Mamadou Coulibaly a complètement sabordé Monaco face au PSG
L’AS Monaco semblait exécuter son plan à la perfection face au PSG ce mercredi soir. Mais un joueur a tout fait basculé : Mamadou Coulibaly. Et malheureusement pas dans le bon sens pour les Monégasques
L’enjeu était clair ce mercredi soir. Monaco arrivait au Parc des Princes avec un seul but de retard sur l’ensemble des deux matchs. La faute à un scénario renversant au match aller au stade Louis-II (2-3), où l’ASM avait mené 2-0 après 18 minutes avant de s’effondrer, réduite à dix après l’expulsion de Golovin à la 48e. Les Monégasques avaient montré, samedi à Lens (2-3 arraché dans les dernières minutes), qu’ils savaient, eux aussi, retourner des situations en apparence désespérées. Ils arrivaient donc ce mercredi avec la ferme intention de faire déjouer cette équipe parisienne. Pour l’occasion, Pocognoli mettait en place une tactique inédite et se reposait sur un duo offensif Balogun - Akliouche, permettant de renforcer le cœur du jeu avec Camara, Bamba et Coulibaly.
Ce dernier, justement, était un peu l’élément clé de Monaco dans ce système puisqu’il était assez libre et avait le rôle un peu ingrat, certes, d’accompagner les attaques monégasques sans pour autant délaisser les tâches défensives. Dans un premier acte où les Monégasques ont eu les plus grosses occasions, Coulibaly a d’abord été très maladroit, loupant un but tout fait alors qu’il était tout seul dans la surface. Après le bon travail d’Akliouche, il envoyait son tir dans la tribune alors qu’il était pourtant à quelques mètres du but de Safonov. De quoi frustrer Pocognoli depuis son banc, qui se tenait la tête, conscient qu’il ne fallait pas rater une si belle opportunité de faire douter le PSG. Finalement, c’est Coulibaly qui a douté après son raté, multipliant les maladresses techniques, avec toujours un retard dans le duel. Mais il a fini par remonter un peu la pente au fil de la première période, et a finalement réussi à se racheter un peu en réalisant une très belle déviation pour Akliouche, seul dans la surface, qui glissait le ballon au fond des filets (45e, 1-0). Le plan parfait pour Monaco qui menait à la mi-temps et qui revenait à égalité sur l’ensemble des deux matchs.
Un rouge et tout s’effondre
Mais au retour des vestiaires, le PSG est monté d’un cran et Monaco a commencé à souffrir sans pour autant être en danger, avec un Paris peu inspiré sur le plan offensif. Avec une équipe parisienne qui a commencé à se découvrir, les Monégasques ont eu des opportunités de contre à jouer. Mais à chaque fois, les contre-attaques ont été plombées par la maladresse technique de Coulibaly, qui se faisait toujours reprendre après un mauvais contrôle. On commençait alors à se dire qu’il devrait sans doute être remplacé tant il commençait à pénaliser un peu les ressorts des siens. Après une énième perte de balle devant Nuno Mendes, le jeune milieu de 21 ans se défoulait avec un tacle maladroit sur le Portugais. Carton jaune logique (55e). Les yeux étaient rivés sur Pocognoli qui faisait accélérer l’échauffement des remplaçants, sans doute pour le remplacer. Mais trois minutes plus tard, sur un nouveau geste maladroit, Coulibaly fauchait Hakimi et écopait d’un nouveau jaune (58e), synonyme d’expulsion, provoquant la colère de Pocognoli depuis son banc. Le joueur sortait du terrain sans un regard de son coach, visiblement consumé par la frustration de voir un match aussi bien préparé, aussi bien démarré, s’effondrer à cause de deux fautes évitables.
Et cette nouvelle expulsion, après celle du match aller, condamnait complètement le bon travail de l’ASM, qui encaissait deux buts dans la foulée (60e, 66e). Du gâchis alors que le plan de Pocognoli était quasiment parfait face à la formation de Luis Enrique. Mais malgré tout, le jeune joueur formé au club a eu le soutien de ses coéquipiers après la rencontre. « Franchement, c’est un peu dur le scénario, mais on a montré qui on était. Bien sûr qu’il était triste, Coulibaly, car il était dans son match. Il a donné plus que 100%. Il doit peut-être penser qu’il a laissé tomber ses coéquipiers, c’est le sentiment normal. J’aurais pensé la même à sa place. Mais ce n’est pas ça, je le comprends. Il était triste, mais c’est un footballeur, il veut gagner », a déclaré Jordan Teze. De son côté, logiquement, Maghnès Akliouche regrettait forcément le nouveau carton rouge de l’ASM qui a tout changé. « Il n’a pas manqué d’intensité. À l’aller comme au retour, le carton rouge nous fait du mal avec presque 90 minutes à dix (sur les deux matchs). Mais bon, on peut être fier de ce qu’on a montré même si on a de la frustration ce soir. »
Plus tard, en conférence de presse, Pocognoli pestait contre la décision de l’arbitre. «Un carton avec un but immédiat. Pour moi, il n’est pas mérité. Je trouve qu’il est sévère, surtout que ses deux cartons se trouvent dans un laps de cinq minutes. Si l’arbitre le donne, il aurait aussi pu le donner à Hernandez. Coulibaly est un jeune joueur, Hernandez a gagné la Coupe du monde et c’est à lui qu’on dit de se calmer. Il y a deux poids, deux mesures. C’est arrivé trop souvent à Monaco. Il y a aussi un peu de colère». La frustration, c’est le sentiment qui doit dominer dans le vestiaire monégasque ce soir. Il faut désormais se tourner vers la fin de saison…
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