Tout restait à jouer avant le coup d’envoi dans ce choc entre mancuniens et sévillans. Après ce match 0-0 à l’aller, les Red Devils avaient l’avantage de pouvoir décider du sort de la rencontre chez eux, alors que les Andalous pouvaient eux se rassurer en se disant qu’un match nul (avec des buts) suffirait. Au final, le club espagnol s’est imposé 2-1. Privé de Pogba et de Martial, José Mourinho sortait la composition plus ou moins attendue, avec la présence de Fellaini plutôt que McTominay dans l’axe tout de même. Lingard était aussi aligné alors que Juan Mata démarrait sur le banc. Côté espagnol, Mercado retrouvait sa place sur le côté droit de la défense en l’absence de Jesus Navas, et Kjaer signait donc son retour dans l’axe de la défense.

La rencontre démarrait fort côté anglais, avec une première tentative de Romelu Lukaku, qui ne parvenait cependant pas à cadrer depuis l’entrée de la surface (1e). Les locaux lançaient de nombreux assauts sur la surface sévillane, et les Andalous donnaient un peu l’impression d’être dépassés. Lenglet devait se montrer impérial devant Lukaku (5e). Séville répondait avec une tête de Correa, juste au-dessus de la barre (9e). Peu à peu, les Sévillans mettaient le pied sur le ballon et commençaient à se frayer des chemins de plus en plus facilement vers la surface adverse. Ils faisaient cependant preuve d’un grand manque de précision devant.

Ben Yedder, décisif !

Mais peu à peu, le rythme retombait. Les occasions se faisaient ainsi de plus en plus rares. Sergio Rico devait cependant se montrer décisif sur cette lourde frappe de Fellaini (38e). Séville était bien dans la rencontre, mais la muraille mancunienne tenait très bien, avec un Muriel pas en réussite devant. Les Mancuniens donnaient même l’impression de vouloir tenir le 0-0 jusqu’au bout. Au retour des vestiaires, les Sévillans avaient toujours le ballon, et après un caviar de Sarabia, Correa voyait Bailly réaliser un superbe tacle pour l’empêcher d’enchaîner dans la surface (48e). Rico sortait lui une belle main sur une frappe en pivot de Rashford (51e).

Les deux équipes avaient des situations chaudes, mais toutes deux se manquaient continuellement dans le dernier geste. Et c’est Ben Yedder qui, sur son premier ballon, a fait la différence. Bien servi par Sarabia, le Français s’est défait de Bailly et a placé le ballon hors de portée de David De Gea (0-1, 74e). Il a doublé la mise quelques minutes plus tard, de la tête (0-2, 78e). Lukaku manquait lui une grosse occasion, seul devant Rico (82e). Il a cependant réduit l’écart dans la foulée (1-2, 84e). Mais Séville a bien tenu et n’a pas cédé à la panique. Dans le temps additionnel, De Gea sortait une parade décisive pour empêcher Ben Yedder de signer un triplé. Séville obtient donc un ticket mérité pour les quarts de finale de la compétition.

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L’homme du match : Wissam Ben Yedder (non noté*) : quelle entrée pour le Français ! Alors que Montella lui avait préféré Muriel au coup d’envoi de la partie, il a fait parler la poudre sur son premier ballon touché face à des Bailly et De Gea impuissants (74e). Il a ensuite doublé la mise quelques minutes plus tard, dans un registre différent cette fois, celui de renard des surfaces, de la tête (78e). Il aurait même pu s’offrir un triplé dans le temps additionnel. L’homme de la qualification andalouse.

*Les joueurs doivent disputer au moins 45 minutes pour être notés.

Manchester United

-  De Gea (4,5) : héroïque lors du match aller, le dernier rempart espagnol a vécu une première période relativement tranquille, face au manque d’efficacité des attaquants sévillans. Son premier arrêt du match n’intervient d’ailleurs qu’à la 32ème minute. Il ne peut rien sur le premier but de Ben Yedder (74e). Sur le second but du Français, sa main n’est pas assez ferme (78e). Il évite le naufrage des siens en sortant le tir de Correa du bout des gants (81e), et en remportant son face à face avec son bourreau du soir (90+1).

-  Valencia (4) : le capitaine des Red Devils s’est contenté de remplir son rôle défensif, au même titre que son pendant à gauche. Il n’a presque jamais été pris à défaut en un contre un Il n’a presque jamais été pris à défaut en un contre avant en première période... Et c’était le contraire lors du second acte, où le danger est venu de son côté. En seconde période, il a laissé pas mal d’espaces dans son dos, ce qui a permis à Correa d’apporter le danger sur ce côté. Remplacé par Mata à la 77ème qui n’a pas eu le temps d’apporter sa patte technique.

