Le Barça n’avait plus perdu de match depuis la finale retour de la Supercoupe d’Espagne le 29 août dernier. Hier, la bande de Tito Vilanova s’est donc faite surprendre par une valeureuse équipe des Celtic Glasgow vainqueur aux forceps (2-1). Un revers qui a logiquement fait le bonheur des Écossais, à commencer par l’entraîneur Neil Lennon. « C’est un des meilleurs moments de ma vie. Ce match sera inscrit dans les livres d’histoire. » Très en vue, le gardien Fraser Forster et le jeune buteur Tony Watt sont également encensés.

Mais côté espagnol, quels enseignements tirer d’un tel couac ? Pour la presse catalane, le constat est vite fait. Entre 83,6% de possession de balle et des occasions à foison, le revers catalan est uniquement dû au manque de chance pour Sport ainsi qu’à la muraille du Celtic pour le Mundo Deportivo. Marca évoque également la tactique ultra défensive des Écossais en rappelant que cette rencontre avait des airs du Chelsea-Barça fatal aux coéquipiers de Messi en demi-finale de LdC la saison passée.

Premier de son groupe avec deux points d’avance sur le Celtic et cinq sur Benfica, le Barça n’est pas pour autant menacé dans la course aux huitièmes de finale. Mais faut-il pour autant réduire la défaite d’hier au simple manque de chance ? Pas si sûr. Collectivement parlant, ce Barça ne donne plus l’impression de fluidité qu’il affichait durant l’ère Guardiola. Plus axé sur les individualités, il compte surtout sur des exploits à répétition de Lionel Messi. Pour preuve, quand l’Argentin n’est pas servi, il râle. As titre d’ailleurs sur la « Nouvelle bronca sur le terrain entre Villa et Messi » survenue à la 80e minute quand El Guaje décide de frapper au but au lieu de faire la passe à son nº 10.

Pour le moment, cet aspect du jeu catalan n’a aucun impact en championnat puisque le Barça caracole en tête de la Liga avec 9 victoires et 1 nul en 10 matches. En revanche, en Ligue des Champions, face à des adversaires plus hargneux, ça risque de faire des étincelles. Tout comme la volonté assumée des Barcelonais de ne pas rivaliser sur coups de pied arrêtés. Un choix lié à la petite taille de l’effectif catalan. Hier, face aux robustes Écossais, cela s’est payé cash sur corner. Et pourtant, Tito Vilanova refuse de remettre en question cette tactique. « Nous savions comment le Celtic pouvait nous faire souffrir : sur ses contres et sur les coups de pied arrêtés. C’est pourquoi nous avions décidé d’éviter au maximum les corners. Ils en ont eu deux et ont su bien les tirer. Il faut les féliciter, ils ont su jouer avec leurs armes. De notre côté, la satisfaction que j’ai, c’est que nous avons essayé jusqu’au bout. Nous avons eu les occasions pour l’emporter. Mais dans le football, ces choses-là arrivent, et il était utile qu’elles arrivent. » Un avertissement qu’il ne faudra donc pas prendre à la légère.