Le malheur des uns fait le bonheur des autres. Julio César (36 ans) blessé, Ederson (22 ans) a pris place dans les buts de Benfica début mars. Le grand saut pour le Brésilien qui, jusque-là, avait dû se contenter d’apparitions en Coupe de la Ligue ou en Segunda Divisão avec l’équipe réserve. Et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il a rapidement mis tout le monde d’accord. Pour sa deuxième titularisation, contre le Zenit Saint-Pétersbourg (1-2, 8e de finale retour de Ligue des Champions), il avait sorti le grand jeu face à Artem Dzyuba et ses partenaires. Depuis, le jeune gardien n’est plus sorti du onze de Rui Vitoria. Résultats : quatorze titularisations consécutives toutes compétitions confondues, cinq clean-sheets et dix buts encaissés seulement !

En l’espace de quelques semaines à peine, le natif d’Osasco a mis tout le monde d’accord, fort de prestations de choix contre le Sporting CP (0-1) ou face au Bayern Munich (1-0 ; 2-2, quart de finale de Ligue des Champions), s’imposant comme un acteur majeur de la belle saison du SLB, en lice pour le doublé championnat-Coupe de la Ligue. « Il a joué à l’Allianz Arena de Munich comme s’il jouait dans le stade du Desportivo das Aves (modeste 8e de Segunda Divisão au Portugal), avec une envie incroyable. Ce n’est pas donné à tout le monde de jouer et de supporter la pression d’un Estadio da Luz plein, surtout avec une telle maturité », a récemment salué Quim, ancien portier de Benfica (2004-2010) et de la sélection portugaise (32 sélections), au micro de Radio Renascença, avant de poursuivre. « Si Ederson part, il rapportera beaucoup d’argent à Benfica, mais je pense qu’il va rester très longtemps ».

Le Brésil se laisse aussi séduire

Plébiscité, l’intéressé, qui s’était révélé ces trois dernières saisons sous la tunique de Rio Ave (2012-2015), savoure le simple fait d’avoir été promu n°1 en cette fin de saison. « C’est une chance de travailler avec Rui Vitoria parce qu’il mise sur les jeunes. Pas seulement sur moi, qui ai eu ma chance après la blessure de Julio César, mais aussi des joueurs comme Lindelöf et Renato Sanches », a-t-il apprécié. Dynamique sur sa ligne, agressif sur ses sorties dans les pieds ou dans les airs et plutôt précis au pied, Ederson affiche toutes les qualités du gardien moderne. Et ce n’est pas une surprise si le Brésil l’appelle régulièrement pour garder les cages des Espoirs. Mieux, Dunga a tout bonnement décidé de le convoquer pour la prochaine Copa América, aux États-Unis !

« Ederson a joué dans un club modeste au Portugal. Il a remplacé un joueur emblématique de la sélection brésilienne (Julio César) au sein d’une grande équipe comme Benfica. Il a de la personnalité, il sort bien de ses buts, il a une bonne lecture du jeu. Dans le football moderne, un gardien doit savoir jouer comme un dernier défenseur et il possède ces caractéristiques », a expliqué le sélectionneur du Brésil pour justifier ce choix. Une folle ascension qui n’est pas sans rappeler celle de l’un de ses prédécesseurs à Benfica, à savoir un certain Jan Oblak. Après être passé par Rio Ave (2012/13), le Slovène s’était révélé une saison durant à Lisbonne (2013/14) avant d’être vendu pour 24 M€ à l’Atlético Madrid et de s’imposer comme l’un des meilleurs à son poste en Europe. La voie est toute tracée pour Ederson ! L’Inter Milan, qui prépare la succession de Samir Handanovic (29 ans), serait même déjà sur le coup selon O Jogo...