Il n’a presque jamais été pris à défaut en un contre avant en première période.. contraire au second acte, où le danger est venu de son côté

-  Bailly (4) : le roc défensif ivoirien s’est montré comme à son habitude dur sur l’homme. Il a su museler Muriel avec son compère dans l’axe. Son sens de l’anticipation et du sacrifice ont fait le reste, comme en témoigne son incroyable sur Correa (48e). L’entrée en jeu de Ben Yedder a terni sa copie, très clairement. Loin d’être de tout reproche sur le premier but du français.

-  Smalling (4) : le défenseur anglais s’est montré assez fébrile dans les duels. Sa lecture du jeu et son sens du placement ont fait forte impression, en réduisant l’activité de Muriel... jusqu’à l’entrée en jeu de Ben Yedder qui a totalement déboussolé la défense mancunienne. Il manque l’occasion de réduire le score alors qu’il était seul face au but vide (80e).

-  Young (3,5) : le latéral gauche de Manchester United a été bien moins en vue sur le plan offensif qu’à son habitude. Pourtant, son adversaire du soir a souvent repiqué dans l’axe. Il s’est contenté, comme son coéquipier Valencia, de se concentrer sur les tâches défensives. Ce qu’il a à peu près réussi.

-  Fellaini (4,5) : l’international belge a apporté l’impact physique qui a tant manqué à son équipe lors du match aller. Aligné aux côtés du Serbe Matic, il s’est baladé en électron libre dans l’entrejeu. Solide dans les airs, il a également été très précieux à la récupération de balle. Il s’est signalé en décrochant une belle frappe du gauche, mais Rico a sorti un arrêt décisif (38e). Remplacé à la 60ème par Pogba qui a apporté le liant entre le milieu et l’attaque, à défaut de se monter décisif.

-  Matic (4,5) : la sentinelle de l’équipe de José Mourinho a livré une prestation en demi-teinte. Première lance de rampement des Red Devils, il a su diriger le jeu des siens en alternant tantôt jeu court, tantôt jeu long. Son activité a très clairement diminué en seconde période. On l’a senti un peu seul et perdu au milieu de ses homologues espagnols.

-  Lingard (4,5) : positionné en soutien de Lukaku, l’ailier formé au club a vécu un match frustrant, comme bon nombre de ses coéquipiers. Ce dernier a souvent dû redescendre d’un cran pour toucher le cuir. Son jeu en une touche de balle a permis de fluidifier le jeu mancunien, mais il n’a pas su créer les différences nécessaires pour amener le danger dans le camp adverse. En deuxième mi-temps, il a eu un peu plus de liberté, comme en témoigne sa frappe croisée à la 52e, sorti par Rico. Remplacé à la 77ème par Martial qui a tenté d’apporter sa vivacité, mais son entrée a été trop tardive.

-  Sanchez (2,5) : l’ailier chilien a certainement su remplir à merveille les consignes de son entraîneur. Problème, en respectant à la lettre la tactique du Special One, il a perdu en spontanéité dans son jeu. En première mi-temps, il est resté scotché dans son couloir gauche, sans jamais impulser les offensives de son équipe. Une liberté qu’il a quelque peu retrouvée lors du deuxième acte, mais trop insuffisante pour espérer se montrer décisif. Décevant, voire fantomatique.

-  Rashford (5) : face à la maîtrise technique de l’équipe adverse, la pépite mancunienne n’a pas eu l’occasion de faire l’étalage de tout son talent. S’il a par moment fait lever les travées d’Old Trafford par ses accélérations fulgurantes, il n’a pas vraiment eu les opportunités pour se distinguer offensivement. En deuxième mi-temps, ce dernier est monté en puissance en étant à l’origine de bon nombre des actions offensives. Sa vitesse et sa qualité de percussion balle au pied ont plus souvent fait la différence que lors du premier acte. Auteur de la passe décisive sur le but de Lukaku.

-  Lukaku (5) : comme à son accoutumée, le numéro 9 des Red Devils a pesé sur la défense sévillane grâce à son physique impressionnant. Dominateur dans le domaine aérien, il a souvent servi de point d’appui à ses coéquipiers. Son jeu dos au but et sa qualité de déviation ont beaucoup été mis à contribution. Il n’a cependant pas su être mis dans les meilleures conditions par ses partenaires. Il a fallu une glissade de Mercado pour voir le Diable Rouge faire trembler les filets d’une belle demi-volée (83e).

Séville

- Sergio Rico (6,5) : ce n’était pas évident de briller ce soir, mais lui l’a fait. S’il n’a pas eu énormément de boulot, il a su rester concentré pour être décisif lorsque les Mancuniens l’ont fusillé, avec des parades décisives sur Fellaini (38e) ou Lingard (51e). On peut dire que sur ce match retour, il a remporté son duel à distance avec David De Gea.

