Ni la Pologne ni la Colombie n’avaient le droit à l’erreur ce soir lors de cette 2e journée de la poule H. Défaits lors de la première rencontre, les deux équipes devaient viser la victoire pour tenter d’exister encore dans cette Coupe du Monde. Les Polonais se présentaient en 3-4-3, comme lors de la fin de match face au Sénégal. Zielinski et Kownacki occupaient les ailes et épaulaient Lewandowski devant. Glik lui était toujours diminué par sa blessure à l’épaule et démarrait sur le banc une nouvelle fois. La Colombie elle se présentait en 4-2-3-1 et récupérait un James Rodriguez diminué lors du premier match. Le Munichois faisait équipe avec Quintero et Cuadrado en soutien de Falcao.

La tension transpirait dès le début de rencontre entre deux collectifs qui avaient du mal à se mettre en place et des contacts toujours plus lourds. La Pologne affichait un peu plus de détermination durant le premier quart d’heure sans se procurer d’occasion. La bataille du milieu commençait doucement à pencher du côté colombien avec un Quintero de plus en plus présent. Seul Falcao ne semblait pas au rendez-vous et cela handicapait les Cafeteros avec deux situations gâchées (20e, 26e). Ils perdaient aussi Aguilar sur blessure (32e) mais montaient en puissance à l’image de Cuadrado, jusque là discret et auteur d’un festival dans la surface (37e).

La technique et le collectif des Colombiens font la différence

Le joueur de la Juventus participait ensuite à l’ouverture du score. Il jouait une combinaison sur corner avec James, Quintero parvenait ensuite à décaler le milieu du Bayern qui trouvait la tête de Yerry Mina (0-1, 40e). Un court avantage mérité pour la Colombie qui avait fait le plus dur avant la pause. Les hommes de Pekerman jouaient un petit peu plus bas après le retour des vestiaires et évoluaient davantage en contre où la vitesse de Cuadrado faisait de gros dégâts. Il offrait d’ailleurs une balle de but à Falcao à l’entrée de la surface qui frappait largement au-dessus (52e). Une nouvelle occasion qui s’envolait pour le buteur de Monaco qui aurait pu peser lourd pour la suite du match.

Car dans la foulée, Lewandowski s’en allait défier Ospina après un super ballon parti de la défense mais perdait son duel (58e). Un tournant dans cette rencontre. Les Aigles Blancs allaient prendre l’eau de toutes parts. Trouvé par Quintero et couvert par Krychowiak, Falcao concrétisait enfin une occasion en trompant Szczesny (0-2, 70e). Un break qui permettait de terminer plus tranquillement cette rencontre, d’autant que le ballon suivant, James plaçait Cuadrado sur orbite qui scellait la victoire (0-3, 75e). La Pologne tentait de bien finir mais Krychowiak échouait sur Uribe (81e) et Lewandowski sur Ospina (88e). Avec cette lourde défaite, elle est éliminée du Mondial alors que les Cafeteros se relancent avant d’affronter le Sénégal.

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L’homme du match : Cuadrado (8) : discret en début de rencontre et pas vraiment juste, il a mis le turbo après le premier quart d’heure. Ses prises de risque ont souvent été récompensées (37e) et il a bien su combiner avec ses partenaires comme sur le but de Mina (40e). Virevoltant sur le côté, il sert aussi un Falcao qui se manque (52e) avant de marquer sur une offrande de James (75e). Défensivement aussi, il a su faire les efforts nécessaires. Un gros match de sa part.

Pologne :

- Szczęsny (3,5) : se saisissant tranquillement d’un ballon en début de match, le gardien de la Juventus commençait bien. Rassurant pour sa défense, il se détendait parfaitement devant une tentative de Cuadrado (37e). Ensuite il coinçait. Pas forcément extraordinaire dans sa sortie, il s’inclinait devant une tête de Yerry Mina (1-0, 40e). Opposé à Radamel Falcao, il encaissait un nouveau but (2-0, 70e) et Juan Cuadrado venait clôturer le spectacle juste après (3-0, 75e). Une nuit malheureuse pour lui.

- Piszczek (5) : positionné en défense centrale au lieu de son couloir droit habituel, le joueur du Borussia Dortmund a eu un bon comportement dans cette rencontre. Assez sérieux défensivement, il faisait valoir son expérience. Son entente avec Bereszyński est d’ailleurs l’une des rares satisfactions des Aigles Blancs. Un match correct de sa part même s’il n’a pas réussi à éviter la désillusion de sa sélection.

