Mais qu’est-il arrivé aux Bleus ? Comment ont-ils pu dilapider un avantage de deux buts après un début de match particulièrement réussi ? Tout a commencé par un but, un peu gag, encaissé à la 29e minute, où un simple ballon rentrant a suffi à déstabiliser tout le monde. Puis la Colombie y a mis vraiment du sien en seconde période : un pressing haut, qui a considérablement gêné le milieu et la défense français, et une intensité montée de deux crans par rapport à la première période. Face à cela, les hommes de Didier Deschamps n’ont pas su répondre, et ont craqué en encaissant deux nouveaux buts.

Faut-il s’inquiéter ? Non, selon Blaise Matuidi, pour qui « tout n’est pas à jeter ». Pour N’Golo Kanté, également interrogé en zone mixte après la rencontre, « ça reste de la préparation. Il y a eu des bonnes choses ce soir, il y a eu du moins bon. Il faut continuer à apprendre ». D’autres joueurs ont quand même souligné la déliquescence du jeu français en seconde période. « On a baissé d’intensité en deuxième mi-temps. (…) Quand tu perds l’agressivité et l’intensité, ça paye. Ce sont eux qui ont mis l’intensité et l’agressivité », a ainsi admis le petit nouveau, Lucas Hernandez, habitué à la grinta de Diego Simeone à l’Atlético Madrid.

Un état d’esprit déficient

A l’issue de la rencontre, Didier Deschamps était clairement agacé d’avoir vu son équipe se faire autant bouger par des Colombiens transfigurés. Et il l’a visiblement bien fait comprendre à ses joueurs. « Le coach nous a dit qu’on s’était fait rentrer dedans. Vous voulez dire quoi de plus, c’est la vérité », raconte Lucas Digne. « Le problème, c’est qu’on n’ait pas gagné les duels. C’est la première des choses à faire. Pour jouer après, pour poser le ballon, il faut l’avoir et ne pas perdre ses duels. Sincèrement, je n’ai pas d’explication, on n’a eu plus de mal à ressortir la balle. Ils nous sont rentrés dedans, ils avaient peut-être plus envie, je n’en sais rien. »

Pas assez d’envie ? Ou manque de caractère ? C’est la théorie d’Olivier Giroud. « C’est bien quand tout va bien, tout le monde est content, mais il faut aussi se forger une espèce de caractère, de trait de caractère. Pour pouvoir justement réagir. Je pense qu’on n’a pas su réagir dans les moments difficiles. Je nous ai senti, moi le premier, un peu amorphes et déstabilisés. On a encore du travail là-dessus. Ce genre de match doit nous servir », a analysé l’attaquant des Bleus, rejoint par le défenseur Samuel Umtiti. « En deuxième période, on n’a pas joué, tout simplement. On a manqué de mouvement, loupé pas mal de passes. Dans le duel, on s’est fait manger. C’est une belle leçon qu’on a prise ce soir. On va essayer de travailler pour rectifier ça. Ce n’est pas normal, il faut qu’on gère mieux nos matches, que l’état d’esprit soit bon, et il n’a pas été bon en seconde période. » Etat d’esprit, caractère et envie, trois éléments qui ont cruellement fait défaut à l’équipe de France en seconde période.