La nouvelle n’est pas encore officielle, mais elle semble bel et bien actée. Fortement chahuté cette saison, Rudi Garcia ne devrait plus être l’entraîneur d’un Olympique de Marseille privé de Coupe d’Europe en 2019/2020. Pour le remplacer, nous vous avions soumis une liste d’anciens de la maison phocéenne. Parmi ces profils, celui de Gabriel Heinze faisait partie des coaches ayant recueilli le plus de suffrages. Malgré son passé de joueur du Paris Saint-Germain, l’Argentin avait su se faire adopter par le public marseillais. Un amour définitivement validé par le titre de champion de France décroché en 2010 sous les ordres de Didier Deschamps.

Et visiblement, la direction olympienne a elle aussi pensé à Heinze pour la succession de Garcia. En effet, alors que nous vous révélions que l’ancien défenseur avait commencé à sonder le marché français, Sky Italia annonçait quelques instants plus tard l’existence d’un intérêt marseillais pour l’Argentin. Une information confirmée depuis par l’entourage du technicien à l’agence de presse Télam. De quoi redonner le sourire aux supporters phocéens à l’idée de voir revenir sur la Canebière un homme de caractère dont la réputation semble coller à l’environnement bouillonnant d’un OM toujours sensible à sa tradition argentine, qui plus est. Mais si une possible arrivée de Gabriel Heinze sur le banc de touche de l’Orange Vélodrome fait saliver sur le papier, il convient d’essayer d’en savoir davantage sur les qualités d’entraîneur du natif de Crespo.

Un disciple de Bielsa

Retraité des terrains en 2014, Heinze a appris à se construire au fil des années. Car ses débuts de coach en 2015 du côté de Godoy Cruz n’ont pas vraiment été idylliques. « Il a vécu une expérience à Godoy Cruz qui n’a pas été bonne parce qu’il n’avait pas encore son diplôme d’entraîneur. Donc il était dans une situation intermédiaire, il ne pouvait pas s’asseoir sur le banc de touche et diriger ses hommes. En plus les résultats n’ont pas été bons donc l’expérience a été courte. Les supporters de Godoy ont réclamé son départ et demandaient un entraîneur qui puisse être sur le banc », nous explique Maximo Randrup, journaliste au quotidien La Nacion. Remercié après seulement quelques matches, Heinze va alors rebondir en deuxième division en 2016, chez les Argentinos Juniors. Un club que l’ex-Mancunien fera remonter parmi l’élite en un an avant de filer à Vélez Sarsfield. Un succès qui lui permettra également de faire connaître ses méthodes de travail.

« Là-bas (chez les Argentinos Juniors, ndlr), ça s’est très bien passé. Il a fait monter l’équipe et a révolutionné le club avec ses méthodes de travail. Il est très méticuleux et avait un style très ambitieux et offensif. En plus de la montée en première division, son succès a aussi été marqué par un style très attractif. Un style similaire à celui de Marcelo Bielsa. Ici, on dit d’ailleurs qu’Heinze est un disciple d’El Loco. Tous les joueurs qui parlent de lui le décrivent comme un entraîneur très travailleur. Il y a beaucoup de points communs entre Bielsa et lui sur et en dehors du terrain. Aujourd’hui, Vélez est une équipe à laquelle il demande beaucoup d’intensité à la récupération et qui propose du coup beaucoup en termes de solutions offensives. Elle joue de manière très verticale », poursuit Randrup. Une tendance confirmée par l’approche de ses matches (pour lesquels il privilégie souvent un schéma type 4-2-3-1) et le contenu d’entraînements désormais réputés pour être très intenses. Il suffit d’ailleurs de prêter l’oreille au portrait dressé par le journaliste de La Capital Lucas Vitantonio pour être convaincu qu’Heinze a tout d’un disciple de Bielsa.

Heinze fait confiance aux jeunes

« Heinze veut un effectif ultra concentré sur ses matches. Il n’aime d’ailleurs pas gaspiller de l’énergie dans les à-côtés du football. Il met tout en oeuvre pour que ses compositions de départ mettent une pression hors-norme dans tous les secteurs de jeu dans le but de terminer les actions avec un maximum de joueurs présents dans la surface adverse. Il ne laisse aucun détail au hasard et se consacre à son métier 24 heures sur 24. Tout comme il l’a fait pendant sa carrière de joueur, il ne conçoit pas de s’engager sans se donner au maximum pour atteindre l’objectif fixé. Chaque entraînement est un véritable laboratoire tactique dans lequel il inculque avec la passion et la persévérance d’un scientifique chacun de ses schémas tactiques. » Une comparaison qui bénéficiera forcément d’une immense caisse de résonance sur le Vieux-Port, là où El Loco a laissé une trace indélébile.

Enfin, un dernier point important chez Heinze : la promotion des jeunes d’un club. Il les considère tout simplement comme des pièces maîtresses dans la construction d’un projet. À Vélez, l’Argentin n’hésite d’ailleurs pas à mettre certains cadres de côté s’il estime que c’est dans l’intérêt de son équipe. « Il a également fait jouer beaucoup de jeunes. Heinze avait perdu un joueur important comme Mauro Zarate, mais il a su les remplacer par des jeunes », ajoute Randrup. Un nouvel argument de poids vis-à-vis d’une formation comme l’OM ayant remis la formation au centre du projet de Frank McCourt. Reste maintenant à savoir si la méthode Heinze pourra s’appliquer et perdurer dans le temps. Car, pour rappel, Marcelo Bielsa avait mis l’OM au sommet de la Ligue 1 jusqu’à l’hiver 2014, avant que son effectif ne finisse sur les rotules et privé de podium, usé par les méthodes d’El Loco.

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