressé. Les éducateurs m'ont formé et éduqué. J'ai passé huit ans là-bas. Il y a eu des hauts et des bas. C'était très enrichissant. J'ai grandi en tant que footballeur. J'ai aussi grandi en tant qu'homme. C'est un club qui comptera toujours pour moi. Je garderai toujours un œil sur ce que fait le club car j'y ai grandi.

Le TFC, un club qui compte dans son parcours d'homme et de footballeur

**FM : vous avez pu faire vos premiers pas avec les pros l'an dernier. C'était un moment que vous attendiez depuis longtemps j'imagine. Comment l'avez-vous vécu ?

H.EM :** c'est vrai, l'année dernière j'ai fait mes premiers pas en professionnels avec mon club formateur. C'était inoubliable et magique. C'était aussi difficile parce qu'on était dans une spirale négative. On jouait le maintien, les résultats n'étaient pas forcément bons. Mais j'en garde un excellent souvenir. Toute ma famille était présente, ainsi que mes amis. C'était au Stadium à Toulouse en plus. Même les habitants de mon quartier étaient venus. C'était inoubliable. Avant d'entrer sur le terrain, j'avais un peu de pression. J'étais un peu stressé. C'est un sentiment que je ne peux pas vous expliquer. C'était assez spécial. C'était un rêve qui se réalisait.

**FM : la L1, était-ce comme vous l'imaginiez ?

H.EM :** franchement, je ne me suis pas fait tant de films que ça sur la Ligue 1. Je m'étais juste dit que quoi qu'il arrivait, il fallait que je bosse pour y arriver. J'étais confiant. Je me disais qu'un jour ou l'autre je jouerais avec les pros. Je n'ai pas pu jouer beaucoup en Ligue 1. Donc je ne peux pas vous dire réellement comment c'est.

**FM : vous n'avez pu jouer que deux matches en L1. Comment expliquez-vous que nous n'ayons pas pu plus vous voir ? Est-ce qu'on ne vous a pas assez fait confiance ?

H.EM :** les qualités étaient pourtant là... Je me donnais à fond tous les jours, j'étais performant aux entraînements. Mais on ne m'a pas forcément donné la confiance qu'il fallait. Il y a des matches où j'étais sur le banc et où on ne me faisait pas rentrer alors qu'on était en difficultés. C'étaient les choix du coach. Le coach ne m'a pas fait assez confiance. Il ne m'a pas donné assez d'opportunités. Mais c'étaient ses choix. Je ne lui en veux même pas. C'est comme ça, c'est la vie (...) C'est certain qu'on apprend plus en jouant qu'en restant sur le banc. Quand on est jeune, il faut réussir à s'imposer. J'avais l'envie de jouer. Mais je suis quelqu'un qui ne me prend pas trop la tête sur ce genre de choses. Ça peut être frustrant sur le moment, mais ensuite je passe à autre chose et je donne tout dès le lundi aux entraînements.

**FM : justement Alain Casanova, qui était votre coach, disait de vous en septembre 2018 que vous étiez un jeune talentueux mais peut-être trop rapidement promis à un grand avenir. Qu'en pensez-vous ? Est-ce une étiquette dure à porter ?

H.EM :** moi, ça ne m'a rien fait. L'étiquette, ce sont les gens qui la collent sur les joueurs. Moi, je n'ai jamais dit que j'étais promis à un grand avenir, que j'étais un grand joueur. Ça n'a rien changé à ma vie.

**FM : pourquoi avoir quitté les Pitchounes l'été dernier ? Vous avaient-ils proposé de prolonger ? Est-ce un regret de ne pas avoir pu vous imposer avec les pros là-bas ?

H.EM :** il me restait une année de contrat. Toulouse ne m'avait pas proposé de prolongation. Je sentais qu'il n'y avait pas une réelle envie de me faire confiance, de me donner encore un peu plus de temps de jeu, etc. Donc moi, à partir de là, j'ai réfléchi. Je suis un jeune joueur avec ses qualités et ses défauts, j'avais besoin de jouer. Donc j'ai pris une décision importante en quittant le club. Bien évidemment, j'aurais aimé que ça se passe différemment. J'aurais aimé m'imposer dans le club où j'ai grandi, le club de ma ville. Mais c'est comme ça. Je suis une personne qui va de l'avant. Je ne me suis pas arrêté à ça. Je voyais que ce n'était pas possible de continuer l'aventure avec de réelles opportunités. J'ai décidé de partir.

**FM : quel est votre meilleur souvenir à Toulouse ?

H.EM :** je garde un très bon souvenir de mon passage à Toulouse. C'étaient des années inoubliables. Ça restera gravé dans ma tête. Parmi les bons souvenirs, je retiens la belle saison qu'on a fait il y a deux ans CFA2. Il y avait une bonne ambiance, un bon groupe. On avait failli monter lors de la dernière journée. Il nous fallait une victoire, mais on a fait un match nul contre Nîmes. Malgré ça, c'était une super année avec le coach Zanko qui m'avait beaucoup appris. C'est vraiment un bon souvenir.

