Le Santiago Bernabéu avait enfilé ses habits de lumière lors de ce quart de final retour de Ligue des Champions face au Bayern Munich. Vainqueur 2-1 en Allemagne il y a une semaine, le Real Madrid partait avec une bonne longueur d’avance face à l’un de ses rivaux européens favoris. Zidane devait faire face à nouveau aux forfaits de Varane, Pépé mais aussi de Bale. Il alignait Ramos et Nacho en défense centrale, et Isco en soutien de Ronaldo et Benzema. Côté munichois, Ancelotti, qui faisait son retour à Madrid, récupérait Hummels et Lewandoski. Le Polonais était titulaire en pointe avec Ribéry, Robben et Thiago Alcantara à ses côtés.

Bien obligés de se porter rapidement vers l’avant dans cette rencontre, les Munichois prenaient un excellent départ. Ils arrivaient à confisquer le ballon et à passer par les côtés ce qui mettait les Madrilènes en difficultés. Robben manquait d’ailleurs de peu d’ouvrir le score (9e). Après vingt-cinq minutes bavaroises, le Real Madrid retrouvait des couleurs. Benzema frappait au-dessus (23e) puis Neuer se détendait de tout son long pour empêcher ce tir de Carvajal de rentrer (26e). C’est ensuite Boateng qui suppléait son portier en repoussant sur sa ligne une tentative de Ramos (28e). Le Bayern pliait sans rompre et malgré deux opportunités en contre gâchées par Ronaldo (36e, 42e), et une frappe de Kroos contrée par Hummels, l’équipe allemande finissait mieux cette première période.

Le Real Madrid joue avec le feu

Du moins dans le jeu avec quelques contres amorcés mais souvent, Lewandowski, Robben, Ribéry ou encore Thiago Alcantara se retrouvaient chacun leur tour trop isolés pour déséquilibrer leurs adversaires. Ancelotti et ses hommes rectifiaient le tir en seconde période. Comme en début de rencontre, ils entamaient tambour battant ce deuxième acte avec ce bon décalage sur Alaba qui servait Robben. Le Néerlandais piquait son ballon et pensait marquer mais Marcelo sauvait sur sa ligne (51e). Sur l’action suivante, Robben, toujours lui, devançait l’intervention de Casemiro et s’écroulait dans la surface pour obtenir le penalty. Lewandowski ne tremblait pas et ouvrait le score (0-1, 53e).

Le Bayern faisait très mal et obligeait même Ronaldo à redescendre pour venir défendre. Lewandowski déboulait côté droit et plaçait un centre vicieux où le ballon atterrissait miraculeusement dans les mains de Keylor Navas, sous les yeux de Ribery (57e). Recroquevillé en défense, le Real faisait le dos rond en attendant le remplacement de Benzema par Asensio qui opérait un changement de physionomie. Petit à petit, la Casa Blanca sortait de son camp et Ronaldo profitait d’un centre de Casemiro pour égaliser (1-1, 76e). Ça sentait bon la qualification pour les Madrilènes seulement, sur l’action suivante, le Bayern reprenait les devants. Sur un centre venu de la gauche, Nacho devançait Lewandowski mais Ramos poussait le ballon dans son propre but (1-2, 78e).

Le Bayern rend les armes durant les prolongations

La fin de rencontre devenait tendue et alors que Casemiro échappait de peu au second avertissement (80e), Vidal lui n’échappait pas à l’erreur de l’arbitre. Alors qu’il avait parfaitement taclé le ballon dans les pieds d’Asensio, l’homme en noir lui distribuait un second avertissement. C’est donc à 10 contre 11 que les Allemands disputaient les prolongations. Après plusieurs incursions dans les deux surfaces, Ronaldo, en position de hors-jeu, héritait d’un ballon de Ramos au point de penalty et crucifiait Neuer (2-2, 104e). Le Portugais y allait même de son triplé sur un service de Marcelo (3-2, 108e) avant qu’Asensio (4-2, 112e) ne vienne sceller le sort d’une rencontre qui restera longtemps dans les mémoires avec 45 tirs ! Le Real Madrid est une nouvelle fois qualifié en demi-finale de la Ligue des Champions.

