Ils l’ont fait ! Grâce à Christian Clemens, les Boucs du FC Cologne ont décroché leur premier succès de l’année en Bundesliga lors de l’ultime journée de la phase à l’aller, à domicile face à Wolfsburg, samedi (1-0). Un succès qui porte leur total de points à 6 mais ne leur permet pas de quitter leur place de lanterne rouge (9 points derrière l’actuel barragiste Brême). S’ils ont décroché deux succès en Ligue Europa (BATE Borisov et Arsenal) les Rouge et Blanc ne sont jamais parvenus à inverser la tendance en championnat. Après avoir conclu l’exercice 2016/17 à une très honorable cinquième place, Cologne s’est séparé de son attaquant vedette, Anthony Modeste, à l’intersaison. La transition fut douloureuse et l’entraîneur en poste depuis 4 ans, Peter Stöger, a été limogé.

Si les signes d’une embellie ont été aperçus du côté de la Rhénanie du Nord-Westphalie et si Metz, Angers (2 victoires), Malaga, Las Palmas (3 victoires), West Bromwich (2 victoires) et Swansea (3 victoires) ont d’ores et déjà sauvé l’honneur dans les championnats majeurs, quatre équipes, parmi les 55 championnats européens de première division que compte l’UEFA, vont passer Noël avec l’étiquette de « sans victoire ». Des formations évoluant parfois dans des contrées reculées, dans des championnats au niveau modeste, mais qui ont le mérite d’exister et d’évoluer chaque week-end aux côtés de l’élite footballistique de leur pays. Des clubs qui auront tous la même bonne résolution pour 2018. Trouver le chemin de la victoire.

Italie : Benevento (17 défaites, 1 nul, 9 buts pour, 41 buts contre)

Une série de neuf matches sans défaite en conclusion de la saison 2016/17 de Serie B avait permis à Benevento d’accrocher les barrages d’accession et, après avoir passé les quarts, puis les demi-finales, le club de Campagnie, cinquième de la saison régulière, avait écarté Carpi, sur la route de la montée dans l’élite du football italien. Les Sangs et Or accèdaient à la Serie A pour la première fois de leur histoire, après n’être restés qu’une saison en Serie B. Cette année, tout est différent. S’il n’a toujours pas gagné la moindre rencontre en première division cette saison, le promu est parvenu à faire parler de lui à deux reprises.

Tout d’abord pour cette série de défaites : 14 de suite. Un record à l’échelle de l’Italie (Venezio Calcio, 8 défaites lors des 8 premières journée en 1949) mais également en Europe, où le triste record était co-détenu par Manchester United, saison 1930/31 et le Grenoble Foot 38, saison 2009/2010, qui avaient débuté leur championnat avec 12 défaites. Les projecteurs se tournèrent une seconde fois vers Benevento le 3 décembre dernier. Lorsque le club de la ville des sorcières réussissait le petit d’exploit d’arracher son premier point de la saison à domicile, face à l’AC Milan, grâce à un but inscrit dans les derniers instants, par son gardien de but, Alberto Brignoli (2-2).

Andorre : Penya Encarnada (12 défaites, 3 buts pour, 82 buts contre)

Cent trente-huitième nation au classement FIFA, Andorre n’est pas le premier nom qui vient à l’esprit au moment d’évoquer l’Europe du Football. Mais cette année, le club de Penya Encarnada d’Andorra se distingue parmi les 8 équipes de la Primera Divisio. Le club basé dans la capitale de la principauté de 85 000 habitants nichée entre France et Espagne, Andorre-la-Vieille, n’a toujours pas inscrit le moindre point après 12 journées. Pire, avec 82 buts encaissés (environ 7 buts par match), PEA dispose de la pire défense d’Europe. Une lanterne rouge du championnat d’Andorre qui se distingue également par un blason qui rappelle dans les moindres détails celui du Benfica Lisbonne.