Rejoindre Rennes et s'y imposer

**FM : vous avez rejoint Laval cet été avant d'être recruté par Rennes, qui vous a laissé à Laval cette saison. Pouvez-vous nous expliquer ce qu'il s'est passé ?

H.EM :** j'ai tout simplement signé un an à Laval. J'ai fait mes premiers matches. Tout se passait bien. J'ai même marqué mon premier but. J'étais plutôt bon. Ensuite, Rennes m'a approché et je me suis engagé là-bas, avant d'être prêté dans la foulée à Laval. C'était pour avoir du temps de jeu, pour m'exprimer de mieux en mieux et poursuivre ma progression.

**FM : vous avez été recruté à Rennes, qui fait confiance aux jeunes, j'imagine que ça a compté au moment de faire votre choix.

H.EM :** le club fait confiance aux jeunes. J'ai vu que plusieurs jeunes ont intégré le groupe professionnel, donc ça a joué au moment de faire mon choix. Je me dis pourquoi pas moi l'année prochaine. Mon objectif sera de m'imposer à Rennes et de me régaler.

**FM : revenons au présent et à Laval, comment jugez-vous vos débuts là-bas ?

H.EM :** ça se passait bien. J'ai joué les cinq premiers matches. Tout allait bien. C'était un nouveau challenge, du renouveau. Mais je me suis blessé. Ça fait maintenant trois mois et demi que je suis éloigné des terrains.

**FM : cette saison, sur quels points souhaitiez-vous progresser ? Qu'aimez-vous le plus dans votre jeu ?

H.EM :** je souhaitais progresser sur tous les points, que ce soit physiquement, statistiquement. Je voulais marquer plus de buts, être plus décisif. J'avais envie de m'améliorer à tous les niveaux, de faire une grosse année (...) Ce que j'aime dans mon jeu, c'est quand je dribble, quand je m'amuse sur le terrain.

**FM : vous vous êtes fait opérer du ménisque en septembre. J'imagine que cela vous a frustré, vous qui aviez de grandes ambitions cette année.

H.EM :** oui, j'étais frustré. Je venais de quitter Toulouse, je voulais bien m'exprimer à Laval. C'est comme ça, ça fait partie de la vie. On ne contrôle pas tout. Je me suis blessé, je compte revenir plus fort.

Sa blessure, un mal pour un bien

**FM: où en êtes-vous aujourd'hui dans votre processus de reprise ?

H.EM :** j'ai fait une partie de ma rééducation à Clairefontaine, puis une partie à Laval. Enfin, j'ai passé ces trois dernières semaines à Cap Breton (entretien réalisé le lundi 16 décembre). Il y a une semaine, j'ai repris la course. Aujourd'hui, j'ai repris avec le ballon, les circuits techniques, etc. Je me rapproche de la fin. Il me reste un mois voire un mois et demi avant de faire mon retour.

**FM : le terrain, la vie de groupe, ce sont des choses qui manquent beaucoup durant une si longue absence...

H.EM :** oui, la vie de groupe et le terrain me manquent. Se défoncer sur le terrain, c'est ça qui manque le plus. Je suis un peu loin de tout, dans une salle de kiné. Ce n'est pas ce que je préfère. Je préfère être sur le terrain et me régaler.

**FM : est-ce qu'une telle épreuve permet aussi de se concentrer sur l'essentiel ?

H.EM :** cette blessure m'apprend beaucoup de choses. Je réfléchis sur plein de choses. Je me suis remis en question. Je me suis dit que je devais travailler physiquement et sur d'autres choses. Depuis cette blessure, tout ce que je n'ai pas fait avant dans le football, je l'ai fait en trois mois. C'est-à-dire que la musculation, c'est tous les jours. Le gainage, les abdos, pareil. Tout ce que je n'aimais pas, je le fais. Cette blessure, c'est comme un électrochoc. C'est un mal pour un bien.

**FM : quel est votre état d'esprit avant de retrouver les terrains ?

H.EM :** je veux me régaler, tout donner et revenir plus fort qu'avant, plus fort que jamais. J'ai faim de terrain.

**FM : vous avez été sélectionné en équipe de France dans les catégories jeunes. Qu'est-ce que la sélection représente à vos yeux ?

H.EM :** la sélection, c'est quelque chose de spécial. On apprend beaucoup. C'est très important. C'est toujours un honneur et un plaisir d'être appelé en équipe de France.

**FM : vous êtes Franco-Algérien. Est-ce que l'Algérie vous a approché ?

H.EM :** non, l'Algérie ne m'a pas approché.

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