Pour devenir un footballeur professionnel, il y a le parcours classique, celui du centre de formation. Mais pour ceux qui ont raté le train, il existe d’autres solutions. Celui de la Nike Academy en est une, tout comme celle de l’arrivée tardive dans le monde du football pro. C’est typiquement le cas de Virgile Piechocki. Il y a 18 mois, ce milieu offensif de 20 ans, dont les qualités principales sont le dribble et la percussion, faisait des études de STAPS et était très loin d’imaginer une carrière dans le football. Aujourd’hui, il est joueur professionnel à Reims. Retour sur cette belle histoire, pour le moins atypique.

Depuis son plus jeune âge, Virgile Piechocki est un passionné de foot comme il en existe des milliers en France. Même après avoir franchi toutes les étapes dans son club de Pontarlier, allant même jusqu’aux U19 Nationaux, jamais il n’aurait imaginé qu’il serait aujourd’hui pro à Reims. « Cette signature pro m’est un peu tombé dessus comme ça. Ça a été une surprise. J’ai tout donné, je n’avais rien à perdre. Si ça ne marchait pas pendant un an et demi, j’étais en STAPS et j’aurais changé d’orientation, cela aurait été quoiqu’il arrive une bonne expérience. Mais je me suis bien accroché, je n’ai rien lâché et finalement j’ai été récompensé. Pour moi, l’annonce du premier contrat pro était quelque chose d’énorme. Pour moi, la première en Ligue 2 était super, mais la signature du premier contrat pro restera gravée à jamais. »

« Il y a toujours une chance, après il faut savoir la saisir »

Mais comment est-il passé des U19 de Pontarlier à la Ligue 2 et 12 minutes de bonheur à Niort pour sa première en pro ? Du talent évidemment, un soupçon de chance forcément et une rage de vaincre et un mental à toute épreuve. « Il faut s’accrocher et ne rien lâcher. Le foot, ça va très vite dans un sens ou dans un autre. Moi, je ne m’y attendais pas du tout. J’avais fait le deuil de signer dans un club professionnel, pour moi c’était fini. Il y a toujours une chance, après il faut savoir la saisir. Tout est possible dans le foot. Je n’ai pas connu de centre de formation, mais du coup, j’ai cette fraîcheur mentale par rapport à ceux qui ont baigné dans le foot depuis leur plus jeune âge. J’ai fait de ce point faible un atout et aujourd’hui je ne peux qu’encourager ceux qui veulent faire comme moi d’y aller à fond. »

Tout a commencé en novembre 2015 lors d’un match de Pontarlier face à Reims en U19 Nationaux. « Lors d’un match face à Reims fin 2015, Franck Chalençon , l’entraîneur des U19 Nationaux de Reims me trouve intéressant et va parler à mes coaches de Pontarlier. Après un essai concluant, ils m’ont demandé si je voulais signer 18 mois à partir de janvier 2016 afin que je puisse m’aguerrir pendant six mois pour voir si j’avais le niveau et le mental pour m’adapter à la vie du centre, ce qu’est le monde professionnel et à s’entraîner tous les jours. »

À 18 ans, loin de sa famille et de sa région, Piechocki souffre moralement, mais s’accroche, d’autant qu’il ne peut pas jouer avec Reims en U19. « Durant les six premiers mois, ça a été très compliqué psychologiquement. Loin de ma famille et de ma région, c’était assez dur d’autant que je ne pouvais pas jouer avec les U19 Nationaux puisque j’avais déjà joué avec Pontarlier dans cette division. J’étais condamné à jouer avec la CFA 2, j’étais le plus jeune, il y avait beaucoup de descente du groupe pro et c’était dur de gagner en temps de jeu. C’était un peu compliqué, mais je me suis accroché. Ma famille et les coaches du club m’ont beaucoup soutenu durant cette période. Ça m’a beaucoup aidé dans ces moments compliqués. Malgré tout, j’ai quand même pas mal appris, notamment techniquement et tactiquement. »

Un déclic durant l’été 2016

Durant l’été 2016, ce fan de Cristiano Ronaldo va avoir un déclic. « Durant l’été 2016, j’ai beaucoup encaissé et après j’étais prêt à partir du bon pied avec l’équipe CFA. J’ai fait toute la préparation et ce n’était pas simple de s’imposer avec tous ces pros. Mais je me suis accroché et j’ai pris chaque minute qu’on me donnait pour me donner à fond. À force de travail, j’ai eu ma chance au mois d’octobre et j’ai été titulaire avec la CFA pour la première fois face à la réserve d’Auxerre. Ensuite, je n’ai plus lâché le groupe et j’ai même fait mon premier entraînement avec les pros au mois de décembre. Après un premier trimestre 2017 passé entre la CFA et le groupe pro où j’ai montré de bonnes choses, le staff a commencé à me suivre. Suite à ça, ils m’ont dit qu’ils voulaient me faire passer pro, c’était vers le début du mois d’avril. Et après tout s’est accéléré. J’ai signé mon premier contrat pro et j’ai fait mes premiers pas dans la foulée en Ligue 2 avec les pros face à Niort le 28 avril. »

Auteur de trois apparitions lors des trois derniers matches de Ligue 2 avec Reims, le numéro 33 du club champenois (il n’a pas encore de maillot floqué à son nom) vit un rêve éveillé. Alors forcément, l’idée d’évoquer un plan de carrière ne semble pas encore prioritaire aux yeux du milieu offensif rémois. « Mon but est de m’imposer au Stade de Reims en Ligue 2 mais aussi en Ligue 1 par la suite. Je ne me fixe pas des objectifs très élevés, je viens de tellement loin. Mais je veux progresser, prendre tout ce que je peux au niveau du temps de jeu. » Une trajectoire qui force l’admiration et qui pourrait inspirer bon nombre de footballeurs en herbe qui ont raté le train du football professionnel. Avec du talent, de la chance, mais surtout avec de l’envie, la maxime « tout est possible dans le football », n’a jamais eu autant de sens…