Revivez le film de la rencontre sur notre live.

L’homme du match : Marcelo (9) : un peu en difficulté en début de rencontre, il effectue tout de même une intervention décisive dans les pieds de Thiago Alcantara (9e). Il réalise encore un sauvetage miraculeux sur sa ligne face au petit piqué de Robben (51e). Au top en défense dans son couloir, il a laissé très peu d’espace face au virevoltant ailier néerlandais. Il a aussi su apporter le nombre dans la moitié de terrain adverse (13e, 19e, 38e, 90e+3). Jamais avare d’efforts alors qu’il était en train d’éteindre définitivement Robben, il est encore porté vers l’offensif en déposant toute la défense du Bayern sur le dernier but de Ronaldo (108e). Quel match dingue de sa part.

Real Madrid :

- Keylor Navas (4,5) : le gardien du Real Madrid n’a pas vraiment été mis à contribution en première mi-temps. Malgré le bon départ du Bayern, il n’a pas à s’employer. Bien protégé par la suite par sa défense, il doit attendre la seconde période pour se mettre en évidence. Battu par le piqué de Robben, il est sauvé par Marcelo (51e) puis part du mauvais côté sur le penalty transformé par Lewandowski (53e). Il récupère un peu par chance ce ballon cafouillé dans sa surface (57e) mais ne peut que constater les dégâts face à Ramos qui marque dans son but (78e). Il a semblé un peu en difficulté dans les sorties aériennes.

- Carvajal (6,5) : ce fut dur de défendre face à la paire Ribéry-Alaba en début de rencontre mais il fait le dos rond, attendant que l’orage passe. Il a bien bouché son couloir malgré les assauts bavarois et il a même pu s’illustrer offensivement. Grâce à quelques montées tranchantes (73e), il a soutenu ses coéquipiers offensifs avec plusieurs centres et une grosse frappe déviée du bout des gants par Neuer (26e). L’entrée de Douglas Costa lui a fait un peu mal.

- Nacho (7) : en remplacement de Pepe et Varane, il récupérait, comme la semaine dernière la place de titulaire. Et comme à Munich, il a réalisé un excellent boulot dans cette charnière centrale. Toujours très concentré et même parfois transcendé par l’enjeu, il a effectué de superbes interventions dans les pieds des attaquants adverses. Il a remporté la plupart de ses duels et a souvent été très bien placé (61e, 108e). Il est pris à revers une fois lorsque Marcelo sauve son camp devant Robben (51e).

- Ramos (6,5) : lui aussi sort un très gros match ce soir. Le capitaine madrilène s’est montré omniprésent en défense avec des tacles parfois acrobatiques (32e), un marquage dur sur l’homme et des gueulantes contre ses coéquipiers. Si Boateng ne sauve pas son camp, c’est aussi lui qui ouvre la marque (28e). On ne sait pas trop ce qui lui passe derrière la tête au moment de marquer contre son camp (78e) mais il se rattrape en offrant le second but à Ronaldo (104e).

- Marcelo (9) : voir ci-dessus.

- Casemiro (3,5) : lui pour le coup a été le gros point faible de son équipe ce soir. Maladroit dès le début de rencontre avec des passes mal assurées et des ballons perdus, il a exposé son équipe à des contres dangereux. Souvent à la peine, il a commis pas mal de fautes (30e, 39e) dont la dernière lui a valu un avertissement (40e) avant de commettre l’irréparable face à Robben dans sa surface (52e). Régulièrement dépassé, il n’a pas réussi à protéger sa défense mais il offre la balle d’égalisation à Ronaldo (75e) ce qui sauve un peu son match. Il a aussi frôlé le rouge (80e).

