C’est un dossier qui tend particulièrement les supporters marseillais. Considéré comme l’un des plus grands espoirs offensifs de l’OM en compagnie de Marley Aké, Isaac Lihadji est aujourd’hui à des années lumières de poursuivre sa carrière au sein de son club formateur, contrairement à Aké, régulièrement utilisé par André Villas-Boas. Si la route menant à un contrat pro et un début de carrière sous les couleurs phocéennes était toute tracée (une proposition était même sur le point d’aboutir en décembre dernier), la gourmandise de son représentant Moussa Sissoko, les offres qui ont afflué de toute l’Europe et les atermoiements du joueur ont eu raison de la patience des dirigeants marseillais, qui ont finalement décidé de jeter l’éponge en retirant très récemment leur proposition de premier contrat professionnel.

Une situation qu’expliquait alors AVB en conférence de presse. « Notre offre ferme est retirée. S’il démontre un intérêt pour rester, on peut lui faire une autre proposition. Je ne veux pas mettre trop de pression sur un petit de 17 ans. Son passé est lié à l’OM, il va continuer, peut-être, dans un autre club. Mais on ne peut pas être otage de la situation. C’est vrai que c’est son futur qui est en jeu, il a la liberté de décider. Je ne sais pas si ça peut changer ou non, ça dépendra de lui et de son entourage. » Ce mercredi, dans les colonnes de la Provence, c’est le président de l’OM, Jacques Henri Eyraud qui en remettait une couche indiquant malgré tout que son jeune joueur était toujours sous contrat avec le club phocéen jusqu’en juin.

Aucune décision ferme

« C’est encore joueur à l’Olympique de Marseille. L’état d’esprit qui est le nôtre aujourd’hui, c’est de mettre la formation totalement au cœur de notre stratégie et de faire comprendre à un jeune de seize ou dix-sept ans qu’il a une chance extraordinaire de jouer et de porter les couleurs de l’OM, y compris quand il s’entraîne avec le groupe pro. Je tiens donc beaucoup à ce que ces jeunes montrent leur envie, leur volonté, leur reconnaissance, leur respect pour ce club et le maillot qu’il porte. Sans ces critères, il ne peut pas y avoir d’avenir à l’Olympique de Marseille quand on est un jeune joueur. » Une nouvelle manière de mettre la pression à l’international U17 tricolore, très en vue lors de la dernière Coupe du Monde de la catégorie, au Brésil, en octobre dernier, et qui est cantonné à la réserve depuis le début du mois de janvier. Du côté de Lihadji et de son entourage, la panique n’est évidemment pas de mise. Ces derniers disposent en effet d’une offre ferme du LOSC (45 000 € de salaire + une juteuse prime à la signature de plus d’un million d’euros) comme nous vous le révélions en décembre dernier.

Les intérêts des plus grands clubs européens, à commencer par le Borussia Dortmund, sont toujours présents. Mais le clan Lihadji reste campé sur ses positions et refuse de prendre une décision à la hâte. Selon nos informations, aucune décision n’a été prise et le gamin, qui a grandi dans les quartiers nord de Marseille, se laisse toutes les portes ouvertes, y compris celle de continuer au sein de son club formateur. De quoi ravir le vestiaire marseillais qui milite en coulisse pour sa signature comme l’expliquait il y a peu Boubacar Kamara. « C’est vrai que tous les joueurs lui ont dit de signer, qu’il était chez lui, qu’il avait une place à gagner. Il est maître de ses choix et de son destin. C’est à lui de prendre la décision. Comme c’est un jeune de l’OM, issu du centre de formation, ce serait beau qu’il rejoigne le groupe et joue. Il faut respecter son choix. » Le joueur et son représentant devraient faire un point sur les différentes possibilités qui s’offrent à lui dans les prochains jours. De quoi peut-être mettre un terme à cet interminable feuilleton...