La mutinerie ne restera pas sans conséquence. Hier, après le boycott de la mise au vert décidée par le Napoli par les hommes de Carlo Ancelotti, le club a publié une première réaction officielle, laissant clairement entendre que sa priorité sera de protéger ses intérêts. « Le club communique, suite aux comportements des joueurs de l’équipe première lors de la soirée d’hier, mardi 5 novembre, qu’il assurera aujourd’hui la protection de ses droits économiques, patrimoniaux, d’image et disciplinaires. » Concrètement, qu’est-ce que cela signifie ?

Ce jeudi matin, la plupart des journaux italiens évoquent l’ire du président Aurelio de Laurentiis. Patron respecté et craint de par sa réputation d’homme d’affaires intransigeant, le dirigeant transalpin n’a pas du tout apprécié cette insubordination. Hier, il s’est ainsi entretenu avec ses avocats et son service juridique pour préparer le terrain en vue d’une sanction. La Gazzetta dello Sport assure en effet que le patron envisage de porter plainte contre ses joueurs. Il Corriere dello Sport ajoute de son côté que le Napoli pourrait opérer une retenue de salaire de l’ordre de 5% le mois prochain.

Comment en est-on arrivé là ? Pour rappel, les joueurs du Napoli étaient en mise au vert avant leur match de Coupe d’Europe contre Salzbourg. Tenus en échec au San Paolo (1-1), ils étaient alors forcés à le rester jusqu’à dimanche. Mais hier, les joueurs sont rentrés chez eux après l’entraînement, boycottant ainsi la mise au vert. De son côté, Ancelotti et son staff se sont rendus à l’hôtel où cette mise au vert était programmée. Un comportement illustrant parfaitement les relations compliquées entre certains joueurs et le vice-président, Edo de Laurentiis. De vives tensions nées dans le vestiaire napolitain à l’issue de la rencontre de Ligue des Champions face à Salzbourg.

Retenue sur salaire, Ancelotti menacé

Déçu de la prestation de ses ouailles, le dirigeant s’en est allé annoncer au groupe que la mise au vert se poursuivait jusqu’à ce week-end. Agacés d’avoir eu vent de la nouvelle bien avant dans les journaux, les joueurs lui ont alors fait connaître leur opinion. Lorenzo Insigne lui a ainsi balancé : « dis à ton père qu’on ne revient pas en mise au vert ». D’autres éléments tels que Dries Mertens, José Callejon et Kalidou Koulibaly ont également poussé l’ensemble du groupe à suivre le mouvement. Enfin, le Brésilien Allan aurait été le plus véhément et aurait lâché plusieurs insultes au fils de Laurentiis, dont un « mon salaire, tu sais où tu peux te le mettre » pas très cordial. Une forte rancœur qui peut aussi s’expliquer par le passif entre le milieu de terrain et sa direction quand le PSG avait voulu le recruter.

Toujours est-il que ce n’est pas tout. En plus des tensions entre la direction et l’effectif, le sort de Carlo Ancelotti est également en suspens. Lié aux Partenopei jusqu’en 2021, l’ancien coach du PSG pourrait lui aussi payer les frais de cette rébellion. La Gazzetta dello Sport indique en effet que de Laurentiis et ses avocats auraient également évoqué la possibilité d’une résiliation de contrat anticipée. Le quotidien estime de toute façon que la collaboration entre "Carletto", dont le contrat s’achève en 2021, et les Partenopei prendra fin à l’issue de la saison. Il y aura donc un avant et un après cette mutinerie.