- Modric (6) : quelle endurance de la part du petit meneur de jeu croate. Moins bien ces dernières semaines, on ne l’a finalement pas beaucoup vu dans le jeu car il a été sacrifié pour aider Carvajal à défendre sur le côté droit. Dès la mi-temps, on l’a senti dans le dur mais il a tenu le choc jusqu’au bout en venant contré Ribéry. Il a même réalisé quelques interceptions et a pu sortir quelques ballons (68e, 75e).

- Kroos (6) : le champion du Monde 2014 a fait du bien, notamment en première période où on l’a beaucoup vu à l’œuvre. Il est encore auteur de transmissions lasers qui ont mis son équipe en position idéale sur des contres éclairs (13e, 28e). Une bonne frappe qui part au-dessus à l’entrée de la surface (35e), une autre qui prenait le chemin du but contré par le pied d’Hummels (38e). Il a baissé le pied en seconde période où il a subi la pression adverse. Remplacé par Kovacic (114e).

- Isco (4,5) : l’habituel remplaçant de luxe à la faveur de la blessure de Bale aura été sur courant alternatif durant cette rencontre. On l’a vu réalisé de bonnes choses comme sur ce contre amorcé (19e) mais il a aussi raté des gestes comme cette passe mal assurée alors qu’il n’y avait pas de pression (30e). Au final, on ne l’a pas assez vu. Décevant, il a été remplacé par Lucas Vazquez (6) (71e) qui n’a pas vraiment fait le poids. Il s’est souvent heurté à la défense centrale (86e) avant de profiter de la fatigue de la défense adverse pour causer quelques problèmes.

- Benzema (4) : discret en début de rencontre, il est souvent redescendu bas pour aider son milieu de terrain débordé. Comme le reste de son équipe, il est monté en puissance durant la première période mais il a souvent été oublié par Ronaldo (36e, 42e). Il est retombé dans l’oubli sous la pression du Bayern et a été remplacé par Asensio (7) (64e). Ce dernier a fait du bien devant avec quelques courses dans le dos de la défense. C’est aussi lui qui provoque le second carton jaune de Vidal (84e) même s’il n’y avait pas faute. Enfin, il marque le dernier but de son équipe qui scelle le sort de cette rencontre (112e).

- Cristiano Ronaldo (8) : transparent en début de rencontre, le ballon d’Or en titre a même enrayé tout seul deux situations de contre sur des contrôles ratés (15e, 20e). Il s’est réveillé une fois la demi-heure de jeu passée et a fait parler sa vitesse. Mais, en contre, il perd son duel face à Neuer (36e) avant de rater le cadre (42e) alors qu’il y avait sans doute mieux à faire. Alors que son équipe subissait en seconde période, il est revenu défendre à quelques reprises et a même fini par égaliser de la tête (76e). Discret et pas forcément bon, il est encore décisif en s’offrant finalement un triplé durant les prolongations (104e, 108e).

Bayern :

- Neuer (5) : le gardien allemand a été plutôt tranquille jusqu’à cette frappe de Carvajal qu’il relâche, heureusement que Boateng était là derrière (28e). Il arrête une frappe de Ronaldo ensuite (36e) puis devant Marcelo (79e). En prolongation il sauve son équipe devant Ronaldo (97e), mais il ne peut rien faire sur la frappe qui suit, du Portugais toujours (104e). La suite est cruelle pour lui, il est battu par Ronaldo une troisième fois (108e), puis par Asensio (112e). Au final, il est plus souvent allé chercher le ballon au fond des filets qu’il a fait d’arrêt.

- Alaba (5)  : l’un des meilleurs tout simplement, ses combinaisons avec Ribéry ont fait mal durant 20 minutes. Il aurait pu être plus précis sur certains centres. En seconde mi-temps le jeu a petit à petit penché de l’autre côté. Il a vraiment été moins bon en seconde même s’il a eu des fulgurances.

