Quand l’AS Monaco a officialisé l’arrivée de Thierry Henry sur le Rocher début octobre 2018 en lieu et place de Leonardo Jardim, l’heure était autant au scepticisme qu’à la curiosité. Miné par les blessures et en pleine crise sportive, le groupe de l’ASM n’y était plus et l’ancien champion du Monde 1998 espérait alors imposer ses méthodes et sa vision du football pour redresser le bateau monégasque qui tanguait sérieusement. Mais après 15 semaines et 104 jours passés sur le Rocher, l’ancienne star du football mondial était débarquée par la direction du club. Il faut dire qu’à ce moment-là, le bilan était peu reluisant. En 20 matches, Thierry Henry n’avait gagné que 4 fois pour 5 nuls et 11 défaites. L’ASM n’avait marqué que 15 buts pour 36 encaissés. Pire, Monaco avait même perdu une place par rapport à son classement du mois d’octobre. Contre toute attente, c’est Leonardo Jardim qui revenait pour reconstruire sur les cendres laissées par Henry, fort d’un recrutement ambitieux en toute fin de mercato.

Depuis, Thierry Henry se mure dans le silence. Ce qui n’est pas le cas de certains joueurs, à commencer par Aleksandr Golovin. L’international russe, qui était emballé par l’idée d’être coaché par Thierry Henry, n’a pas gardé un souvenir impérissable du technicien français, comme il l’explique dans une vidéo réalisée avec le Youtubeur et ancien footballeur russe Savin Evgeny la semaine dernière et passée totalement inaperçue en France. « Peut-être qu’il n’a pas pu faire abstraction de son passé de joueur », a-t-il expliqué sans langue de bois avant de donner quelques détails permettant d’étayer son opinion. « Quand les choses n’allaient pas à l’entraînement, il devenait nerveux et criait beaucoup. Ce n’était peut-être pas nécessaire. Il venait alors sur le terrain et nous montrait ce qu’il fallait faire. »

« Thierry Henry s’emparait du ballon et nous demandait d’essayer de le lui prendre »

Pire, selon l’ancien joueur du CSKA Moscou, Thierry Henry se lançait dans des exercices bizarres balle au pied devant des joueurs aussi étonnés que choqués. « Il s’emparait du ballon et nous demandait d’essayer de le lui prendre. Les joueurs restaient calmes, même si certains ont peut-être été un peu choqués », explique Golovin avant là encore d’être encore plus précis. « Certains entraîneurs auraient dit "allez, faites-le ensemble", mais lui devenait nerveux et courait sur le terrain pour jouer et nous montrer des trucs... » À écouter le milieu monégasque, ce mode de fonctionnement peu commun n’a pas du tout convaincu le vestiaire et laisse penser que l’ancien joueur d’Arsenal n’en a peut-être pas terminé avec son passé de joueur. « Il n’a pas terminé sa transition vers un rôle d’entraîneur. Il était un joueur incroyable et les seuls qui se rapprochent de son niveau ici sont Radamel Falcao et Cesc Fabregas. Pour moi, il n’est pas encore prêt à entraîner. »

Une sortie médiatique cinglante qui ne devrait pas aider Thierry Henry à retrouver de si tôt un poste d’entraîneur titulaire. Si la sélection de Belgique et en particulier Roberto Martinez a ouvert la porte à un retour de son ancien adjoint chez les Diables Rouges, l’ancien coach de Monaco reste tapi dans l’ombre comme le confiait il y a quelques jours un Arsène Wenger qui ne connaît que trop bien son ancien joueur. « Quand il a été démis de ses fonctions, j’ai essayé de l’appeler, mais bon… Il a connu une forme de deuil. J’ai proposé à son agent d’organiser un repas avec lui. Pour l’instant, il est encore dans une période douloureuse, mais il m’a promis que quand il serait prêt on le ferait. » Pas sûr pour l’instant que les vérités lâchées par son ancien joueur l’aident à remonter la pente.