Cet été, Villarreal a mis les gros moyens pour renforcer son attaque. Le Sous-Marin Jaune a ainsi déboursé 20 millions d’euros pour faire revenir Gerard Moreno, auteur d’une belle saison à l’Espanyol. Le club de la cote méditerranéenne a également signé un chèque environnant les 18 millions d’euros pour attirer l’Angevin Karl Toko-Ekambi, aussi convoité par plusieurs écuries anglaises. Un duo d’attaque prometteur sur le papier, qui venait renforcer un effectif très intéressant, dans lequel on trouvait déjà des joueurs du calibre de Pablo Fornals, récemment appelé par Luis Enrique en sélection, ou de Manu Trigueros. Mais tout ne se passe pas vraiment comme prévu pour l’équipe entraînée par Javi Calleja, qui pointe à la seizième position de la Liga.

Que donne l’attaquant camerounais ? Après 12 journées de championnat, il affiche 12 apparitions au compteur, ayant démarré 7 de ces rencontres, pour 2 buts au total. En Europa League, il totalise 2 buts et 3 passes décisives en 4 matchs. Des statistiques pas forcément flamboyantes, d’autant qu’il avait montré de très belles choses pendant la pré-saison. Son entente sur le terrain avec Gerard Moreno, son compagnon d’attaque, n’est pas forcément au mieux, la faute à des problèmes de confiance chez les deux joueurs, pas aidés par la méforme des joueurs censés leur offrir des ballons.

Toko-Ekambi est encore sous pression

« Il a un problème, il est encore en retard par rapport à ce qu’est la Liga, la pression qu’il y a dans ce championnat à tous les matchs et surtout le mauvais début de son équipe.On a vu le meilleur Toko-Ekambi en présaison, quand la pression était moindre, et on voit maintenant un Toko-Ekambi qui joue sous pression et qui n’est pas encore adapté, ce qui est normal, à un championnat aussi exigeant que la Liga. C’était aussi le cas pour Bakambu au début. Je crois qu’il commence à se rendre compte que la Liga a un niveau d’intensité et de pression un peu supérieur au championnat français », nous confie le journaliste Javier Mata, du quotidien AS et de Radio Vila-Real.

« Il doit prendre le rythme et se débarrasser de cette anxiété, qu’a aussi l’équipe. Il est responsabilisé, c’est un joueur qui a coûté beaucoup d’argent et qui est un pari important du club. Ça ne se passe sûrement pas comme il voulait pour l’instant, donc il est anxieux, comme toute l’équipe. [...] C’est un joueur qui prouve ce qui se disait de lui. Il a beaucoup de facilités balle au pied pour déborder, même s’il n’est pas bien c’est un des joueurs qui crée le plus de danger et qui a le plus d’occasions. S’il crée déjà du danger alors que l’équipe et lui ne sont pas au mieux, quand un des deux éléments va changer, ça va changer en mieux pour lui aussi », ajoute-t-il.

Des débuts tout de même encourageants

S’il n’est donc pas forcément encore létal devant les buts adverses, l’international camerounais reste un joueur redoutable pour les défenseurs. On l’a encore vu lors du match de sa sélection face au Brésil, où il a été à l’origine de beaucoup des (rares) occasions des Lions Indomptables. Capable d’être ancré à la pointe de l’attaque de l’équipe comme de dézoner sur un flanc, principalement à droite, sa puissance physique l’aide beaucoup pour prendre le meilleur sur ses vis à vis, et sa marge de progression à Villarreal semble encore grande.

Il faut aussi dire que le style du Sous-Marin Jaune, souvent en 4-4-2 losange et où on cherche à contrôler le ballon, est presque à l’opposer de ce dont il avait l’habitude à Angers, où il avait énormément d’espaces en contre-attaque. Son intégration semble réussie en dehors des terrains également, puisque seulement quelques mois après son arrivée, il s’exprime déjà dans un espagnol pratiquement courant. Il ne reste plus qu’à attendre ce déclic - tant individuel que collectif - qui permettra au joueur formé au Paris FC de justifier l’investissement réalisé par son club cet été.