- Bednarek (5,5) : pas forcément toujours au point dans son positionnement, il avait au moins le mérite de répondre au défi physique proposé par les Colombiens. Suite à un centre fuyant, il dégageait son équipe d’une tête rageuse (33e). Excellent dans ses relances, il permettait à la Pologne de rapidement se projeter. Il était averti pour une faute grossière sur Uribe (61e). Un des rares à être à la hauteur ce soir, il intervenait parfaitement suite à une talonnade astucieuse d’Uribe (84e).

- Pazdan (4) : appelé à être le patron de la défense polonaise en l’absence de Glik, le joueur du Legia Varsovie réalisait une entame de match en demi-teinte. Présent dans les duels, il avait davantage de difficultés dans la gestion des espaces. Régulièrement au sol, il a pris pas mal de coups et n’a pas hésité à se sacrifier. Sur le troisième but colombien, il était totalement dépassé (3-0, 75e). Un match pénible où il aura réalisé une prestation en demi-teinte. Remplacé par Kamil Glik (80e) qui aura disputé son premier match dans une Coupe du monde et subi un grand pont de Cuadrado.

- Bereszyński (4,5) : piston droit de la Pologne, le natif de Poznań était bridé dans son couloir par Barrios et Mojica. Défensivement, il venait au soutien de Piszczek et tenait bien son couloir. Mieux offensivement par la suite, il apportait un bon nombre de possibilités lors du second acte. Il se faisait remplacer par Łukasz Teodorczyk (72e) qui venait pour apporter du poids offensivement.

- Rybus (2) : pas suffisamment percutant, l’ancien Lyonnais essayait de se rendre utile offensivement, mais n’était pas suffisamment tranchant dans les derniers mètres. Défensivement c’était compliqué avec de nombreux déboulés de Cuadrado dans son couloir. Il vivait un calvaire à chaque duel contre le joueur de la Juventus. En fin de match, il ne parvenait pas à revenir sur Cuadrado sur le troisième but colombien (3-0, 75e). Il aura passé le match dans la poche de l’ailier colombien.

- Krychowiak (3) : absent des débats, l’ancien joueur du Stade de Reims était complètement éteint dans l’entrejeu. En difficulté face à l’impact des Colombiens, il semblait lent et à court de solutions. Pas du tout au point dans son jeu de passe, il handicapait clairement les phases de transition de sa formation. En retard sur le deuxième but colombien, il plombait définitivement la Pologne (2-0, 70e). Il passait néanmoins tout proche du but de l’honneur dans les dernières minutes (81e).

- Góralski (4) : choisi pour renforcer l’entrejeu des Aigles Blancs, il confortait Adam Nawalka dans ses choix. Précieux à la récupération, son énorme volume de jeu lui permettait d’être capable de se projeter. Un premier acte appliqué qu’il ne parvenait pas à rééditer en seconde période. Dépassé par le rouleau compresseur des Cafeteros, il disparaissait totalement des débats. Il recevait juste un carton jaune pour une faute sur James Rodriguez (85e).

- Zieliński (4,5) : très actif dès le début de match, le Napolitain apportait du danger devant le but colombien. À l’entrée de la surface des Cafeteros, il déclenchait une frappe qui était déviée en corner (18e). Dépositaire du jeu polonais, il s’éteignait néanmoins au fil des minutes. Il faut dire que ses coéquipiers ne lui apportaient pas suffisamment de solutions. Une fin de match assez insipide de sa part puisqu’il ne parvenait plus à faire de différences.

- Kownacki (2,5) : assez brouillon dans son côté gauche, il avait de grosses difficultés à se défaire de la défense adverse. Pas suffisamment percutant, le joueur de la Sampdoria traversait cette première période comme un fantôme. Continuant le deuxième acte sur le même rythme, il laissait sa place à Kamil Grosicki (57e) venu apporter son explosivité. Malheureusement le joueur d’Hull City a dû la laisser aux vestiaires puisqu’il n’aura jamais pesé dans ce match.

- Lewandowski (3,5) : très moyen pour pas dire décevant contre le Sénégal, le buteur du Bayern Munich se montrait assez timide en début de partie. Régulièrement à l’arrêt, décrochant par moment, il n’arrivait pas à se mettre en évidence. Au retour des vestiaires, il claquait une tête timide qui passait à côté du but d’Ospina (49e). Auteur d’un sublime contrôle, il se présentait face au portait colombien qui s’imposait de nouveau (58e). Voulant sauver l’honneur, il tentait de nouveau de l’extérieur de la surface (88e) sans succès.

