Le chiffre est brutal et résume à lui seul la spirale négative rennaise : 10 buts encaissés sur les trois dernières rencontres officielles. À Lens, ce samedi, le Stade Rennais a encore confirmé une fragilité devenue chronique. Pourtant en tête à la pause, les Bretons n’ont jamais vraiment donné l’impression de maîtriser leur sujet, ni même de pouvoir tenir la distance. Ce court avantage ressemblait davantage à un mirage qu’à un tournant, tant l’animation offensive était pauvre et la défense constamment sous pression. Privé de Brice Samba, écarté pour raisons disciplinaires, Rennes a payé cher son manque de repères derrière, incapable de résister aux vagues lensoises après le repos.
Cette nouvelle défaite (1-3) ressemble moins à un accident qu’à un aveu d’impuissance. Quatre mois après avoir frôlé le limogeage, Habib Beye savait que ce match pouvait être celui de la dernière chance ou d’un nouveau départ. Il pourrait bien n’avoir été ni l’un ni l’autre, mais le point de non-retour. Même en supériorité numérique, Rennes n’a jamais su inquiéter Lens, ni inverser une dynamique qui s’aggrave semaine après semaine. Ces 10 buts concédés en trois matchs disent tout d’une équipe qui doute, qui subit et qui sombre, pendant que son entraîneur voit son avenir s’assombrir dangereusement. À ce rythme, la chute au classement semble inévitable… et la patience des dirigeants, déjà mise à rude épreuve, pourrait bien toucher à sa fin.