Thomas Tuchel ne s’attendait pas à un tel dilemme. En chipant Mauro Icardi à l’Inter dans la dernière ligne droite du mercato estival, Leonardo a bousculé la hiérarchie au sein de l’attaque parisienne. Un choix assumé par le directeur sportif qui souhaitait offrir encore plus de poids et de munitions à son entraîneur, que cela soit en Ligue 1 ou en Ligue des champions. Présent en conférence de presse avant le déplacement du PSG à Monaco dimanche, le technicien allemand a abordé en toute sincérité les maux de tête provoqués par l’utilisation de ses attaquants cette saison.

Mardi à Madrid, Tuchel n’avait pas hésité à aligner Neymar, Di Maria, Icardi et Mbappé en seconde période. Une stratégie qui a certes permis d’arracher un précieux nul, mais qui a aussi engendré un certain déséquilibre du bloc équipe. Ce qui n’a absolument pas plu au coach parisien qui a confirmé que la priorité restait l’équilibre de sa formation. Une décision qui complique donc la tâche de l’intéressé, et va donc continuer à faire des dommages collatéraux dans l’effectif. Car au poste d’attaquant, le contexte joue forcément un rôle dans les titularisations des uns et des autres...

Priorité à l’équilibre du PSG pour Tuchel

« Si je veux rendre tous mes attaquants heureux, ça va être compliqué. On ne peut pas toujours changer, c’est un poste sensible. Si un joueur marque des buts ou fait des passes décisives, je ne peux pas le changer, ce n’est pas le moment. Il y a des décisions difficiles pour quelques gars, mais d’un autre côté on doit trouver les solutions pour une équipe équilibrée défensivement et offensivement, » confie ainsi Tuchel. Le principal protagoniste confirme donc qu’il lui est clairement impossible d’aligner quatre, voire cinq joueurs à vocation offensive. « Pour moi, ce n’est possible de jouer avec plusieurs joueurs offensifs en Ligue 1. On joue contre des équipes équilibrées, physiques, très bonnes en contre-attaque. On ne peut pas seulement dire, on joue avec quatre ou cinq joueurs offensifs. Cela ne marche pas comme ça, » analyse ainsi l’ancien entraîneur du Borussia Dortmund.

Une position figée qui condamne donc plusieurs joueurs, à commencer par un certain Edinson Cavani. Conscient que la mise à l’écart de Cavani reste un sujet sensible à Paris, Thomas Tuchel a pris soin de ménager les susceptibilités, mais aussi de rappeler le contexte actuel. « Vous ne pouvez pas me montrer un joueur dans mon vestiaire qui n’est pas déçu s’il ne joue pas. Edi est très professionnel à l’entraînement, dans le vestiaire. C’est une légende au PSG, c’est le meilleur buteur de l’histoire du club, le "Matador". Je sais que c’est difficile pour lui, il a une histoire ici. Mais Mauro a beaucoup marqué quand il était blessé, et Kylian peut jouer aussi à ce poste. Ce poste est le plus difficile au niveau de la concurrence dans l’équipe. » Un discours qui n’arrange pas les affaires du buteur uruguayen...