C’est l’énième révolution de l’AC Milan. Mais surtout la preuve que rien ne s’arrange... Le nouveau coup de bambou est le départ annoncé de Zvonimir Boban, ancien meneur de jeu du grand Milan, qui devrait être officiellement limogé dans les heures à venir. Lundi soir, La Gazzetta dello Sport révélait que la décision avait été prise par Ivan Gazidis. La raison ? Une interview donnée par Boban où il reprochait officiellement à Gazidis, administrateur délégué du club, d’avoir approché Ralf Rangnick en vue de la saison prochaine.

« Ne pas nous avertir était irrespectueux. Ce n’était pas le style milanais. Du moins pas ce dont je me souvenais du style milanais. Selon moi, l’unité signifie le partage, l’unité signifie le respect. En fin de compte, nous avons besoin de cette approche, c’est la seule façon de travailler et de se sentir bien. Nous avons déjà parlé à Gazidis. Pour le bien de Milan, il est certainement nécessaire qu’une rencontre avec le propriétaire (le fonds Elliott, ndlr) ait lieu le plus tôt possible », avait-il déclaré. Revenu en juin 2019 dans un rôle de directeur général adjoint, aux côtés de Paolo Maldini, directeur technique, et Frederic Massara, directeur sportif, Boban représentait la fibre historique du club milanais et sa présence ravissait les tifosi.

Maldini devrait suivre

Malheureusement, il est associé, comme Maldini, à l’échec du projet Marco Giampaolo, entraîneur nommé à l’intersaison et limogé dès le 8 octobre pour manque de résultats. L’idée était de faire confiance à des éléments jeunes mais cela n’a pas marché, précipitant le recrutement de joueurs expérimentés comme Zlatan Ibrahimovic et Simon Kjær. Si l’entraîneur choisi, Stefano Pioli, a amélioré les résultats, cela ne change rien aux idées d’Ivan Gazidis, qui représente le fonds Elliott, le propriétaire du club. En désaccord avec Boban et Maldini, Gazidis avait donc décidé d’agir seul et de préparer l’avenir en allant discuter avec Ralf Rangnick, qui a contribué à la montée en puissance du RB Leipzig.

Là aussi, l’idée est de relancer la machine milanaise en s’appuyant sur des jeunes à fort potentiel. Mais ce sera sans Boban, avec qui la séparation a été actée lundi soir d’après les médias italiens, et probablement sans Maldini, qui ne devrait pas résister non plus à la reprise en main de Gazidis. Ce dernier semble aussi vouloir une austérité économique avec un plafond salarial bas, en dessous des émoluments actuels d’Ibrahimovic ou Rebic. Une nouvelle révolution donc, sans les figures historiques du club. De quoi profondément agacer les supporters milanais.