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Jordan Teze : "une troisième place et être appelé à la Coupe du Monde"

Auteur d’une belle saison avec l’AS Monaco, Jordan Teze s’est livré au micro de Foot Mercato dans un excellent français. Ses ambitions avec les Pays-Bas, son acclimatation à Monaco, les rencontres face au PSG ou encore la fin de saison avec les Monégasques : le Néerlandais de 26 ans n’a rien éludé.

Par Chemssdine Belgacem
7 min.
Jordan Teze avec l'ASM contre le PSG en Ligue des Champions @Maxppp

Foot Mercato : tu es arrivé en Principauté à l’été 2024. Pourquoi t’as rejoint l’AS Monaco et la Ligue 1 à ce moment de ta carrière ?

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Jordan Teze : je pense que la Ligue 1, c’est une des meilleures compétitions dans le monde. Beaucoup de bons joueurs ont joué ici. C’était un bon championnat pour moi. L’AS Monaco est un grand club qui est habitué à jouer régulièrement en Ligue des Champions aussi.

FM : quel est ton regard sur ta première saison et comment as-tu réussi à t’acclimater ?

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JT : au début, c’était un peu dur. C’était la première fois que j’étais ailleurs qu’aux Pays-Bas. J’ai vraiment appris beaucoup de choses parce que c’était un peu en dehors de ma zone de confort. Ça m’a permis de bien m’acclimater avant ma deuxième année.

FM : quelles sont les différences entre l’Eredivisie et la Ligue 1 ?

JT : aux Pays-Bas, je pense qu’il y a plus de technique. Mais ici le tempo, la dimension physique… C’est très intense. Parce que si tu joues, je ne sais pas, contre Marseille ou Paris, ou même face à Nantes ou au Havre, c’est presque le même niveau. C’est difficile, tu dois vraiment tout donner. Surtout si tu joues à l’extérieur, ce n’est pas facile.

FM : cette saison, tu enchaînes les bonnes performances et tu es très souvent titulaire. Comment expliques-tu cette belle saison individuelle ?

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JT : j’essaye d’être le plus constant possible pour que le coach me fasse confiance. Je pense que j’ai travaillé énormément pour en être là et obtenir cette confiance. Cette saison, j’ai aussi pu faire la pré-saison avec l’équipe. Pouvoir faire la préparation estivale m’a également permis d’être en forme directement.

FM : comment justifies-tu les difficultés de l’AS Monaco en début de saison ?

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JT : c’est difficile à dire. Souvent, c’est plusieurs petits trucs. Franchement, je pense que la base n’était pas bonne lors des deux-trois premiers mois de la saison. On doit toujours se donner à 100%, courir les uns pour les autres…Quand tu mets ces ingrédients, les résultats viennent tout seuls après parce qu’on a de la qualité. Maintenant, je pense qu’on a bien maîtrisé ça.

FM : désormais, Monaco surfe sur cinq victoires de suite en Ligue 1. Comment expliques-tu ce regain de forme et cette incroyable dynamique ?

JT : les victoires nous donnent de la confiance. Surtout celle quand on avait joué contre Lens. Ils menaient 2-0 et, à la fin, on a gagné 3-2. Cette victoire a été un boost. Même contre le PSG, il y a eu beaucoup de confiance après nos matches.

« On méritait de se qualifier contre le PSG ! »

FM : l’exemple du PSG est intéressant. Cette saison, vous gagnez deux fois contre Paris et vous étiez proches de les éliminer en Ligue des Champions. Comment êtes-vous parvenus à tenir tête à l’une des meilleures équipes du monde et êtes-vous passé tout proche de l’exploit en C1 ?

JT : tout le monde ne croyait pas en nous, ça a enlevé un peu de pression chez nous. Ensuite, on a joué libérés. Sur le premier match, on marque deux fois en 20 minutes. On était confiants, mais malheureusement aussi, dans ce match-là, on a pris un carton rouge. Je ne sais pas, on a joué 4 fois contre Paris cette saison, et on a pris trois cartons rouges… On a vraiment montré à tout le monde qu’on est capables de tenir tête à une équipe comme le Paris Saint-Germain.

FM : mais justement, ce n’est pas un peu frustrant de ne pas pouvoir se qualifier alors qu’on sentait qu’il y avait la place pour Monaco ?

JT : on méritait de se qualifier contre Paris ! On aurait dû gagner un des deux matchs, surtout le deuxième match là-bas. C’est le foot, si on n’avait pas raté nos occasions ou pris un rouge, cela aurait été différent.