- Hummels (7)  : le défenseur revenait de blessure et cela s’est vu. Il n’était clairement pas dans la forme de sa vie. Il commence son match par une mauvaise relance, qui n’a finalement pas d’impact sur le score (31e). Cependant, il est là pour contrer une frappe de Kroos (38e). Il est monté en puissance malgré des douleurs évidentes. Match héroïque, tout comme son coéquipier en défense centrale.

- Boateng (7) : le joueur de 28 ans a fait une grosse première mi-temps. Il sauve son équipe sur sa ligne (28e), et a réduit les attaques madrilènes grâce à son placement. Mais il a clairement eu du mal face à la vitesse des attaquants merengues. Sur le placement et les relances, c’est un des meilleurs, et cela s’est vu. Mais ils ont complètement craqué vers la fin de match, concédant deux buts durant la prolongation.

- Lahm (4,5) : peut être le joueur le plus en deçà que ses partenaires, mais à sa décharge, les Munichois ne sont pas vraiment passés sur le côté droit, mais plutôt de l’autre côté. En deuxième mi-temps il s’est projeté vers l’avant, comme ce grand pont sur Marcelo suivi d’un bon centre (62e). Il perd son duel aérien contre Crisitano Ronaldo (76e).

- Alonso (4,5) : l’ancien milieu de terrain madrilène a fait un énorme début de match avec des transversales d’une précision incroyable. Il a baissé le pied par la suite, on sent que l’Espagnol est sur la fin. Il est remplacé par Müller (3) (75e), qui n’a absolument rien apporté.

- Vidal (4) : il commet une énorme faute sur Isco et est averti (5e). Dans le jeu c’est l’un des plus dangereux, avec notamment une frappe à l’entrée de la surface de réparation, au-dessus (13e). Le joueur était nerveux et a fait beaucoup de fautes. Il aurait pu doubler la mise sur une belle reprise (54e). Il se fait exclure du match, pour un deuxième carton jaune après une faute sur Asensio (84e). Il laisse son équipe à dix.

- Robben (7)  : gros match du Néerlandais. S’il n’est pas en réussite avec sa sélection, c’est tout le contraire avec son club. Après un premier acte timide et une frappe qui ne donne rien (9e), il est reparti fort après la pause. Il se chauffe doucement avec un petit piqué sauvé sur la ligne par Marcelo (51e). C’est lui qui obtient le penalty qui permet à son équipe de prendre l’avantage (51e). À 33 ans, il n’a pas cessé d’être le danger numéro 1 de l’équipe allemande.

- Thiago (5,5) : l’Espagnol a fait un gros match. Il fait un travail de l’ombre, mais qu’il est important ! Il distribue à gauche, à droite, et toujours avec une précision chirurgicale. Il s’est même essayé à la frappe, mais n’a pas eu la même chance que dans le jeu. Sur les phases défensives, il a eu du mal à trouver sa place.

- Ribéry (5)  : le Français a fait un match moyen. Il n’a pas été extraordinaire ni mauvais. Il a beaucoup combiné avec Alaba en début de partie. Mais hormis une reprise (57e), capté par Keylor Navas, l’ancien Marseillais n’a pas été assez tranchant. Remplacé par Douglas Costa (3) (71e), qui a essayé d’amener de la puissance physique., mais qui a mal joué certaines situations de contre.

- Lewandowski (6,5) : quel match, et pourtant, c’était mal parti. Il était bien trop esseulé sur le front de l’attaque, mais dos au but c’est un régal. Il conserve merveilleusement bien le ballon et cela a payé. C’est lui qui transforme le penalty face au gardien madrilène (53e). Lors du deuxième but, c’est lui qui met Ramos sous pression et provoque le but contre son camp du capitaine adverse (78e). C’est lui la victime collatérale du carton rouge de Vidal, puisqu’il est remplacé par Kimmich (86e), qui a fait une bonne entrée.