Florentino Pérez est un personnage qui ne laisse personne indifférent en Espagne. Adulé par certains, détestés par d’autres, le président du Real Madrid est en tout cas l’une des figures emblématiques du football espagnol, et les titres remportés par le club de la capitale pendant ses mandats parlent pour lui. Il n’a cependant pas que des amis. Ramón Calderón, qui a présidé le club entre les deux mandats de Pérez, s’en est vivement pris à lui, l’accusant de pression et de manipulation médiatique menant à sa démission en 2009, dans un entretien accordé au journal El Confidencial. Mais surtout, il a lâché quelques punchlines marquantes, notamment sur le transfert de Cristiano Ronaldo.

« Florentino Pérez insiste en s’attribuant l’honneur d’avoir recruté Cristiano Ronaldo. Il y a peu il a dit à la radio, une fois encore, que Cristiano Ronaldo était la meilleure recrue de son mandat. Ce n’est pas vrai. Cristiano Ronaldo, c’est Pedja Mijatovic et moi qui l’avons recruté, et j’ai ramené des documents pour le prouver une bonne fois pour toutes. Non seulement Florentino ne l’a pas recruté, mais en plus de ça il a tenté de briser le contrat quand il est redevenu président. Le joueur était à deux doigts de ne pas venir à cause de lui, il voulait même renoncer à une compensation financière tellement il était contrarié », a-t-il d’abord expliqué.

« Il méprise les professionnels du football »

Il a ensuite lancé une ribambelle d’attaques contre le président : « au début, on pouvait lui parler. Après, il a arrêté d’écouter les dirigeants. Il y a encore des dirigeants autour de lui parce qu’il est obligé par le règlement du club, mais il s’en fout de leurs opinions. [...] Il n’écoute personne, ni les dirigeants, ni les employés. Il méprise les professionnels du football. Il ne croit pas aux entraîneurs, il a toujours dit que son entraîneur parfait serait un ingénieur routier ! Il considère que les entraîneurs ne sont pas professionnels, qu’ils travaillent très peu, c’est pour ça qu’il a beaucoup d’estime pour Mourinho et les gens de ce profil, parce qu’ils portent le club sur leurs épaules et maintiennent une tension élevée »

« L’interventionnisme de Florentino Pérez est un des grands problèmes du Real Madrid. Il a toujours recruté par caprice. Je me rappelle quand il a mis le transfert de Woodgate sur la table, alors que le staff technique n’était pas d’accord. Il disait : "ils ne connaissent rien ceux-là, Woodgate est très jeune et il a une très bonne note dans la partie FIFA de mon fils". C’est sa mentalité. [...] Il méprise le monde du football, il pense que c’est injuste qu’un intendant d’un club gagne le double qu’un bon ingénieur, il mentionne ça souvent. Il s’en fout des entraîneurs, il pense qu’aucun d’entre eux n’est capable de mener à bien son rôle à l’exception de Mourinho, qui reviendra dans deux mois si tout poursuit son cours ».

Pérez et Zidane, relation tendue

Il en a même dit un peu plus sur la relation entre le boss du Real Madrid et l’entraîneur actuel, Zinedine Zidane. « Je sais que la relation de Pérez avec Zidane est très, très tendue. Il ne lui a pas ramené les joueurs qu’il voulait, et n’a pas vendu ceux qu’il ne voulait plus. Cette tension se transmet aux joueurs et ça se traduit en défaites et en blessures. Il n’y a pas de planification, on recrute sur des coups de tête. Comment c’est possible qu’ils aient payé 60 M€ pour Jovic et que Morata soit à l’Atlético ? Ou que Mario Hermoso, le futur défenseur de la sélection, soit à l’Atlético et que Militão ait été recruté, et qu’il ne joue même pas ? », a-t-il ajouté. À bon entendeur.