FM : dans cette belle dynamique, il y a aussi la patte Pocognoli. Qu’est-ce qu’il vous a apporté depuis son arrivée ?

JT : franchement, il n’a pas changé beaucoup de choses. Ce sont plutôt des petits détails qui font la différence. Vous n’êtes pas à l’intérieur pour savoir ce qui se passe, donc je comprends. C’est plutôt mental, on a travaillé tous ensemble. Il a apporté un vrai état d’esprit et il nous appelle à être solidaires entre nous.

« Monaco, on joue toujours le podium »

FM : on sent qu’il a redonné confiance à des joueurs comme Akliouche, Golovin ou Balogun…

JT : forcément. Parce qu’il accepte aussi quand on prend des risques. Il tolère nos erreurs. Il dit souvent que c’est juste la réaction qui compte. Si je joue dans l’axe et que je n’apporte rien dans le jeu, c’est inutile. C’est mieux de mettre mon frère à ma place. Car si je joue seulement de manière latérale, c’est facile. Tout le monde peut faire ça. Le coach nous donne la confiance pour prendre des risques et jouer notre jeu.

FM : même quand l’ASM était moins régulière, tu as toujours répondu présent. D’où vient cette régularité cette saison ?

JT : c’est important d’être constant. Mon pire match doit être un 6/10. Je ne veux pas faire un 8/10 après un 4/10. Et puis la semaine d’après, je refais un 7/10. Je veux être régulier. Quand je ne me sens pas très bien dans un match, il faut jouer simple.

FM : quelles sont les ambitions du groupe monégasque pour la fin de saison ?

JT : Monaco, on joue toujours le podium. On a une grosse équipe, ici, en France, et on vise forcément la Ligue des Champions. On reste focalisé match après match. On ne perd plus, on fait une grosse série. Ça, c’est bien. Contre Lyon, ça va être un gros match. On n’est pas loin du podium, il y a Marseille-Lille juste après nous… Ce sont des victoires qui comptent double ou triple, ça ! J’aime ce genre de matches.

FM : quel est le poste dans lequel tu te sens le mieux ?

JT : peu importe le poste, l’entraîneur me donne une grande confiance. C’est aussi parce qu’il donne un peu de liberté pour aussi faire des erreurs, tenter. Je travaille pour être bon partout pour aider l’équipe. Franchement, j’aime jouer dans l’axe. J’ai toujours dit ça. Je dirais milieu défensif même si je suis aussi à l’aise en défense centrale. Il y a aussi une différence si on joue avec trois derrière, car j’occupe un rôle plus excentré.

« La Coupe du monde avec les Pays-Bas ? C’est dans ma tête »

FM : sur quels aspects de ton jeu peux-tu encore progresser ?

JT : j’aimerais progresser sur les duels aériens. Maintenant que je suis piston, il faut trouver le bon timing pour aller attaquer l’adversaire. C’est un tout nouveau poste et avec l’intensité de la Ligue 1, il faut que je puisse suivre niveau cardio (rires). C’est pour ça qu’il faut que j’apprenne à trouver le bon moment pour me projeter.

FM : on va parler rapidement des Pays-Bas aussi. Tu comptes quatre sélections. Tu crois à la Coupe du monde cet été ?

JT : bien sûr, c’est dans ma tête. Mais le sélectionneur (Ronald Koeman), je ne sais pas s’il regarde mes matchs ou pas. Je ne sais pas. J’ai beaucoup joué cette saison, et j’ai plutôt été bon dans les grands matches. J’espère aussi qu’il a vu que je suis vraiment polyvalent. C’est une qualité dans le football actuel. Dans un tournoi, je pense que c’est important d’avoir un joueur qui puisse te couvrir trois postes. Je n’ai pas parlé avec lui encore. Il ne m’a pas parlé. En attendant, je fais mon boulot.

FM : tu n’as pas été appelé depuis 2023. Tu penses mériter une sélection ?

JT : il y a du monde en défense avec les Pays-Bas. En défense centrale, il y a du monde. À droite, il y a Dumfries et Timber… J’espère qu’il pense aussi à moi. Comme je l’ai dit, je n’ai pas eu de contact avec lui. Il ne m’a pas appelé.

FM : qu’est-ce qu’on peut souhaiter à Jordan Teze pour la fin de saison ?

JT : une troisième place et être appelé à la Coupe du Monde.

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