Tous les membres fondateurs de PEA ont partagé la passion pour le Benfica Football Club, au Portugal, et c’est la raison pour laquelle ils ont nommé le club Penya Encarnada, nom que les fans de Benfica utilisent pour appeler les Aigles. Actuellement, en première division, PEA s’entretient avec les pensionnaires de l’Estadio da Luz pour devenir sa filiale en Andorre. En attendant la décision de l’entité portugaise, l’équipe principalement composée de Portugais et de Mexicains lutte pour obtenir ses premiers points cette saison. La défaite 1-0 concédée face au deuxième, l’UE Engordany, avant la trêve, a déjà donné quelques signes d’espoir. Le match de reprise, le 14 janvier, face au leader, ne devrait toutefois pas échapper au quadruple champion en titre du FC Santa Coloma.

Bulgarie : Vitosha Bistritsa (15 défaites, 5 nuls, 10 buts pour, 44 buts contre, 5 points)

Le Vitosha Bistritsa est un club à part, puisqu’il compte parmi ses licenciés l’actuel Premier ministre, Boïko Borissov...58 ans. En 2013, Borissov était entré dans l’histoire sportive bulgare en devenant l’homme le plus âgé à disputer un match de football professionnel dans le pays. Le Vitosha bataillait alors en deuxième division et ce caprice de tsar de l’ancien garde du corps du Roi de Bulgarie, alors âgé de 54 ans, avait fait grand bruit. Tout comme les penalties qu’il ratait et que l’arbitre lui donnait à retirer, prétextant l’entrée dans la surface d’un joueur adverse avant le tir, ou les adversaires qui s’arrêtaient de jouer lorsqu’il progressait balle au pied. Si le chef d’état bulgare évolue dorénavant avec les vétérans du Vitosha, le club fait toujours parler de lui. Et plutôt pour mauvaises raisons.

Promu cette année en Parva Liga, première division bulgare, après avoir terminé troisième de la Vtora Liga, deuxième échelon du football du territoire de l’ancienne Thrace, et avoir écarté le PFK Neftochimic Burgas en barrage d’accession (0-1), le Vitosha Bistritsa a réalisé une première partie de saison très compliquée, enchaînant 15 défaites et 5 matches nuls lors des 20 premières journées ! A la trêve, le club situé à 15km au sud de Sofia, qui compte la pire défense du championnat (44 buts encaissés), mais également la moins bonne attaque (10 buts marqués), compte (déjà) 43 points de moins que le leader Ludogorets (48 points). La reprise, prévue le 17 février prochain, permettra peut-être au 14e du championnat bulgare d’enfin trouver le chemin de la victoire...

Saint-Marin : Murata (11 défaites, 4 buts pour, 30 buts contre)

Troisième plus petit État d’Europe après le Vatican et Monaco, plus ancienne république au monde avec un système constitutionnel qui remonte au XVIe siècle, Saint-Marin est installé dans la région italienne des Marches. Le Campionato Sammarinese regroupe 15 équipes, séparées en deux groupes de 7 et 8. Reversé dans le groupe B, le SS Murata a concédé 11 défaites sur ses 11 premiers matches de la saison, encaissant 30 buts et ne parvenant à en inscrire que 4. Les temps changent.

Fondé en 1966, le SS Murata a remporté son premier titre national en 2006, puis réédité cette performance en 2007. Murata fut le premier club saint-marinais à prendre part à la Ligue des champions. Le club saint-marinais avait fait parler de lui en juillet 2007, il y a dix ans déjà, lorsque dans le but de renforcer l’équipe première, il avait fait signer le Brésilien champion du monde 1994 âgé alors de 41 ans, Aldair. Le club approcha même en juillet 2008 le Brésilien Romário et le champion de Formule 1 Michael Schumacher. Mais tous deux déclinèrent la proposition. A la reprise, le 13 janvier, les pensionnaires du SS Murata chercheront à décrocher leur premier point, face à San Giovanni, dernier du groupe A, qui compte deux victoires.