- Mercado (5) : aligné en défense centrale dernièrement, il est repassé sur le flanc droit ce soir en l’absence de Navas. L’Argentin a été plus que correct en première période, ne commettant que très peu d’erreurs. Il avait des flèches devant lui, mais il a très bien tenu même si Rashford l’a parfois pris de vitesse en deuxième période. Peut-on vraiment lui en vouloir ? En revanche, on aurait aimé le voir apporter un peu plus devant, et il peut mieux faire sur ce but mancunien en fin de match.

- Kjaer (6,5) : celui qui avait laissé certains doutes lors de ses dernières apparitions en Liga a été à la hauteur de l’événement, parfait en complément de Clément Lenglet. Bon dans les duels, dans la lecture du jeu, dans le jeu aérien, puis à la sortie du ballon. Rien à lui reprocher, en somme.

- Lenglet (8) : quel match ! Le Français a réalisé une prestation XXL, en vrai patron de la défense. Il a pratiquement gagné tous ses duels, muselant Romelu Lukaku, ce qui est loin d’être une simple affaire, notamment dans le défi physique. On note cette superbe intervention devant le Belge dès le début de la partie (5e), cette interception décisive (29e) et plusieurs ballons repoussés dans la surface. Un match référence pour l’ancien de Nancy, imperturbable ce soir. Magistral.

- Escudero (6) : le latéral espagnol a rendu une très bonne copie sur la pelouse d’Old Trafford. Particulièrement bon dans le secteur défensif, ne laissant rien passer dans son couloir, il a ensuite su se projeter vers l’avant en étant toujours propre, perdant très peu de ballons.

- N’Zonzi (7) : le Français a brillé dans l’entrejeu sévillan, étant pratiquement dans tous les bons coups. Sur les séquences offensives mancuniennes, il a coupé de nombreuses actions, via des interceptions ou des duels gagnés. Il est aussi venu prêter main-forte dans la surface en défense. Il a ensuite été très propre balle au pied. Comme Lenglet, on peut pratiquement parler de consécration ce soir, même si lui avait déjà réussi de telles prestations à plusieurs reprises dans les grosses affiches de Liga.

- Banega (7) : le régulateur sévillan a été au niveau attendu ce soir. Aux côtés de N’Zonzi, l’Argentin a bien animé le jeu andalou, descendant chercher le ballon très bas parfois, avant de franchir des lignes balle au pied ou via des passes pour ses partenaires du front offensif. On l’a peut-être senti un peu emprunté, prenant moins de risques que d’habitude dans ses passes. Il manquera cependant le match aller des quarts de finale, suspendu.

- Franco Vazquez (4) : il nous a habitués à des gestes de grande classe ces dernières semaines en Liga, en plus d’être décisif. Mais ce soir, il n’a pas été assez influent dans le jeu sévillan. Et ça s’est senti, puisqu’on a vu des Andalous sans idées, ne sachant pas réellement quoi faire du cuir devant pendant une bonne partie de la rencontre. Il faut aussi dire qu’il a laissé des plumes dans les tâches défensives. Insuffisant. Remplacé par Pizarro (86e), entré pour solidifier le milieu.

- Joaquin Correa (5,5) : un poison sur le côté gauche de l’attaque. Il a très bien combiné avec son latéral, Escudero, et a inquiété l’arrière-garde mancunienne tout au long de la partie. Il a cependant été un peu maladroit dans les moments décisifs, à l’image de ce contrôle manqué dans la surface des Red Devils (48e). Ses déboulés balle au pied et sa qualité de dribble ont fait très mal. S’il avait été un peu plus adroit dans le dernier geste, on aurait pu parler de grosse prestation. Geis a pris sa place (89e).

- Sarabia (6,5) : il a été un peu discret - trop discret même compte tenu de son talent - mais lorsqu’il a eu le ballon dans les pieds, il a toujours fait le bon choix, distillant de très bons ballons. Il a d’ailleurs plus été dans ce rôle de passeur que d’ailier provocateur ce soir, à l’image de cette passe décisive pour Ben Yedder (74e). Une fois encore, il a fait étalage de tout son talent.

- Muriel (3) : soirée compliquée pour l’attaquant colombien. On l’a souvent senti un peu esseulé devant, mais surtout, il a souvent fait les mauvais choix. Il a raté ses frappes, mal remisé, s’est souvent mal positionné et n’a pas fait de bons appels. Un match à oublier pour l’ancien de la Sampdoria. Wissam Ben Yedder a pris sa place (72e) et a tout simplement ouvert le score sur son premier ballon touché (74e), avant de doubler la mise quelques minutes plus tard (77e) !