Colombie :

- Ospina (7) : touché à la cheville en début de rencontre, le gardien d’Arsenal a vécu une première période tranquille. Il n’a pas eu grand-chose à faire à part de rares sorties aériennes qui ont soulagé sa défense. Il n’a que deux arrêts à faire en seconde période. Il remporte un duel déterminant face à Lewandowski (58e) avant d’être aidé par la cuisse de Uribe alors qu’il était sur la trajectoire du ballon (81e).Il est encore concentré sur cette lourde frappe de l’attaquant du Bayern (88e).

- Arias (7) : le latéral de 26 ans aura été nouveau une valeur sûre ce soir. De rares montées mais souvent dangereuse avec des centres ajustés (23e) et une défense solide dans son couloir face aux assauts de Kownacki. Un retour très important devant Lewandowski dans la surface (49e) et un bon décalage pour Quintero sur le but de Falcao (70e). Le pensionnaire du PSV a été au rendez-vous ce soir.

- Mina (7) : Pekerman a tenté une nouvelle charnière centrale en préférant le Barcelonais à Murillo. Un pari réussi par le sectionneur. Un peu inquiétant en début de match, il est monté en puissance en dégageant des ballons chauds. Autoritaire face à Lewandowski (45e+3), il a de plus ouvert le score et lancé les siens (40e) même s’il laisse le buteur polonais prendre le dessus sur cette longue transversale (59e).

- Sanchez (6) : le taulier de la défense, c’est lui. Il a rattrapé quelques coups en contre notamment (19e, 24e) grâce à un placement intelligent même si la vitesse de Zielinski l’a parfois inquiété. Pas toujours solide dans les duels, il ne s’est pas embêté à vouloir dégager proprement. Il est parvenu à récupérer des ballons et à museler Lewandowski.

- Mojica (4,5) : le joueur de Girona n’aura pour le coup pas été l’assurance tout risque. Un match moyen de sa part causé notamment par un bon Zielinski. Face à son vis-à-vis, il a souffert, étant régulièrement pris de vitesse ou par les dribbles. Il est aussi auteur d’une petite erreur sans conséquence en remisant de la tête (38e). On ne l’a pas vu offensivement.

- Aguilar (non-noté) : titulaire cette fois-ci, l’ancien Toulousain a comblé ses lacunes physiques et son manque d’impact par sa vista et une intelligence de placement. Il a perdu un ballon chaud avant de se blesser. Il a rapidement été remplacé par Uribe (31e - note : 6,5) qui a offert plus de stabilité au milieu même s’il a pris parfois de gros risques de relance (51e). Gros bagarreur, il a souvent pris le dessus dans les duels, cassant les offensives adverses (60e, 66e). Ses efforts ont également permis de combler des espaces laissés sur les côtés. Il repousse une tentative à bout portant de Krychowiak (81e) et n’est pas loin de marquer non-plus (84e).

- Barrios (6) : plus mobile que Aguilar, le joueur de Boca Juniors a fourni de gros efforts pour combler des espaces en défense. Il a aussi perdu des ballons qui auraient pu coûter cher (18e) mais aura été vital à la récupération, interceptant plusieurs ballons pour ensuite servir ses partenaires. Il n’a jamais baissé le rythme malgré les temps forts polonais et quelques fautes de sa part.

- Cuadrado (8) : voir ci-dessus.

- James (8) : un peu juste lors du dernier match, il a cette fois-ci débuté la rencontre et le jeu de la Colombie s’en est ressenti. Placé sur le côté gauche, il est souvent venu repiquer dans l’axe pour jouer avec ses partenaires dans les petits espaces. Pas en réussite en début de rencontre (26e), il a été récompensé de ses efforts en déposant le ballon sur la tête de Mina (40e). Encore précieux en seconde période, il est à nouveau passeur décisif pour Cuadrado (75e).

- Quintero (7,5) : dans une position légèrement plus reculé de James, l’ancien Rennais a réalisé une prestation dans la lignée du Japon. Disponible et juste, il aura été le détonateur du jeu colombien en tentant de trouver ses partenaires offensifs (20e, 33e). Il a fini par être récompensé de ses efforts en décalant le passeur décisif James (40e). Toujours dans le bon tempo, il a un peu disparu après la pause avant de ressurgir pour offrir le second but à Falcao (70e). Remplacé par Lerma (73e) qui a participé à la fête en faisant circuler le ballon.

- Falcao (5,5) : il a manqué de tranchant devant à l’image de cette passe mal dosée à Quintero (20e) ou de cette remise en talonnade pour Cuadrado (26e). Une nouvelle occasion gâchée après ce ballon parfait de Cuadrado à l’entrée de la surface (52e) mais il se rattrape en concrétisant enfin ce ballon de Quintero (70e). Un but qui scellait le résultat. Il aura aussi pesé dans la conservation de balle. Remplacé par Bacca (78e).