Après un début de saison marqué par le doute, à tel point que Zinedine Zidane semblait même un peu en danger, le Real Madrid commence à trouver son rythme de croisière et enchaîne les performances convaincantes. Les Merengues sortent ainsi d’une victoire face à Leganés (5-0), un match nul malheureux face au Betis (0-0) que les Madrilènes avaient pourtant dominé de bout en bout, et deux succès contre Galatasaray (6-0) et Eibar (4-0). Peu à peu, on commence à voir du mieux dans l’animation offensive merengue, avec un Eden Hazard qui s’approche enfin du niveau attendu de lui, ou d’un Rodrygo qui émerveille son monde.

L’équipe semble aussi plus équilibrée, ayant réussi à régler les quelques problèmes défensifs qu’on pouvait régulièrement voir et qui causaient de belles frayeurs aux supporters madrilènes. Tout ça demande confirmation, face à des équipes de standing supérieur forcément, mais la tendance est plutôt positive. Et s’il y a un artisan à ce petit renouveau madrilène en cours de saison, c’est sans aucun doute Fede Valverde, la plupart du temps aligné en tant que relayeur droit par son entraîneur. Le milieu de terrain uruguayen apporte énormément à l’équipe de Zinedine Zidane. Sur les séquences défensives, il abat un travail considérable et soulage un Casemiro qui en avait bien besoin. La barrière du milieu est bien plus difficile à passer pour les rivaux, notamment grâce au pressing exercé par l’Uruguayen et sa science du placement, lui qui est toujours là pour couper les potentiels circuits de passe de l’adversaire.

Un profil qui manquait à Madrid

Et lorsqu’il a le ballon entre les pieds, on peut constater des progrès à vue d’œil match après match. S’il n’a jamais eu la réputation d’être un joueur avec une fibre particulièrement créative ou capable de faire des différences et briser des lignes, il progresse énormément dans ce domaine et s’affirme comme un milieu box to box de qualité, capable de se projeter très rapidement vers l’avant. « Mes meilleures qualités sont ma vision du jeu et mon rythme pour jouer avec le ballon. J’ai toujours envie de courir et d’arriver aux deux surfaces pour pouvoir défendre et attaquer », s’est décrit le principal concerné lundi dans un entretien accordé à la télévision officielle du club. Concrètement, Fede Valverde commence à faire ce que Zinedine Zidane aurait voulu de Paul Pogba s’il avait réussi à le faire débarquer du côté du Santiago Bernabéu, du moins lorsque l’équipe a le ballon.

Un profil différent de ceux de Kroos et de Modric, plus dans la finesse, la temporisation et la recherche de la bonne solution. Fede Valverde est un joueur plus "brut", plus puissant physiquement et plus en mesure de se projeter via des courses balle au pied. Aujourd’hui on peut clairement parler de lui comme d’un titulaire en puissance à Madrid, chose qui semblait impensable il y a encore quelque mois, d’autant plus que Luka Modric est régulièrement handicapé par des problèmes physiques. Un nouveau joueur ramené du continent sud-américain en 2016 par Juni Calafat, le dénicheur de pépites du club, qui s’avère être un pari gagnant, à l’heure où le Real Madrid mène une politique de captation de pépites aux quatre coins de la planète. Le joueur est arrivé pour 5 millions d’euros, mais sa valeur marchande - indicative puisqu’elle provient du site Transfermarkt - est de 20 millions d’euros désormais, et elle devrait continuer de monter dans les prochaines semaines.

Il s’est mis tout le monde dans la poche

Les supporters madrilènes sont en tout cas sous le charme, puisque chez les fans du club de la capitale, on apprécie particulièrement ces joueurs qui ont la garra, et n’hésitent pas à salir le short et mouiller le maillot. Même si à Madrid on aime les paillettes, ces profils de joueurs discrets et un peu plus batailleurs rentrent très vite dans le cœur des socios. Aussi incroyable que cela puisse paraître dans un effectif qui compte des joueurs comme Eden Hazard ou Karim Benzema, ce sont Rodrygo et lui qui sont vus comme les sauveurs de l’équipe.

« Fede Valverde est un exemple pour tous. Avec du travail et du sacrifice, il se fait une place », lançait par exemple Dani Carvajal après la victoire sur la pelouse d’Eibar le week-end dernier. « C’est un joueur différent, jeune, il a envie, il a faim et veut faire les choses bien », a résumé Zinedine Zidane après cette même rencontre. Épaulé par des joueurs comme Sergio Ramos, Toni Kroos et Casemiro, Fede Valverde connaît ainsi une progression fulgurante, et la presse est aussi unanime à son sujet. « La pièce essentielle de ce nouveau milieu de terrain invincible », expliquait le quotidien AS, qui met en avant les statistiques qui parlent en sa faveur : 13 points pris sur 27 possibles pour le Real Madrid sans l’Uruguayen dans le onze, 19 sur 21 lorsqu’il commence les rencontres. Fede Valverde est en tout cas en train de réussir un sacré exploit ; celui de s’imposer dans un entrejeu jusqu’ici propriété du trio Casemiro-Kroos-Modric, et au sein duquel des joueurs comme Kovacic, Ceballos, Isco ou James Rodriguez n’ont pas su se faire une place...